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Le président Lula veut reconstruire le Brésil et réconcilier les Brésiliens

Lula salue ses partisans sur scène.

Lula est devenu le 39e président du Brésil après avoir reçu la traditionnelle écharpe présidentielle de la part de citoyens, parmi lesquels le défenseur emblématique de la forêt amazonienne Raoni Metuktire.

Photo : Getty Images / Andressa Anholete

Agence France-Presse

Le nouveau président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva s'est engagé dimanche après son investiture au Congrès « à reconstruire le pays » et à réconcilier des Brésiliens très divisés, en évoquant le bilan « désastreux » de son prédécesseur Jair Bolsonaro.

Je vais gouverner pour 215 millions de Brésiliens, et pas seulement pour ceux qui ont voté pour moi, a lancé devant une marée humaine un Lula visiblement éprouvé, à 77 ans, par une longue journée de cérémonies et la chaleur estivale de Brasilia.

Submergé par l'émotion et s'interrompant à cause de sanglots, le chef historique de la gauche s'est engagé à lutter contre la faim, le plus grave des crimes et à combattre toutes les formes d'inégalités. Plus personne ne sera un citoyen de seconde classe, a-t-il promis.

C'est comme une renaissance, a dit à l'AFP Lurdiana Araújo, coiffée d'une casquette rouge. Nous avons passé quatre ans à souffrir. Aujourd'hui nous assistons à une renaissance de la démocratie, insiste cette Brésilienne, qui a attendu des heures pour assister au discours de Lula devant le palais présidentiel du Planalto.

Des Brésiliens à réconcilier, une économie à reconstruire et une démocratie ébranlée. C'est le défi immense auquel fait face le nouveau président du Brésil. Élu de justesse en octobre, Lula da Silva signe aujourd’hui un étonnant retour au pouvoir, 12 ans plus tard. C’est donc une nouvelle ère qui commence, mais sur des airs de déjà vu. Lula promet un changement de cap radical pour tourner la page sur le mandat de son prédécesseur, marqué par les tensions sociales, la déforestation et l'appauvrissement. Un reportage de Gabrielle Proulx.

Bolsonaro absent

Peu avant, Lula avait accusé Jair Bolsonaro, son prédécesseur d'extrême droite, qui a snobé les cérémonies, d'avoir épuisé les ressources de la santé, démantelé l'éducation, la culture, la science et la technologie et détruit la protection de l'environnement.

Le nouveau président a assuré en outre que le Brésil, grande puissance agricole, n'avait pas besoin de déboiser pour soutenir son agriculture. La communauté internationale attend de lui des gestes forts sur l'environnement.

Une minute de silence a été observée au Congrès en hommage à la légende brésilienne du football, Pelé, décédé jeudi, et au pape émérite Benoît XVI, mort samedi.

À la fin de son discours, une partie du Congrès a ovationné le président, vêtu d'un costume et d'une cravate bleus, aux cris de Lula guerrier du peuple brésilien!.

Luiz Inacio Lula da Silva, souriant, lève sa main.

Luiz Inacio Lula da Silva a obtenu 50,84% des voix, contre 49,16% pour Jair Bolsonaro,

Photo : Reuters / CARLA CARNIEL

Élu de justesse le 30 octobre contre Bolsonaro, le vieux lion de la politique brésilienne a été investi pour un troisième mandat à la tête du grand pays émergent, 12 ans après avoir quitté le pouvoir à l'issue de deux mandats (2003-2010).

Le retour de Lula au Palais du Planalto signe un come-back remarquable pour celui qui a connu la prison il y a seulement quatre ans après avoir été accusé de corruption.

Maria Augusta Alvarez Silva, une enseignante de 51 ans venue de l'État de Sergipe (nord-est), a pleuré à chaudes larmes.

« Ce discours m'a émue parce qu'il m'a fait revivre toute sa trajectoire, après la prison, les injustices... Tout le monde disait qu'il était fini, »

— Une citation de  Maria Augusta Alvarez Silva, enseignante

Des dizaines de milliers de Brésiliens, vêtus de rouge, la couleur de son Parti des Travailleurs (PT), ont salué dans la liesse Lula le long de son parcours dans la traditionnelle Rolls-Royce décapotable, dans laquelle il avait pris place en dépit des craintes liées à la sécurité, avec son vice-président de centre droit Geraldo Alckmin et leurs épouses.

Quatre personnes sont debout dans une voiture de luxe décapotable conduite par un chauffeur.

Lula Da Silva salue ses partisans en compagnie de sa femme Rosangela da Silva, du vice-président Geraldo Alckmin (à droite), accompagné de sa femme Maria Lucia Ribeiro Alckmin.

Photo : Getty Images / Andressa Anholete

Transition paisible

Aucun trouble n'avait été rapporté en fin de journée alors que les cérémonies d'investiture avaient été placées sous haute sécurité, par crainte d'actions de protestation des militants d'extrême droite qui ne reconnaissent toujours pas la victoire de Lula.

Jair Bolsonaro, qui a quitté le Brésil deux jours avant la fin de son mandat pour la Floride, aux États-Unis, n'a donc pas remis l'écharpe présidentielle à son successeur comme le veut la tradition démocratique, ce qui ne s'est pas produit depuis 1985 et la fin du régime militaire.

C'est un groupe de citoyens, parmi lesquels le cacique et défenseur emblématique de la forêt amazonienne Raoni Metuktire, qui lui a remis la fameuse écharpe sertie d'or et de diamants au Palais présidentiel du Planalto, joyau architectural d'Oscar Niemeyer.

La journée a allié la pompe, avec des cérémonies officielles auxquelles ont assisté une vingtaine de chefs d'État (un record) à une fête populaire avec des concerts organisés par Rosangela da Silva, Janja, l'épouse de Lula.

Parmi ses premières mesures en tant que président, Lula a investi 37 ministres, soit 14 de plus que sous le gouvernement de Jair Bolsonaro, et avec un record de 11 femmes.

Bolsonaro perd son immunité présidentielle

Et, comme il l'avait promis, Lula a signé plusieurs décrets pour revenir sur les mesures de droite de son prédécesseur qui facilitaient l'accès aux armes, et renforcer les institutions environnementales en Amazonie.

Reclus et quasi muet depuis sa défaite d'octobre, Jair Bolsonaro, qui perd son immunité présidentielle, a quitté le Brésil vendredi.

Alors que ses fidèles les plus radicaux voulaient empêcher l'accession de Lula au pouvoir et campent toujours devant des casernes du pays, réclamant une intervention militaire, la sécurité avait été largement renforcée à Brasilia.

Des patrouilles ont eu lieu à l'aéroport de la capitale près duquel un engin explosif a été découvert il y a une semaine dans un camion-citerne, posé par un bolsonariste qui voulait créer le chaos.

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