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Langues officielles : échanges houleux entre les libéraux et l’opposition

Pablo Rodriguez à la Chambre des communes.

Le ton a monté notamment entre le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, et le député conservateur Joël Godin.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Les libéraux ont été attaqués de toutes parts par les partis d'opposition, jeudi, lors des témoignages du ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, et ensuite de la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor.

Le ton a été donné dès les premiers échanges au comité chargé d'étudier le projet de loi C-13 visant à moderniser la Loi sur les langues officielles, alors que le ministre Rodriguez dirigeait systématiquement les questions qui lui étaient posées à sa collègue.

Le feu aux poudres

Ça n'existe pas, "le ministère des Langues officielles". C'est le Patrimoine qui a la responsabilité, a lancé Joël Godin, le porte-parole conservateur en matière de langues officielles, qui haussait le ton par moments et ajoutait des peut-être que vous ne le savez pas.

Les responsabilités en matière de langues officielles ont été transférées à Mme Petitpas Taylor, lui a répondu le ministre, tout aussi bouillant. M. Godin a véritablement mis le feu aux poudres en qualifiant la ministre de votre représentante.

Elle n'est pas représentante : elle est ministre en titre, s'est fâché M. Rodriguez qui, lui aussi, en rajoutait en qualifiant une question de pas tellement pertinente. Les libéraux ont plus tard qualifié le mot choisi de très irrespectueux. La ministre a elle-même dit avoir été un peu insultée.

Alors qu'on entendait carrément des cris dans la salle, des députés ont demandé à leurs collègues de baisser le ton, et le président du comité, René Arseneault, s'est même soucié de la santé auditive des interprètes que l'on pouvait voir sourire de bon coeur dans leurs cabines. C'est la première fois en sept ans que je suis assis ici et que je vois que ça se déroule comme ça autour de la table, s'est-il désolé.

Les autres partis d'opposition s'en sont également pris au ministre Rodriguez. La députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) Niki Ashton a presque traité son ministère d'incompétent. Si vous n'avez jamais été en mesure de remplir la mission qu'on vous donnait jusqu'à maintenant, pourquoi seriez-vous capables à l'avenir?, a-t-elle demandé.

En mêlée de presse, le ministre Rodriguez, qui semblait bien pressé de partir, a admis, presque un pied dans l'escalier roulant, que le projet de loi devait probablement mentionner la ministre des Langues officielles.

M. Godin a pour sa part expliqué que lui et M. Rodriguez sont deux sanguins qui ont des racines latines. Des fois, l'émotion prend le dessus, a-t-il ajouté.

Deuxième round

Une heure presque entièrement perdue plus tard, la ministre Petitpas Taylor s'est fait à son tour cuisiner par les oppositions.

Vous revenez encore avec des généralités, lui a lancé le porte-parole du Bloc québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, en lui coupant la parole après qu'elle eut évité de lui dire à quelle demande du Québec le gouvernement Trudeau répondait par ce projet de loi.

La ministre a alors tenté, de peine et de misère, de rappeler que son projet de loi accordera le droit de travailler et d'être servi en français dans les entreprises de compétence fédérale. Mais, là encore, elle n'a pu placer que quelques mots avant que M. Beaulieu lui fasse remarquer que le Québec veut plutôt que la loi 101 s'applique à ces entreprises.

Mme Petitpas Taylor a tout fait pour éviter de dire si elle était d'accord avec ne serait-ce qu'un amendement proposé par le gouvernement du Québec. Même avec les journalistes qui la pressaient pour savoir si elle était bien disposée à l'égard de ces modifications du Québec, elle s'est efforcée de se dire ouverte à « tous » les amendements.

Elle a aussi eu toute la difficulté du monde à dire si elle estime que l'anglais est menacé au Québec, comme le lui demandait plus tôt le Bloc. L'anglais n'est pas menacé au Canada, a-t-elle répondu à maintes reprises aux journalistes, mais à force d'insistance, elle s'est dite d'accord avec l'affirmation selon laquelle l'anglais n'est pas menacé au Québec.

Il est clair, de l'avis du Bloc, que le projet de loi ne contient rien pour le Québec, a répété M. Beaulieu. Mais selon lui, les autres partis d'opposition seront réceptifs à des amendements, y compris à l'assujettissement des entreprises privées de compétence fédérale à la loi 101.

Il y a de bonnes chances, a-t-il assuré à sa sortie de la salle, en insistant sur le fait que le gouvernement est minoritaire.

M. Beaulieu a toutefois refusé de dire si son parti appuierait le projet de loi advenant qu'il obtienne cette demande.

Le comité entreprendra mardi l'étude article par article du projet de loi. Selon une entente entre les partis, le travail s'échelonnerait sur un maximum de huit réunions, à moins d'un consentement unanime sur la tenue d'un nombre plus élevé de rencontres.

Si toutes les réunions ont lieu et qu'il ne s'en ajoute pas davantage, le projet de loi pourrait être envoyé à la Chambre des communes à la mi-février ou au début de mars.

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