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La Ville de Winnipeg ouverte à une fouille « humanitaire » du dépotoir Prairie Green

Markus Chambers dans l’hôtel de ville de Winnipeg.

Le président du conseil de police, Markus Chambers, reconnait l'importance des corps pour les communautés autochtones.

Photo : Radio-Canada

Une fouille du dépotoir de Prairie Green permettrait aux familles des victimes de « tourner la page », mais n'apporterait aucune preuve significative au dossier des quatre femmes autochtones assassinées par un tueur en série présumé, selon le président du Conseil de police de Winnipeg, Markus Chambers.

Cette sortie intervient alors que les communautés autochtones, désabusées, demandent de nouveau la démission du chef de police.

Markus Chambers, réitère la position de la police exprimée quelques jours plus tôt.  Ces recherches [au dépotoir de Prairie Green] sont différentes et en dehors de nos compétences et de nos ressources , maintient-il.

« Il s'agit plutôt d'une mesure de recherche humanitaire, pour espérer trouver des restes et aider la famille à tourner la page. »

— Une citation de  Markus Chambers, président du Conseil de police de Winnipeg

Il rappelle que la situation n’est pas comparable avec celle du corps de Rebecca Contois, retrouvé dans la décharge du chemin Brady au mois de juin. 

 Les recherches qui ont été menées dans la décharge du chemin Brady, aussi difficiles qu’elles soient, étaient de la compétence et de l’habileté de la police , insiste le président du Conseil de police.

Le Service de police de Winnipeg avait mis des semaines à retrouver le corps de Rebecca Contois, même si moins de cinq heures s’étaient écoulées entre l’arrivée du corps dans la décharge et l’arrêt complet de son fonctionnement.

 Pourquoi la police n’a pas commencé les recherches en juin ? 

Une interrogation persiste pour l’Organisation des Chefs du sud du Manitoba. Les représentants de 34 Premières Nations ont, dans un communiqué, exprimé leur perte de confiance envers les institutions policières. 

 Nous devons nous demander : pourquoi les policiers n’ont pas choisi de commencer les recherches en juin ? , peut-on lire, estimant que les autorités auraient dû fermer le dépotoir au moment où elles supposaient que le tueur avait fait plus d’une victime. 

Une décharge enneigée.

La décharge Prairie Green est située au nord de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

L’organisation demande la démission du chef du Service de police de Winnipeg, Danny Smyth ainsi que le dépotoir de Prairie Green soit considéré comme une scène de crime.

Dans une déclaration écrite, vendredi, le chef du Service de police de Winnipeg affirme qu'il ne démissionnera pas.

L'un de mes devoirs en tant que chef de la police est de veiller à ce que des enquêtes approfondies soient menées pour recueillir des preuves permettant de tenir les délinquants criminels responsables de leur crime, écrit-il dans cette lettre qui a été distribuée aux leaders autochtones.

À cette fin, j'ai rempli mes fonctions au mieux de mes capacités,poursuit-il.

M. Smyth ajoute qu'il reste déterminé à obtenir une condamnation pénale pour ces crimes odieux

Bien que la police ait déclaré qu'une fouille de la décharge n'était pas possible, M. Smyth a déclaré qu'il travaillerait avec la personne nommée par le maire pour examiner de plus près la possibilité de retrouver les corps des femmes.

Le président du Conseil de police estime que les consultations avec les anthropologues légistes ont mené à la conclusion qu’aucun reste ne pourrait être trouvé.  En parlant avec d’autres experts, de l’industrie […] compte tenu de la profondeur et de la compression des pièces, nous avons considéré qu’une recherche serait improbable, estime Markus Chambers.

Tout est possible

Le président du Conseil de police de Winnipeg nuance ses propos.

 Tout est possible. Le maire de Winnipeg Scott Gillingham est en contact avec le ministre fédéral des relations autochtones, Marc Miller, et discute des prochaines étapes ainsi que les ressources qui seront nécessaires.

L’arrêt des activités au dépotoir de Prairie Green, jeudi, devait permettre de faire une pause et prendre les bonnes décisions, selon la première ministre du Manitoba, Heather Stefanson.

Pour l’instant, aucun fond ni ressource humaine supplémentaire n’ont été débloqués pour avancer ces recherches.

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