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13 victimes de maltraitance dans un foyer de soins « ignorées par la justice »

L'extérieur du foyer de soins  Extendicare Oakview Place.

À Winnipeg, 15 résidents du foyer de soins Extendicare Oakview Place auraient été victimes de maltraitance.

Photo : Radio-Canada / Erin Brohman

Radio-Canada

Des familles soutiennent que deux anciens aides-soignants du foyer de soins Extendicare Oakview ont maltraité 15 résidents de l’établissement. Or, seulement deux chefs d’accusation sont retenus, un choc pour les familles des victimes qui se sentent délaissées.

Deux soignants, respectivement âgés de 36 ans et de 49 ans, font chacun face à une accusation de voie de faits.

La mère de Gail Johnson aurait été maltraitée par le personnel, mais elle n’est pas sur la liste des victimes présumées. Pourtant, en juin, le foyer de soins a déclaré à sa famille que la femme de 92 ans ainsi que 14 autres résidents pourraient avoir été victimes d’agression.

CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas donner le nom de la mère de Gail Johnson parce qu’elle vit toujours à Extendicare Oakview Place, à Winnipeg.

Gail Johnson à l'extérieur répond à des personnes qui tendent leurs micros.

Gail Johnson affirme que sa mère de 92 ans fait partie des 15 résidents qui ont été maltraités par deux aides-soignants à Oakview Place.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

 C’est passé de 15 [victimes] à 5, dont ma mère, qui était l’une des 5, puis à 2 , dénonce Gail Johnson. C'est un coup dur pour les familles de victimes qui se sentent  persécutées une fois de plus.

« J’ai des émotions tellement contradictoires, je suis frustrée, bouleversée, en colère. »

— Une citation de  Gail Johnson, fille d’une victime présumée

Pas d'accusation parce qu'une victime présumée est morte

Diana Klassen dénonce des faits similaires. Son père aurait été agressé sexuellement par un aide-soignant, mais aucune accusation ne sera portée dans son cas parce qu'il est décédé depuis.

C'est ahurissant, s'exclame Diana Klassen. Si la Couronne estime que deux personnes valent le coup, qu'arrive-t-il aux 13 autres? Où est la justice?

« Ces 13 victimes sont maintenant sans importance. »

— Une citation de  Diana Klassen

La police de Winnipeg affirme pour sa part que, en fin de compte, c’est la Couronne qui a le dernier mot pour porter ou non des accusations.

Définir et atténuer les risques

Pour définir et atténuer les risques , un porte-parole de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) dit qu’il continue de travailler en étroite collaboration avec le foyer de soins.

L'ORSW n'a pas été mis au courant avant le mois de juin des cas d'agressions présumées. Or, ceux-ci avaient été signalés à la direction du foyer de soin dès le mois de février.

 Les actions présumées de ces deux anciens membres du personnel ne reflètent pas les valeurs ou les soins sûrs, compatissants et de qualité que la grande majorité des travailleurs des foyers de soins fournissent chaque jour, souligne le porte-parole de l’ORSW, dans un courriel à CBC/Radio-Canada.

Des agents de l'organisme se rendent régulièrement dans le foyer de soin pour déterminer et réduire tout risque et s'assurer que les soins prodigués aux résidents correspondent à ce à quoi on peut s'attendre.

Le porte-parole assure aussi que le bureau de protection des personnes recevant des soins du Manitoba enquêtait toujours sur les allégations de maltraitance à Oakview Place.

Nouveau directeur et aides-soignants licenciés

Le foyer de soins Extendicare Oakview Place indique, par ailleurs, que les deux aides-soignants impliqués ont été licenciés et qu'il a apporté des changements importants pour s’assurer que ce genre de cas ne se reproduira plus.

Un porte-parole de l’établissement a notamment expliqué qu’un nouveau directeur général a été nommé, que l’engagement direct envers les résidents a été renforcé et que le personnel était mieux préparé pour signaler des situations préoccupantes.

Nos résidents et leurs familles nous accordent une confiance extraordinaire et nous prenons notre responsabilité envers eux très au sérieux. Plus tôt cette année, cette confiance a été brisée et nous nous excusons sans réserve auprès de notre communauté pour la profonde détresse causée par ces événements, affirme le porte-parole de l’établissement dans un courriel adressé à CBC/Radio-Canada.

Selon Gail Johnson, des cas de maltraitances pourraient se reproduire s’il n’y a pas de réelles conséquences pour les agresseurs.

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