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Fêtes de fin d’année : l’inflation porte un coup dur à des familles en Outaouais

Une pile de cadeaux de Noël sur une table en bois devant une décoration de Noël.

Un récent sondage révèle que 67 % des Canadiens pensent que l’inflation aura des répercussions sur leur capacité à s’offrir des cadeaux pour les fêtes cette année. (archives).

Photo : iStock / ArtistGNDphotography

Radio-Canada

Le couple retraité Pierre et Suzanne Duperon, d'Aylmer, subit de plein fouet les effets de l'inflation en ces temps de Fêtes. Ils doivent faire des choix pour éviter de tomber dans le piège de l'endettement.

Pierre Duperon dit être découragé du fait que tout soit aussi dispendieux. Tout est rendu trop cher. Les salaires et pensions ne tiennent plus, ajoute son épouse Suzanne.

Deux personnes assises côte à côte.

Pierre et Suzanne Duperon, un couple retraité.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

À ce stade, le couple est forcé de faire des choix, de choisir d'abord ce qui est utile.

Pour M. Duperon, la pandémie est venue rendre les choses encore plus difficiles. La quantité des produits dans les emballages a diminué malgré l'augmentation des prix, un phénomène qu'on a baptisé la réduflation.

Un sac d'épicerie ne coûtait pas si cher que ça. Et là, c’est rendu 60 $. C’est juste des items en spécial que j'achète, rien d’autre. Deux sacs, c’est 120 $. C’est beaucoup d’argent, lance-t-il.

Pour les temps des fêtes, on va se limiter. On va faire attention, partage son épouse.

Les Duperon ne sont pas les seuls dans cette situation. Jordan Samuel Nganga, directeur général de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais (ACEFO), affirme que son organisme rencontre en ce moment beaucoup de familles qui disent qu’elles auront beaucoup de difficultés pour les Fêtes cette année à cause de l’inflation qui est encore très forte. Selon lui, ces personnes ont des revenus pas très élevés.

Un homme arrêté regarde droit devant.

Jordan Samuel Nganga, directeur général de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais (ACEFO).

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Par ailleurs, il affirme que comparativement à l’année dernière, il y a plus de familles qui se retrouvent dans cette situation.

Le coût du panier de la ménagère est très élevé. On constate une augmentation de nos consultations. Nous recevons 3 à 4 personnes par jour qui viennent nous voir afin de savoir comment passer les Fêtes sans avoir à s’endetter lourdement. La difficulté est plus accrue, et il n'y a pas de visibilité à l'horizon. Pour preuve, la banque du Canada vient encore d'élever son taux directeur. Note-t-il.

« Noël c’est une période mythique pour les familles. C'est ancré dans les familles. Personne n’a envie de faire des choix difficiles qui touchent ses enfants. C’est compréhensible, parce que l’enfant ne comprend pas qu’on est en période de difficultés financières. »

— Une citation de  Jordan Samuel Nganga, directeur général de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais (ACEFO).

Le directeur général de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais suggère aux gens dans une situation précaire de ne pas tomber dans le piège de la surconsommation et de respecter un budget.

Parce qu' après Noël, on a la vie réelle qui reprend. Éviter ce qui n’est pas nécessaire, dit-il.

Un impact sur les commerçants locaux

De son côté, Stéphane Bisson, président de la Chambre de commerce de Gatineau, pense que les difficultés qu'éprouvent de nombreuses familles vont certainement avoir un impact sur les commerçants de la région.

Cependant, il allègue que ce qui est important, ce n’est pas nécessairement le montant qu’on peut dépenser, mais plutôt ce qu’on est capable de faire avec cet argent. C'est-à-dire soutenir l'économie locale, martèle-t-il.

Un père Noël avec plein de cadeaux.

Selon une récente étude 54 % des personnes interrogées comptent dépenser autant que l’année dernière pour des cadeaux, soit en moyenne 589 $, malgré l'inflation (archives).

Photo : iStock / iStockPhoto

Mais cette situation difficile n'est pas propre à l'Outaouais. C’est l’ensemble du Canada qui trinque aux effets de l’inflation, selon une étude de l’organisme Les Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

Le sondage révèle que 67 % des Canadiens pensent que l’inflation aura des répercussions sur leur capacité à s’offrir des cadeaux pour les fêtes cette année. Malgré cette inquiétude grandissante, 54 % des personnes interrogées comptent tout de même dépenser autant que l’année dernière pour des cadeaux, soit en moyenne 589 $.

Or, toujours selon l’étude, 64 % des personnes déclarent n’avoir pas économisé d’argent en ce sens. Résultat : 46 % des gens disent vivre un stress énorme pour la période des fêtes et 22 % affirment qu’ils devront s’endetter pour se faire plaisir.

CPA Canada soutient, que cette situation s’explique par l’aggravation de la hausse des prix des produits sur le marché, avec un taux d’inflation record jamais vu au pays depuis 40 ans.

L’endettement est-il inévitable ?

Pour Doretta Thompson, responsable de la littératie financière à CPA Canada, la solution serait d’adopter une attitude financière responsable, en dépensant selon ses moyens ou selon ses capacités financières. Autrement, faire abstraction de ce qui n’est pas nécessaire. Cela pourrait permettre aux gens d’éviter l’endettement et de se garantir une saine situation financière personnelle à long terme.

Aussi, CPA Canada mentionne, à l’instar des autres décisions financières, qu’il est impératif de planifier ses dépenses des Fêtes et surtout et d’éviter de faire les achats à la dernière minute, car cela pourrait faire perdre de l’argent .

L'organisme suggère plutôt aux consommateurs de chercher autant que possible les aubaines sur les articles qui figurent sur la liste de cadeaux.

Le sondage a été réalisé entre le 8 et le 21 septembre 2022, sur un échantillon de 2017 personnes âgées de 18 ans et plus. Concernant la marge d’erreur, elle est de +/— 2,5 %.

Avec les informations de Gabriel Le Marquand Perreault.

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