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Fermetures et épuisement : les hôpitaux du Nord-Ouest subissent la pénurie de personnel

Photo aérienne de la ville. Plusieurs maisons en bordure d'un lac.

La ville de Marathon compte environ 3 000 habitants.

Photo : Ville de Marathon

Radio-Canada

Après plusieurs fermetures de services des urgences partout dans le Nord de l'Ontario, c'est au tour de l’hôpital de Marathon de devoir fermer temporairement sa salle des urgences en raison de la pénurie de personnel de la santé.

Dimanche dernier, le service des urgences de l’hôpital général Wilson Memorial de Marathon a été fermé pour la journée en raison de problèmes de personnel.

La Dre Sayali Tadwalkar, médecin de famille en milieu rural et cheffe du personnel du groupe médical North of Superior à Marathon, a indiqué qu'il était malheureux que le service des urgences doive fermer, mais que cela était nécessaire pour veiller à ce que les patients reçoivent des soins sûrs et de qualité.

Sans les infirmières dont nous avons besoin pour faire fonctionner l'hôpital, nous ne pensions pas que c'était possible et nous avons dû fermer le service des urgences, affirme-t-elle.

Selon Mme Tadwalkar, le système de santé ne tient qu'à un fil et la situation actuelle est due à de nombreux facteurs différents.

J'ai l'impression que c'est la première fois que nous devons fermer le service des urgences. Je suis désolée de dire que je ne pense pas que ce sera la dernière, déplore-t-elle.

Chaque équipe a l'impression que ce pourrait être le jour où nous fermerons à nouveau et c'est ce qui est malheureux, ajoute-t-elle.

Les maladies respiratoires ajoutent de la pression

Le mois dernier, les dirigeants du secteur de la santé du Nord-Ouest de l'Ontario ont annoncé que la situation était grave et que le fragile système de santé de la région pourrait céder sous la pression d'un pic de maladies respiratoires qui remplit les salles des urgences de patients.

Contrairement au Sud de l'Ontario, où il peut y avoir un autre hôpital à proximité si une salle des urgences ferme, dans le Nord de l'Ontario, la deuxième salle des urgences la plus proche peut être très éloignée.

À Marathon, si un patient n’est pas en mesure d'accéder aux urgences, il doit parcourir de 45 à 50 minutes de route aller-retour entre son lieu de résidence et l'hôpital le plus proche, explique la Dre Tadwalkar.

Si nos ambulances devaient emmener quelqu'un dans ces hôpitaux, elles seraient hors service pendant deux heures en raison du voyagement, ajoute-t-elle.

Cette situation est semblable à celle qu'a connue l’hôpital Margaret Cochenour Memorial de Red Lake, plus tôt cette année, lorsque les responsables ont dû fermer temporairement leur service des urgences.

Une femme sourit.

Sue LeBeau, PDG de l'hôpital de Red Lake.

Photo : Radio-Canada

Je comprends certainement la difficulté de prendre une telle décision et les implications qui en découlent. Où vont aller les patients, qui va les amener là-bas, comment allons-nous les informer et comment pouvons-nous minimiser l'impact d'une telle fermeture?, interroge Sue Lebeau, directrice générale de l’hôpital de Red Lake.

Pour Mme LeBeau, la fermeture à Marathon montre que Red Lake n'est pas la seule ville à faire face à des pénuries dans le Nord-Ouest et qu’il est alarmant de voir que des services des urgences dans des régions éloignées et rurales doivent fermer.

D’autres fermetures possibles à l’avenir

Il n'est pas facile de faire face aux pénuries de personnel et à l'épuisement professionnel, affirme Mme LeBeau. Elle ajoute qu'à l'occasion, l'hôpital continuera à fonctionner avec un personnel réduit si cela peut être fait en toute sécurité ou si les dirigeants interviennent pour combler les lacunes au besoin.

Mais, selon Mme LeBeau, cela n'est pas viable à long terme.

Nos médecins travaillent de longues heures ou font plus de quarts de travail que l'idéal. Cela signifie que les soins primaires sont parfois sacrifiés pour pouvoir garder les urgences ouvertes, ce qui n'est pas viable à long terme, car les soins primaires sont ce qui empêche les patients d'avoir besoin des urgences en premier lieu, déplore-t-elle.

Pour aider à alléger la pression, elle dit avoir embauché des infirmières d'agence et avoir été en mesure d'embaucher une infirmière praticienne pour aider les patients qui ont des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

La façade d'un hôpital.

L'hôpital de Red Lake a connu plusieurs moments difficiles en raison de la pénurie de personnel.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

De plus, selon Mme LeBeau, les responsables de l'hôpital sont à l'écoute du personnel lorsqu'il s'agit de formuler des recommandations sur ce qui peut être amélioré.

Quant à savoir si une fermeture des urgences est probable à l'avenir, les deux dirigeantes affirment que c'est une possibilité, mais que cette décision n’est pas prise à la légère.

Je dirais que c'est une possibilité dans plusieurs hôpitaux du Nord de l'Ontario. Il y a des jours où un vol manqué ou un congé de maladie suffirait à nous obliger à fermer. La situation est donc précaire en ce moment, ajoute Mme Lebeau.

Avec les informations de Jasmine Katabay, de CBC

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