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Cinquième mois sans ascenseur au Domaine Beauséjour

La pancarte de la résidence et l'immeuble en arrière-plan.

Reportage de Louis-Simon Lapointe.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Louis-Simon Lapointe

La patience des résidents d’un édifice réservé aux personnes âgées de 55 ans - géré par l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) - est mise à rude épreuve. Les locataires de l’immeuble de six étages doivent se passer d’ascenseur depuis le 8 août.

Les personnes âgées ont été deux ans enfermées chez elles en raison de la COVID et là, ça fait quatre mois qu’elles sont encore enfermées parce qu’elles ne peuvent pas sortir, lance désespérément France Lachance qui emménagé au Domaine Beauséjour sur le boulevard Sainte-Anne il y a deux ans.

Depuis le 8 août, le seul ascenseur qui permet de desservir les six étages de l’immeuble n’est plus en fonction en raison de travaux de modernisation.

L’autre jour, j’ai rencontré dans l’escalier un monsieur de 91 ans qui reste au sixième étage. Il s’arrêtait à chaque demi-étage pour s’asseoir parce qu’ils ont mis des chaises, ça n’a pas de bon sens, raconte madame Lachance. Il a un stationnement intérieur dans le sous-sol, alors ça lui fait sept étages à monter.

Une chaise sur un demi-étage d'escalier.

Des chaises sont installées à chaque demi-étage pour permettre aux personnes de s’asseoir.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

À 63 ans, Mme Lachance se dit l’une des plus jeunes locataires à habiter l’édifice et si elle parle aujourd’hui, c’est pour les plus âgés qui subissent les conséquences de cet ascenseur non fonctionnel depuis quatre mois.

Une dame sur mon étage a 92 ans. Elle doit utiliser une marchette pour se déplacer, donc elle ne peut pas sortir.

Cette dame, c’est Louisette Simard-Paquette. Depuis plus de quatre mois, son quotidien est chamboulé. En raison de sa marchette, elle ne peut utiliser les escaliers seule pour sortir prendre l’air.

Je suis coincée là, et j'aime pas ça, raconte-t-elle, émotive. Elle se considère toutefois chanceuse de pouvoir compter sur son fils pour lui faire ses commissions comme l’épicerie.

 Louisette Simard-Paquette, 92 ans. Elle est devant un ascenseur avec une affiche d'arrêt temporaire.

Louisette Simard-Paquette, 92 ans.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Pour les autres qui ne peuvent quitter leur étage et qui souhaitent profiter d’un service de livraison, ils se butent à un autre obstacle. Les épiceries ne viennent presque plus livrer, constate France Lachance.

Au supermarché IGA Extra Lebourgneuf, il est devenu pratique commune pour les livreurs de transporter sur plusieurs étages des bacs de 50 livres afin d’approvisionner les résidents du Domaine Beauséjour.

Les livreurs trouvent ça difficile et triste pour les personnes âgées, raconte Sydney Gallant, assistante-gérante au département du service à la clientèle. C’est leur travail, mais c’est plus difficile physiquement. Elle ajoute que cet immeuble est le seul à exiger autant d’efforts physiques.

Même Postes Canada a changé ses pratiques au sein de l’immeuble. Le service postal a installé des boîtes au rez-de-chaussée, eux qui livraient aux portes de chacun des appartements jusqu’à tout récemment.

Des boîtes de Postes Canada.

Postes Canada a installé des boîtes au rez-de-chaussée.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Jeannette Lacasse demeure au Domaine Beauséjour depuis 13 ans. Devoir prendre l’escalier constitue un effort physique loin d’être commandé par son médecin.

Pour marcher, ça va, mais pour descendre les escaliers, je fais des mouvements que je ne dois pas faire et ça fait trois fois que je me blesse, ajoutant que son médecin lui interdit même de prendre l’autobus.

Une autre résidente, Jocelyne Genest, croit qu’un immeuble hébergeant cette clientèle devrait avoir deux ascenseurs.

On sait que ça s’adresse à des gens qui viennent rester dans un bloc avec ascenseur parce qu’ils ont des limitations physiques. On croise des gens qui sont assis dans l’escalier et qui pompent parce qu’il leur reste trois étages, c’est inquiétant.

Une situation particulière

L’OMHQ se défend de prendre les résidents en otage. Selon la direction, une pièce clé est attendue sous peu et l'installation est souhaitée dans la semaine du 19 décembre.

Sur environ 60 % de notre parc qu’on rénove d’environ 100 logements, c’est une première depuis que je suis ici, soit depuis une vingtaine d’années, soutient Dany Caron, directeur général à l’OMHQ.

Il soutient que ces travaux de modernisation d’ascenseur sur cet édifice qui aura 40 ans devaient durer deux mois, mais plusieurs surprises sont apparues en cours de route.

On n’a jamais vu ça dans les pièces non disponibles, problématiques de sol, contraintes techniques en lien avec les opérations de quand on a installé le piston.

Une affiche collée près de l'ascenseur qui mentionne un arrêt temporaire pour travaux de rénovation.

L'ascenseur est non fonctionnel depuis le 8 août.

Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe

Quant aux demandes de dédommagement de plusieurs résidents rencontrés, l’OMHQ n’est pas encore rendu à cette étape.

On a accompagné nos gens depuis le début. Nous n’avons pas eu de plainte écrite ou téléphonique depuis le début des travaux, ajoute le directeur général.

Il tient à inviter les résidents à contacter son organisme s’ils sont inquiets ou ont besoin de soutien additionnel.

Il y a des services qui peuvent être offerts et on est toujours disponible, il y a toujours des options possibles.

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