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Centre de consommation supervisée de Sudbury : l’emplacement influencerait son utilisation

Un édifice entouré de gravier

Les premières statistiques montrent un lent départ pour le site de aconsommation supervisée. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sarah MacMillan

Radio-Canada

L’organisme Réseau ACCESS Network, qui gère le nouveau centre de consommation supervisée du Grand Sudbury, a rendu publiques les statistiques d’utilisation de ses nouvelles installations. Celles-ci ont officiellement ouvert leurs portes le 28 septembre dernier.

Depuis cette date, le centre a reçu 126 visites, a accueilli 114 visiteurs uniques, et a su renverser les effets de 3 surdoses liées à la crise d’empoisonnement des drogues.

Radio-Canada a demandé l'accès à ces chiffres à plusieurs reprises dans le dernier mois afin de suivre les progrès de l’initiative. Ces requêtes ont d’abord été rejetées par l’organisme.

Selon Réseau ACCESS Network, la fréquentation du centre durant ses premiers mois correspond aux normes provinciales et en certaines circonstances dépassent celles d’autres sites.

Alors que le centre sudburois totalise 126 visites depuis son ouverture, celui de Timmins en compte 3700 dans les quatre derniers mois. Pourtant, la ville au cœur d'or, avec ses quelque 41 000 habitants, a une population plus de deux fois moins importante que celle du centre du Grand Sudbury.

Un graphique plein de statistiques.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Réseau ACCESS Network a compilé les données de ses premiers mois d'activité.

Photo : Réseau ACCESS Network

Lors de la préparation du centre de consommation supervisée de Sudbury en 2021, il y a également eu un débat sur l’emplacement des installations au centre-ville.

Si le terrain de stationnement du Canadien Pacifique (CP) était privilégié à l’époque par le comité de la stratégie antidrogue de Sudbury, le personnel administratif de la Ville préférait l'emplacement de la rue Energy Court, où se situent les locaux aujourd’hui, puisqu’il présente plus d’avantages.

L’ancien conseiller municipal Robert Kirwan avait défendu à l’époque que le stationnement du CP était l’endroit idéal pour le centre, même si ça signifiait la perte de 25 places de stationnement, en raison de sa proximité avec le Centre du samaritain.

Malgré les craintes au sujet de l’emplacement, la gestionnaire du centre, Amber Fritz, soutient qu’en dépit des défis qu’un emplacement hors du centre-ville présente, l’utilisation du site de consommation supervisée continue de croître de façon régulière.

La qualité plutôt que la quantité

Selon la coordonnatrice de l’éducation et des communications de Réseau ACCESS Network, Angèl Riess, les défis en matière d’emplacement affectent les chiffres.

Cependant, elle rappelle que l'impact du site s'étend aussi bien au-delà de la prévention des surdoses. Les gens qui s’y rendent ont accès à diverses ressources, comme des travailleurs sociaux.

La personne qui offre le soutien peut leur offrir une gamme de services, donner des références à d'autres services dans la communauté où ils ont peut-être de la difficulté à accéder eux-mêmes, explique-t-elle.

Selon Roland Dutrisac, un infirmier hygiéniste à Santé publique Sudbury et districts, l’important c’est la qualité plutôt que la quantité en ce moment, même s’il concède qu’il y a encore du travail à faire pour continuer à promouvoir l'existence du centre de consommation.

Qu'on ait sauvé trois vies, cinq vies ou dix vies, c'est un bon début. Les choses pourraient avoir été autrement si on n'avait pas accès à ces services, donc je pense qu'on est sur la bonne piste, dit-il. 

Santé publique Sudbury et districts a déjà soumis une demande de financement à la province pour un centre permanent. Le ministère de la Santé dit être toujours en train de l'évaluer.

Un délai avant la publication des données

Dans une réponse écrite datant du 1er décembre, Mme Riess, avait expliqué que c’est la politique de l’Agence de ne pas partager les chiffres concernant l’accès aux services liés au VIH, à l’hépatite C ou à d’autres services offerts, et cela inclut les chiffres du site de consommation supervisée.

Ceci est fait pour assurer un espace sûr qui aide à favoriser la confiance et à établir des relations avec des personnes qui évitent souvent les services en raison de la stigmatisation. Il a été démontré par les meilleures pratiques que la limitation des données de surveillance lors de l’ouverture d’un SCS augmentera la confiance entre les membres accédant aux services, poursuit-elle.

C’est finalement une semaine plus tard que l’organisme a fait volte-face.

Amber Fritz a indiqué dans un communiqué publié jeudi soir que le gouvernement fédéral rendra publiques les statistiques des centres de consommation supervisée à travers le pays, ce qui doit se produire dans le prochain mois.

Dans un courriel envoyé le 5 décembre, la directrice générale de Réseau ACCESS Network, Heidi Eisenhauer, a précisé que, typiquement, avant de recevoir du financement provincial, les sites ne vont pas partager de données, ce qui est une pratique favorisée lors de leur intégration.

La province et le gouvernement fédéral n’offrent pas de financement dans le cas des centres de consommation supervisée temporaires.

Avec les informations de Jean-Loup Doudard et Bienvenu Senga

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