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Trafic de personnes : Kalib Rahi coupable de 8 des 9 accusations retenues contre lui

Le jury n'aura pris qu'une journée pour rendre son verdict après avoir entendu l'horrible expérience de la plaignante.

Une photo de police de Kalib Rahi.

La photo de Kalib Rahi qui avait été présentée en 2018 aux médias au quartier général du Service de police de Toronto.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA POLICE DE TORONTO

À Toronto, l'individu accusé d'avoir entraîné une jeune femme dans la prostitution a été reconnu coupable jeudi au terme d'un procès éclair. C'est une victoire pour la police et la Couronne, qui voulaient mettre en lumière durant les audiences la traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle.

Kalib Rahi faisait face à plusieurs accusations d'agression sexuelle, de menaces de mort, d'extorsion et de trafic d'être humain à des fins d'exploitation sexuelle. Les faits reprochés se sont produits de 2016 à 2018 en Ontario et au Québec.

Le jury, composé de neuf femmes et de trois hommes, l'a reconnu coupable sur toute la ligne à l'exception d'une accusation pour laquelle l'accusé a été acquitté.

À entendre le verdict, Kalib Rahi n'a paru ni surpris ni ébranlé. Son avocat, Loui Dallas lui donnait une tape sur l'épaule pendant que le juge remerciait les jurés.

Le marteau d'un juge.

Le jury a rendu son verdict un jour seulement après avoir reçu les instructions du juge avant qu'il n'entre dans ses délibérations.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Couronne était visiblement satisfaite du verdict, mais elle ne peut le commenter tant que Kalib Rahi ne sera pas condamné à la prison.

L'individu de 31 ans originaire de Milton risque au minimum cinq ans d'incarcération pour la seule accusation de trafic d'être humain.

Le détective Andy Medeiros de la police de Toronto a parlé au nom de la procureure Susan Orlando.

C'est un verdict juste et équitable, le jury a estimé que nos preuves étaient crédibles, dit-il en soulignant qu'il était content pour la victime qu'on ne peut nommer dans cette cause.

Il ajoute que le trafic de personnes est un crime qui ne peut être toléré dans la société et que les individus qui s'y livrent doivent être tenus responsables de leurs actions.

L'écusson de la police de Toronto en gros plan devant l'entrée de son quartier général.

L'enquête policière sur Kalib Rahi a été menée par l'escouade de la police de Toronto sur le trafic de personnes à des fins d'exploitation sexuelle.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Le procès avait montré que Kalib Rahi avait proposé un emploi à la victime pour livrer des chiots en Ontario. Le travail consistait à faire l'aller-retour dans l'Est de la province pour livrer des animaux à des clients.

Le travail a tourné au cauchemar lorsque Kalib Rahi lui a très vite proposé de travailler comme prostituée pour faire de l'argent rapidement et pour rembourser les dettes qu'elle avait contractées lors de leur rencontre en 2016.

Le détective Andy Medeiros affirme qu'il est important de sensibiliser le public à la traite de personnes. Il existe des individus qui sont prêts à tout pour entraîner des personnes vulnérables dans la prostitution, poursuit-il.

La victime de 19 ans n'avait ni travail ni argent pour faire vivre ses deux enfants, mais elle avait une passion pour les chiens.

Elle avait soutenu au procès que l'accusé l'avait agressée à deux reprises, puis avait offert ses services sexuels sur Internet en l'obligeant à lui remettre tous ses revenus.

Elle affirmait notamment que Kalib Rahi la menaçait de s'en prendre à elle ou à son chien pour la dissuader de le dénoncer à la police.

Le jury n'aura toutefois pas cru à l'accusation de menace proférée contre un animal. Il s'agit de la seule des neuf accusations pour laquelle l'accusé a été acquitté.

Position de la défense

Les avocats de la défense n'ont fait aucun commentaire en sortant du prétoire, mais ils étaient visiblement déçus.

Me Dallas s'en était pris à la crédibilité de la plaignante, en relevant notamment de nombreux trous de mémoire, des contradictions et des incohérences dans son témoignage.

Cet aspect pourrait faire l'objet d'une contestation, si Kalib Rahi souhaite interjeter appel du verdict de culpabilité.

Me Dallas a néanmoins précisé qu'il ne se spécialisait pas dans les appels et qu'il ne pouvait confirmer une telle possibilité.

Il s'agit d'un second échec pour la défense, qui avait tenté de faire annuler le procès en brandissant l'arrêt Jordan sur les délais judiciaires.

Une sculpture de la déesse romaine de la justice, balance et épée à la main.

Les allégations semblables d'une seconde plaignante feront l'objet d'un procès à part en janvier 2023.

Photo : iStock

En vertu de l'arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, les procès criminels doivent se tenir dans les 30 mois qui suivent la mise en accusation d'un individu devant un tribunal supérieur, ou 18 mois devant une instance inférieure.

Dans ce cas-ci, le procès de Kalib Rahi s'est ouvert presque quatre ans jour pour jour après son appréhension.

L'individu devra revenir au tribunal le 10 janvier pour connaître la date de son audience sur la détermination de la peine.

Selon le détective Medeiros, la Couronne et la défense sont en discussion pour éventuellement présenter une position conjointe au juge Shaun Nakatsuru, de la Cour supérieure de l'Ontario.

Kalib Rahi n'est toutefois pas au bout de ses peines, puisqu'il devra subir un autre procès semblable au sujet d'une seconde plaignante.

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