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Épandage de biosolides : les biologistes redemandent un ordre professionnel à Québec

L'ampleur du débat actuel impose une collaboration multidisciplinaire, fait valoir leur association.

Vue aérienne de deux amas de biosolides déposés dans des champs.

Les boues sont déposées dans les champs avant l'épandage, qui se déroule au printemps et à l’automne.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Radio-Canada

Biologistes et microbiologistes reviennent à la charge en demandant au gouvernement de François Legault de leur octroyer un statut professionnel à la lumière des plus récents développements dans le dossier des boues d'épuration potentiellement toxiques qui sont déversées dans les champs du Québec.

L'ampleur du débat actuel impose une collaboration multidisciplinaire, font-ils valoir.

Pour cette raison, l'Association des biologistes du Québec (ABQ), l'Association des microbiologistes du Québec (AMQ) et l'Ordre des chimistes du Québec (OCQ) ont publié jeudi matin un communiqué dans lequel ils réclament que la loi actuelle soit modernisée.

Le gouvernement péquiste minoritaire de Pauline Marois avait déjà entrepris de le faire avec le projet de loi 49, mais le déclenchement d'élections précipitées, en 2014, avait mis un frein à cette réforme.

Moderniser la loi sur les chimistes

Le problème vient du fait que l'exercice de la microbiologie et de la biologie au Québec n'est pas encadré par un ordre professionnel.

Or, l'ABQ, l'AMQ et l'OCQ croient que les récents reportages de Radio-Canada sur l'épandage de biosolides dans les champs du Québec [montrent] bien l'importance de la collaboration interprofessionnelle et la nature multidisciplinaire de ce type d'enjeux.

Ils appellent donc le gouvernement caquiste de François Legault à procéder à la modernisation de la Loi sur les chimistes professionnels et à y intégrer les biologistes et les microbiologistes.

Selon eux, les trois professions sont étroitement liées, car ces scientifiques s'intéressent, entre autres, aux substances chimiques qui se retrouvent dans l'environnement et qui peuvent avoir un impact à tous les niveaux d'organisation du vivant.

L'exemple des boues d'épuration démontre avec acuité la valeur de ce que peuvent apporter les microbiologistes et les biologistes à la protection du public.

Une citation de Extrait du communiqué conjoint de l'ABQ, l'AMQ et l'OCQ

Sur le fond, les signataires du communiqué estiment qu'il faut demeurer vigilant quant à la question des risques de dissémination de gènes de résistance aux antibiotiques dans l'environnement et de propagation de bactéries et virus pathogènes lors de l'épandage de biosolides comme matières résiduelles fertilisantes.

Ils rappellent que selon leur provenance, ces biosolides peuvent contenir des contaminants d'intérêts émergents nocifs à l'environnement, telles des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), de même que des médicaments, dont des antibiotiques, des plastiques, des hormones et autres perturbateurs endocriniens.

La semaine dernière, l'OCQ avait déjà, de concert avec l'Ordre des agronomes du Québec (OAQ) et l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ), appelé la population et le gouvernement à la plus grande vigilance, ainsi qu’à des actions rapides dans ce dossier.

Le gouvernement Legault, pour sa part, a déclaré qu'il entendait « accélérer le pas de manière significative » pour mieux encadrer l'épandage des boues d'épuration dans les cultures destinées à l'alimentation animale, à proximité des terres agricoles réservées à l'alimentation humaine du Québec.

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