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Analyse

Promesses rompues et grands remous pour Doug Ford à Queen’s Park

Le conflit avec les travailleurs de l’éducation et les changements proposés à la ceinture de verdure ont notamment retenu l’attention à l’Assemblée législative.

Le premier ministre Doug Ford lors de la période de questions à Queen's Park.

Le premier ministre Doug Ford lors de la période de questions à Queen's Park, le 14 novembre 2022

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le gouvernement Ford vient de boucler six semaines de travaux parlementaires qui ont donné lieu à une série de projets de loi controversés. Les progressistes-conservateurs quittent maintenant Queen's Park pour la pause hivernale, mais plusieurs dossiers chauds pourraient revenir les hanter au retour des Fêtes.

Doug Ford et son équipe n'ont certainement pas chômé cet automne : nouveaux pouvoirs octroyés à certains maires, changements aux redevances d'aménagement pour accélérer les projets immobiliers. Les progressistes-conservateurs ont adopté plusieurs lois controversées, dont la plupart portent sur le logement.

Les débats se sont déroulés à une vitesse fulgurante, parfois sans consultation. Mais l’ampleur de la crise le justifie, selon Doug Ford. Tout l’automne, il a répété ad nauseam qu’il faut bâtir des maisons afin d'atténuer la crise du logement. Pour ce faire, il a même proposé d'empiéter sur la ceinture de verdure. Le premier ministre avait pourtant promis qu’il ne toucherait pas à cette précieuse zone protégée après y avoir brièvement songé en 2018.

« Doug Ford veut atteindre ses objectifs, coûte que coûte, quitte à déplaire à certains. »

— Une citation de  Geneviève Tellier, politologue, Université d'Ottawa

La politologue Geneviève Tellier a été frappée par la rapidité avec laquelle le gouvernement Ford a fait progresser ses dossiers prioritaires. On peut se demander s'il n'y a pas des décisions trop précipitées qu'il faudra réparer plus tard, souligne-t-elle.

Le premier ministre Doug Ford.

Le premier ministre Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le premier ministre a en effet sorti plusieurs lapins de son chapeau dans les derniers mois. Les progressistes-conservateurs n’ont jamais mentionné en campagne électorale qu’aussitôt élus, ils chambouleraient les règles de la majorité aux conseils municipaux de Toronto et d’Ottawa.

La pilule aurait peut-être été plus facile à avaler si les nouveaux pouvoirs confiés aux maires avaient fait partie de la plateforme électorale de Doug Ford.

Bras de fer avec le milieu scolaire

Geneviève Tellier parle spontanément du conflit avec les travailleurs de l’éducation lorsqu’on lui demande de choisir le moment marquant de l’automne en politique ontarienne. L’imposition d’un contrat de travail grâce à la disposition de dérogation a créé une commotion, et ce, bien au-delà des frontières provinciales.

Une gréviste à Kingston tient une pancarte montrant Doug Ford avec la mention : « intimidateur ».

Des employés de soutien dans les écoles en Ontario ont accusé le premier ministre Doug Ford d'intimidation lors du conflit de travail cet automne.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Le mauvais calcul politique du gouvernement Ford dans ce dossier est assurément un constat d’échec, selon la politologue. Doug Ford espérait éviter toute perturbation en classe en jouant dur avec les syndiqués. Au final, des milliers d’élèves ont perdu des journées d’école.

Je n’ai pas l’impression qu’on est dans la leçon apprise, on est encore dans la confrontation, prévient Geneviève Tellier. Doug Ford saura-t-il contrôler son côté belliqueux pour la suite de son mandat? Son premier test sera face aux enseignants de la province, qui sont toujours en train de renégocier leur convention collective. Pour l’heure, le premier ministre et son ministre de l’Éducation semblent déjà adopter un ton plus conciliant, mais l’escalade des tensions n’est pas impossible.

Son revers en justice sur la constitutionnalité du projet de loi 124 qui plafonne les salaires dans le secteur public pourrait aussi donner lieu à des prises de bec. Dans ce dossier, Doug Ford semble déterminé à poursuivre la bataille.

Une nouvelle cheffe pour la nouvelle année

Les néo-démocrates reviendront à l'Assemblée législative avec un nouveau visage pour les diriger. Tout indique que la députée torontoise Marit Stiles – seule candidate dans la course à la chefferie du parti – prendra les rênes du caucus. Elle succédera à l'ancienne cheffe Andrea Horwath une fois que les membres du parti auront confirmé son couronnement. Une formalité.

« La vraie course, c’est celle pour défaire Doug Ford en 2026. »

— Une citation de  Marit Stiles, cheffe désignée du Nouveau Parti démocratique

Son arrivée à la tête du parti s'inscrit dans la continuité. Son leadership ne devrait pas offrir un grand contraste avec celui de sa prédécesseure.

Marit Stiles, entourée de députées, annonce qu'elle sera candidate à la direction du NPD provincial.

Marit Stiles représente la circonscription torontoise de Davenport depuis 2018.

Photo : La Presse canadienne / Alex Lupul

Reste à savoir si Marit Stiles tentera un rapprochement avec le milieu ouvrier, une frange du parti qui s'est sentie délaissée par le NPD dans les dernières années. A priori, la nouvelle cheffe n’a pas de liens naturels avec les cols bleus; elle représente une circonscription du centre-ville de Toronto et non une zone industrielle. Elle a certainement plus d’affinités avec le milieu scolaire qu’avec les travailleurs d’usine. 

Chose certaine, les progressistes-conservateurs n’ont pas perdu de temps avant de passer en mode attaque. De toute évidence, personne ne s'intéresse à la course à la chefferie du NPD ni à ses politiques. L'acclamation de Marit Stiles est une approbation des mêmes politiques que les Ontariens ont fermement rejetées le 2 juin, peut-on lire dans le communiqué envoyé par le Parti progressiste-conservateur.

La route demeure longue pour Marit Stiles et les orange. D’ici le scrutin de 2026, elle devra se faire connaître du grand public, mobiliser ses sympathisants et rallier de nouveaux électeurs à sa cause. Des tâches qui auraient toutes été plus faciles si une course au leadership plus relevée avait eu lieu.

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