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Les organisateurs du Prix littéraire Damase-Potvin vont étudier un changement de nom

En avant-plan, un livre ouvert devant une bibliothèque bien remplie

Le Prix littéraire Damase-Potvin a été fondé en 1994 et est dédié à la nouvelle, un genre littéraire qui propose de courts textes.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Tandis que les organisateurs vont étudier la possibilité de changer le nom du Prix littéraire Damase-Potvin, son cofondateur, l'écrivain André Girard, accuse Gérard Bouchard de sombrer dans le wokisme.

La membre associée de l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie et coordonnatrice du Prix littéraire Damase-Potvin, Céline Dion, a réagi par écrit au lendemain de la sortie de l’historien et sociologue Gérard Bouchard.

Ce dernier se questionnait jeudi à savoir s’il était toujours bien vu d’honorer la mémoire du journaliste et écrivain originaire de Bagotville qui a vécu de 1879 à 1964, disant que ses idées étaient rétrogrades, même à l’époque où il les a tenues. Selon Gérard Bouchard, dans son oeuvre, il justifiait les inégalités sociales, condamnait la démocratie et ne favorisait pas une place accrue pour l'éducation de la population.

A-t-on raison d’honorer la mémoire de Damase Potvin?

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Place publique

Place publique, ICI Première

Le mérite de Damase Potvin qui a donné son nom à un prix de création littéraire, cofondé à La Baie, notamment par l’écrivain André Girard, vient surtout du fait que c’est peut-être le premier auteur baieriverain qui soit parvenu à vivre de sa plume, a indiqué Mme Dion.

Elle estime que les fondateurs du prix ont voulu mettre cette réalisation de l'avant. Je crois que c’est uniquement ce trait que voulaient montrer en exemple aux jeunes les cofondateurs, à l’époque, qu’originaire de La Baie, on pouvait bien vivre de ses écrits! On aura alors compris que le mérite de Damase Potvin n’est pas tant ce qu’il disait, que le fait qu’il prenait la plume pour le dire. Ça s’arrête là, estime Céline Dion.

Le Prix littéraire Damase-Potvin a été fondé en 1994 et est dédié à la nouvelle, un genre littéraire qui propose de courts textes.

Cependant, très sensible aux arguments du professeur Bouchard, l’association Écrivain·e·s de la Sagamie va assurément se pencher sur la question. D’ici là, elle rappelle que, quel que soit le nom qu’il portera, la date de tombée pour soumettre une nouvelle de 1000 mots au Prix littéraire Damase-Potvin, inspirée du thème "Vertige" est le 13 février 2023, a-t-elle ajouté.

André Girard en colère

De son côté, le cofondateur du prix, André Girard, ne décolérait pas vendredi.

J’ai lu, j’ai écouté M. Bouchard. C’est du pur wokisme. C’est décevant, un professeur émérite. Je peux bien croire qu’on va aller revoir la vie de Damase Potvin un siècle plus tard.C’est sûr que Damase Potvin était de son époque. C’est sûr qu’il représentait un courant de pensée de son époque, mais on est un siècle plus tard. C’est incroyable de vouloir réécrire l’histoire avec les yeux actuels, on ne cesse de le dire. C’est du pur wokisme, a affirmé André Girard, en entrevue avec Radio-Canada vendredi.

Gérard Bouchard en studio

Le professeur, chercheur, historien et sociologue Gérard Bouchard

Photo : Radio-Canada

Le wokisme est un mouvement qui prône une sensibilité accrue à toutes les formes d'inégalités et de discriminations, du racisme au sexisme en passant par les préoccupations environnementales.

D'ailleurs, Gérard Bouchard dénonçait lui-même ce mouvement dans une chronique parue dans Le Devoir le 28 novembre dernier. Il critiquait ce mouvement qui voit l'histoire du Québec sous un oeil colonisateur pour les autres peuples, alors que Gérard Bouchard estime que c'est le peuple québécois qui a souffert de sa dépendance face aux Britanniques et aux Canadiens anglais.

Un homme parle devant une baie.

L'écrivain André Girard n'a pas apprécié la sortie de Gérard Bouchard.

Photo : Radio-Canada

Pas question de changer de nom

André Girard accuse Gérard Bouchard d’avoir fait cette sortie pour mousser la vente d’un ouvrage à venir.

Dans ma tête à moi, il n’est pas question de changer le nom du prix, franchement. On va l’appeler Gérard Bouchard, parce que lui il a tout bien fait. C’est le boutte, franchement. Le prix Damase-Potvin, c’est le prix littéraire de la nouvelle le plus important au Québec, a-t-il ironisé.

Il dit avoir perdu tout respect pour Gérard Bouchard.

Damase Potvin est le premier auteur saguenéen à avoir vécu de sa plume dans les années 30, ce n’est pas rien. Il y a même une rue qui porte son nom à La Baie. C’est quelqu’un de grand, malgré tout ce qu’il pouvait penser, a-t-il conclu.

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