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Manifestation au CHEO : des citoyens dénoncent le sous-financement et la privatisation des soins

Des pancartes sur lesquelles ont peut lire : supportez les travailleurs du réseau de la santé, ne privatisez pas le réseau de santé public et tous les usagers méritent d'avoir un docteur.

Vendredi, une manifestation contre la gestion du réseau de santé par le gouvernement Ford a eu lieu devant le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO), à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Rémi Authier

Radio-Canada

Des manifestants se sont réunis à Ottawa vendredi pour protester contre la façon dont le gouvernement de Doug Ford gère le système de santé de la province de l'Ontario. Plusieurs d'entre eux se sont dits inquiets de constater que le sous-financement profite aux entreprises privées, alors que des citoyens écopent.

En début d’après-midi, environ 75  personnes étaient rassemblées devant le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

Je fais de la recherche à ce sujet depuis plus de 10 ans et je peux vous dire que la privatisation des soins de santé nous coûte plus cher, réduit la qualité [des soins] et crée des conditions de travail hostiles pour les travailleurs de la santé, a énuméré Suzanne Braedley, une professeure venue soutenir le personnel du réseau de la santé.

Je veux que les soins de santé soient gratuits et accessibles à tous, a lancé une des manifestante, Stacey Johnson. Cette dernière s'inquiète de voir le fossé se creuser entre le public et le privé. Elle pointe d'ailleurs du doigt les décisions du gouvernement Ford en matière de santé.

Le gouvernement sous-finance les hôpitaux, a-t-elle poursuivi. Ils sont assis sur des fonds fédéraux et choisissent de ne pas dépenser nos taxes dans les soins de santé alors que c’est un besoin.

« Ça ne devrait pas être une question de profit, on parle de droits humains. »

— Une citation de  Stacey Jonhson, manifestante

Parmi ces décisions qui ne font pas l'unanimité, on retrouve la loi 124 qui limite les augmentations salariales à 1 % par année pour plus de 750 000 travailleurs, dont les infirmières et les enseignants. Cette loi a d'ailleurs été récemment invalidée par un tribunal ontarien.

Louise Lanctôt, elle-même enseignante, estime que cette loi est en partie responsable de la pénurie de personnel qui a forcé la fermeture de certains services, dont les urgences, à travers la province.

Plusieurs personnes manifestent pancarte à la main, devant le CHEO.

Parmi les manifestants, on retrouvait des employés du réseau de la santé, des professeurs et des citoyens.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Le député d'Ottawa-Centre, Joel Harden était également sur place. En entrevue, il a souligné que la situation était critique à Ottawa. Il y a une vraie urgence, il y a la Croix-Rouge au CHEO en ce moment, a-t-il rappelé.

M. Harden dénonce la rhétorique du gouvernement Ford, selon laquelle le sous-financement fédéral serait à l'origine des problèmes dans les systèmes de santé provinciaux. Il y a des actions possibles au niveau provincial, a-t-il assuré.

« Il y a des milliards et des milliards de fonds, il faut dépenser cet argent. »

— Une citation de  Joel Harden, député d'Ottawa-Centre

Questionné sur l'impact de la loi 124, ce dernier a demandé au gouvernement de revenir sur sa décision.

Une rencontre entre les premiers ministres du pays

Cette manifestation s’est déroulée au moment même où les 13 premiers ministres des provinces et territoires du Canada provinciaux tenaient une conférence de presse virtuelle à propos des difficultés qu'éprouvent les hôpitaux pour enfants du pays qui luttent pour faire face à une vague de maladies qui frappent les enfants.

Ensemble, ils ont signé une lettre adressée au premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Ils demandent une rencontre en janvier pour trouver un terrain d’entente quant aux transferts fédéraux en matière de santé.

Le gouvernement fédéral finance les réseaux de santé provinciaux à hauteur de 22 %. Les provinces demandent à ce que ce pourcentage soit ajusté à 35 %, en plus d’une augmentation de 6 % par année qui tient compte de la hausse du coût des soins.

Dans les derniers mois, plusieurs hôpitaux canadiens ont dû annuler des chirurgies et des rendez-vous médicaux en raison d'une forte augmentation du nombre de patients pédiatriques.

Les admissions augmentent sous les menaces posées par le virus respiratoire syncytial, l'influenza et la COVID-19. D’ailleurs, des membres du personnel ont dû être réaffectés pour faire face à cette crise, en pleine pénurie de main-d'œuvre.

À Ottawa, deux équipes d'employés de la Croix-Rouge canadienne travaillent par rotation de nuit au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario pour soutenir son équipe de soins cliniques, tandis que certains patients ont été redirigés vers des établissements de soins de santé pour adultes.

Avec les informations de Gabriel Le Marquand Perreault et de Rémi Authier

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