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L’absolution de Simon Houle débattue en Cour d’appel

Simon Houle.

Alors que la Couronne réclamait 18 mois de prison, Simon Houle a pu bénéficier d'une absolution conditionnelle.

Photo : Facebook

La Cour d'appel a mis en délibéré le dossier de l'ingénieur Simon Houle, 31 ans, qui a bénéficié d'une absolution après avoir agressé sexuellement une femme et pris des photos de ses parties intimes en 2019 à Trois-Rivières.

L'absolution n'est pas appropriée, a plaidé vendredi la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Ève-Lyne Goulet, qui estime que les circonstances aggravantes des crimes de Simon Houle ont été sous-estimées par le juge qui lui a fait bénéficier de l'absolution conditionnelle.

Insistant sur la gravité des crimes commis par l'agresseur, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) réclame que la Cour d'appel lui impose plutôt une peine d'emprisonnement de 15 à 18 mois, en rappelant les séquelles psychologiques importantes de la victime.

Le 19 avril 2019, Simon Houle a agressé sexuellement une de ses amies, endormie et intoxiquée, lors d'une fête dans un appartement. Il a immortalisé son agression comme en font foi les neuf photos particulièrement intrusives retrouvées dans son cellulaire, qui permettent d'établir que les crimes se sont déroulés pendant au moins 24 minutes dans trois pièces différentes, signe de l'acharnement de l'agresseur.

24 minutes où l'intimé a été opportuniste et pleinement conscient de l'inadéquation de ses gestes, selon Me Goulet, sans compter les 44 jours pendant lesquels les photos sont demeurées accessibles dans son cellulaire, avant d'être saisies par la police.

Une durée qui n'est pas rapide, a-t-elle mentionné, critiquant le juge Matthieu Poliquin de la Cour du Québec, qui a écrit dans son jugement que les faits s'étaient déroulés somme toute rapidement, une vision erronée qui minimise l'agression, selon le DPCP.

Être une personne respectable et appréciée de son entourage n'est pas un gage qu'on n'agressera pas, affirme Me Goulet, qui dénonce que le juge ait motivé l'absolution par le fait que Simon Houle est une personne de bonne moralité.

Le trentenaire a d'ailleurs admis avoir déjà agressé sexuellement une autre femme, en 2015, dans des circonstances similaires, mais sans jamais avoir été accusé. Alors que le juge Poliquin y avait vu un signe de transparence, le DPCP estime plutôt qu'il s'agit d'une circonstance aggravante qui milite en faveur d'une peine sévère.

L'avocat de Simon Houle défend l'absolution

Un geste ponctuel, qui a duré un certain moment et qui est arrivé à un certain temps. C'est ainsi que l'avocat de Simon Houle, Pierre Spain, a décrit les crimes de son client, souhaitant distinguer l'agression d'autres dossiers qui se sont échelonnés sur des années, des mois.

Selon Me Spain, l'absolution était appropriée pour son client de bonne moralité, qui a plaidé coupable et évité la tenue d'un procès, et dont le risque de récidive est jugé faible.

Cuisiné par les juges de la Cour d'appel, il a reconnu qu'aucune preuve n'a été déposée pour démontrer qu'un casier judiciaire empêcherait l'ingénieur de voyager pour son travail. Ce n'est pas de connaissance judiciaire, a insisté le juge Guy Gagnon.

Concernant l'agression non judiciarisée de 2015 dévoilée par Simon Houle, son avocat estime qu'on ne peut tirer aucune inférence de cette situation-là puisqu'on ne sait pas du tout dans quel contexte ça s'est produit.

On sait que la victime dormait, qu'il y a eu des attouchements sur les vêtements..., a répliqué la juge Suzanne Gagné. Est-ce qu'il y a un contexte qui justifie ça? a demandé le juge Gagnon, soulignant qu'il s'agit d'un geste présumé criminel.

Selon Me Spain, la grande « médiatisation » du dossier, en raison de la clémence de la peine, a contribué à envoyer un message de dissuasion à l'endroit des agressions sexuelles. Une affirmation qui a semblé absurde aux yeux des juges de la Cour d'appel. Je vais rendre la peine la moins sévère, de sorte que les médias en parlent et se chargent de la dénonciation? C'est ça?, a ironisé le juge Gagnon.

Après une courte délibération, la Cour d'appel a mis l'affaire en délibéré; une décision devrait être rendue dans les prochains mois.

Simon Houle sera par ailleurs de retour devant la Cour du Québec en février, après avoir été accusé de ne pas avoir respecté les conditions de sa probation, puisqu'il aurait empoigné les fesses d'une femme sans son consentement, l'été dernier, à Cuba.

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