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Pénurie d’infirmières : les politiques salariales de Doug Ford ont contribué au problème

Dans un document interne, des fonctionnaires reconnaissent que la loi 124 a eu un impact sur la rétention de personnel dans le secteur de la santé.

Des gens manifestent à l'extérieur.

Depuis 2019, des travailleurs se mobilisent pour exiger l’abrogation de la loi 124, qui limite à 1 % par année les hausses salariales dans le secteur public en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La loi ontarienne qui limite les augmentations salariales pour les infirmières est montrée du doigt par des fonctionnaires provinciaux pour expliquer la pénurie de personnel dans le secteur de la santé. C'est notamment ce que révèle un document obtenu par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information et sur la protection de la vie privée.

C'est la toute première fois qu'un document officiel du gouvernement admet que les politiques de bas salaires mises en œuvre par Doug Ford ont contribué aux problèmes en matière de ressources humaines.

Ce document cite l'épuisement professionnel, les disparités salariales liées au projet de loi 124, les conditions de travail ainsi que les besoins nationaux et globaux en main-d'œuvre comme facteurs qui ont aggravé les problèmes de rétention de personnel dans les hôpitaux de la province.

La ministre de la Santé, Sylvia Jones, parle au premier ministre Doug Ford durant la période de questions à Queen's Park le 14 novembre 2022.

La ministre de la Santé, Sylvia Jones, parle au premier ministre Doug Ford durant la période de questions à Queen's Park. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le document en question a été préparé en mai 2022 puis remis à la nouvelle ministre de la Santé, Sylvia Jones, au moment de son entrée en fonction. Ce document de neuf pages est intitulé Vue d'ensemble des ressources humaines (Health Human Resources Overview). Il devait permettre à Sylvia Jones de prendre connaissance des questions prioritaires au sein de son nouveau ministère.

De nombreuses sections du document ont été caviardées par les fonctionnaires avant qu'il soit remis à Radio-Canada, sous prétexte que la diffusion de ces informations pourrait nuire aux intérêts économiques de la province.

Des manifestants présentent des cartes postales géantes lors d'une manifestation devant Queen's Park.

Des travailleurs d'hôpitaux avaient lancé une campagne de cartes postales pour réclamer l'abrogation de la loi. (Archives)

Photo : CBC / Susan Goodspeed

Toujours dans le document préparé par le ministère de la Santé, une autre section souligne que les pénuries de ressources humaines en santé sont antérieures à la pandémie, mais les fonctionnaires indiquent que le manque d'infirmières et de préposés de soutien s’est aggravé depuis l'arrivée de la COVID-19.

Augmenter le nombre d'infirmières prend du temps, peut-on lire dans le document. Les auteurs soulignent que l'ajout d'infirmières dans le réseau de la santé pourrait ne pas suivre l'augmentation de la demande pour des soins.

En 2019, le gouvernement a adopté une loi qui plafonne les augmentations de salaire à 1 % par an pour les travailleurs du secteur public, dont le personnel infirmier et les enseignants.

Depuis l'adoption de cette loi, des syndicats ont contesté la constitutionnalité de ces nouvelles limites salariales. En novembre dernier, un tribunal a invalidé la loi 124. Le gouvernement Ford a déjà décidé de faire appel de cette décision.

L'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario est déçue, mais pas surprise par les révélations contenues dans le document interne.

La présidente intérimaire de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, Bernie Robinson.

La présidente intérimaire de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, Bernie Robinson

Photo : Radio-Canada

C'est très pénible, en tant qu'infirmière, de savoir qu'ils avaient cette information en leur possession et pourtant, ils n'ont pas voulu agir en conséquence, a expliqué la présidente intérimaire, Bernie Robinson.

Selon les données de son association, il manque actuellement 24 000 infirmières en Ontario pour atteindre les normes nationales.

Il est maintenant clair que [Doug] Ford et [Sylvia] Jones ont toujours su que la loi 124 contribuait à la crise de personnel dans nos hôpitaux, a pour sa part indiqué la députée France Gélinas, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé.

La ministre de la Santé n'a pas directement répondu à nos questions. Or, dans un échange de courriels, la porte-parole de Sylvia Jones, Hannah Jensen, a affirmé que les problèmes auxquels fait face le système de santé provincial ne sont pas uniques à l'Ontario.

Selon le bureau de la ministre, les résultats préliminaires montrent que nous réalisons des progrès dans le plan de notre gouvernement qui vise à bâtir un système de soins de santé plus solide. Le gouvernement Ford affirme d'ailleurs que le nombre d'infirmières accréditées est en croissance dans la province depuis 2018.

Avec les informations d'Annie Poulin

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