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L’Alliance pour la Magpie se tourne vers l’international

Un femme en kayak dans des rapides

La rivière Magpie, sur la Côte-Nord, est reconnue comme étant une des meilleures rivières du monde pour pratiquer des sports aquatiques tels que le kayak et le rafting (archives).

Photo : Pink Water / SOPHIELAVOIE

L’Alliance Muteshekau-shipu, mise sur pied pour protéger la rivière Magpie de tout futur développement hydroélectrique, tentera de la faire inscrire au registre mondial des aires protégées.

Face aux refus du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec de procéder à la conservation du cours d’eau nord-côtier, le regroupement composé d’élus locaux et de groupes environnementaux multiplie les démarches pour assurer la protection de son écosystème.

Près de deux ans après avoir unilatéralement conféré le statut de personnalité juridique à la Magpie, le groupe cherche maintenant à lui attribuer une reconnaissance internationale. L’Alliance souhaite que son territoire soit reconnu comme une aire du patrimoine autochtone et communautaire (APAC).

C’est un consortium international, aussi nommé APAC, qui décidera si le dossier de la rivière Magpie répond aux trois critères requis pour faire inclure un site au sein de leur répertoire de territoires protégés.

Les critères sont les suivants :

  • Un lien évident entre le territoire et les communautés locales doit être démontré.
  • Les communautés locales doivent être responsables du système de gouvernance qui veillera à la protection du site visé.
  • L’objectif premier du dossier doit être la conservation naturelle du territoire concerné.

Dans l’éventualité où le consortium APAC jugerait que la Magpie répond aux critères nécessaires à son adhésion aux autres aires du patrimoine autochtone et communautaire du monde entier, l’Alliance espère que la rivière sera du même coup incluse dans le registre mondial des aires protégées.

La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur.

La rivière Magpie a obtenu le statut de «personnalité juridique», dans la région de la Côte-Nord, en février 2021 (archives). Si elle devient une aire du patrimoine autochtone et communautaire, ce serait le premier site à recevoir un pareil statut au Canada (archives).

Photo : SNAP Québec/Charlene Daubenfeld

Ce serait une double reconnaissance internationale, parce que le registre mondial est géré par un organisme affilié aux Nations-Unies, explique le directeur de la conservation à la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec, Pier-Olivier Boudreault. On se tourne vers l’APAC parce qu’on n’a aucune reconnaissance de l’État, ici.

L’inscription de la Magpie parmi les APAC du monde ne conférerait toutefois pas de droits supplémentaires à ses protecteurs auto-proclamés. Mais son adhésion ne serait pas sans effets, non plus.

On vient à chaque fois ajouter une couche de protection avec les outils que l'on a. Plus il va y avoir de couches d’épaisseur, plus ça va être difficile de l'exploiter, insiste Pier-Olivier Boudreault.

Le fédéral à la rescousse?

Le ministre de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, a refusé au début du mois d’écarter quelconque rivière pour la construction de nouveaux barrages hydroélectriques au Québec. La Société d’État affirme qu’elle dévoilera ses projets à l’étude dans les mois à venir.

Des représentants de l’Alliance se sont rendus à Montréal dans les dernières semaines pour faire la promotion de la rivière Magpie lors de la COP15. Ils sont revenus sur la Côte-Nord sans l'assurance que le gouvernement provincial se range derrière leur cause.

Ils ont toutefois profité de l'occasion pour rencontrer le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault. C’est que le fédéral, tout comme Québec, s’est engagé à protéger 30 % de son territoire

Un homme souriant dans un paysage montagneux.

Le directeur de la conservation pour la SNAP Québec, Pier-Olivier Boudreault, espère faire attribuer plusieurs statuts juridiques et symboliques à la rivière Magpie.

Photo : Pierre-Olivier Boudreault

C’est le gouvernement fédéral qui a financé le projet de protection de la rivière Magpie, indique M. Boudreault. On cherche maintenant un appui officiel: on veut que le Canada inclue le territoire dans son propre registre national des aires protégées.

Un ministre dans une mêlée de presse.

Le ministre fédéral de l'Environnement, Steven Guilbeault, s'est fait solliciter par les membres de l'Alliance Muteshekau-shipu lors de la COP15. L'Alliance souhaite que le fédéral protège officiellement le site de la rivière Magpie (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le directeur de la conservation de la SNAP Québec refuse toutefois de dévoiler la réaction du ministre Guilbeault face à cette demande. On va les laisser procéder à leurs propres communications, en temps et lieu.

Si le fédéral se prononce en faveur de la protection de la Magpie, et si le territoire devient une APAC, le dossier serait dorénavant blindé, selon l’Alliance.

On aura la reconnaissance locale et juridique [avec le statut de personnalité juridique de la rivière], on aura la reconnaissance fédérale et on aura la reconnaissance internationale. On aura sécurisé la protection du territoire.

Une citation de Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation à la SNAP Québec

Le dossier sera déposé au consortium APAC dès le retour de la période des Fêtes par la MRC de la Minganie et le conseil de bande d’Ekuanitshit, qui font tous deux partie de l’Alliance Muteshekau-shipu. Ils s’attendent à recevoir une réponse du consortium d’ici la moitié de l’année 2023.

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