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Les infirmières d’agences privées de plus en plus nombreuses au Nouveau-Brunswick

Plan rapproché des chaussures que porte une infirmière. Les chaussures sont blanches et sont faites d'un matériel dont l'imprimé est décoré de petits dessins liés à sa profession, comme des pansements, des stéthoscopes, des seringues et des thermomètres. Les mots « Mom Nurse » sont aussi écrits sur les chaussures.

Les chaussures thématiques portées par une infirmière.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Radio-Canada

Le recours aux infirmières itinérantes, c’est-à-dire provenant d’agences privées, s’est fait de plus en plus fréquent ces trois derniers mois dans les hôpitaux du Nouveau-Brunswick.

En septembre, ces infirmières avaient commencé à être déployées dans deux hôpitaux du Réseau de santé Vitalité, le réseau francophone de la province, c’est-à-dire l’Hôpital régional de Campbellton et le Centre hospitalier universitaire Dr Georges-L.-Dumont à Moncton.

On comptait alors seulement deux de ces infirmières. Il y en a maintenant 27.

Près de 3,5 M$ en moins de 3 mois

Depuis septembre 2022 et l’arrivée d’une 3e agence, nous remarquons la croissance du nombre des infirmières itinérantes. En novembre, nous comptons un nombre moyen de 27 infirmières qui ont été déployé[e]s dans les deux établissements, a confirmé dans un courriel à Radio-Canada, jeudi, Sharon Smyth-Okana, la vice-présidente principale aux programmes cliniques et aux soins infirmiers du Réseau de santé Vitalité.

Jusqu’ici, cela a coûté à Vitalité la somme de 3 391 966 $, selon Sharon Smyth-Okana, qui a transmis des données datant du 4 décembre.

Les agences privées qui proposent les services de ces infirmières itinérantes établissent les salaires et facturent des frais administratifs au réseau de santé, précise-t-elle.

Dans une entrevue à Radio-Canada, jeudi, la Dre France Desrosiers, qui est présidente-directrice générale du Réseau de santé Vitalité, a affirmé que ce recours à des infirmières privées n’était pas une option idéale ni la solution définitive au manque de personnel dans les hôpitaux.

On les utilise en dernier recours et ce n'est pas une solution à moyen et long terme, a dit la Dre Desrosiers.

[N]otre priorité est de maintenir la prestation de soins de qualité. Nous le faisons donc en dernier recours seulement et pour des périodes de temps les plus courtes possibles, a quant à elle déclaré par écrit Sharon Smyth-Okana.

Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick, est elle aussi déçu des services de GardaWorld.

Le gouvernement doit s’engager à investir les sommes nécessaires pour recruter les infirmières et infirmiers, affirme la présidente du syndicat, Paula Doucet.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) appelle une fois de plus le gouvernement provincial à redoubler ses efforts pour recruter des infirmières permanentes, et demande son excédent budgétaire de taille à cette fin.

La solution ne consiste toutefois pas à multiplier le nombre d’infirmières et d’infirmiers d’agences, a prévenu la présidente du syndicat, Paula Doucet, dans une déclaration écrite, jeudi.

« Imaginez le nombre d’infirmières et d’infirmiers permanents que nous pourrions embaucher pour ce que nous coûte l’embauche temporaire de personnel infirmier d’agences payé plus cher? »

— Une citation de  Paula Doucet, présidente du syndicat des infirmières

Elle déclare que le système de santé manque chroniquement de main-d’oeuvre en raison de longues années caractérisées par un échec sur le plan du recrutement et du maintien en poste d’un personnel suffisant.

Paula Doucet souligne par ailleurs que, bien que le recours aux infirmières privées puisse masquer temporairement des lacunes, il crée beaucoup de frictions dans les milieux de travail puisque les travailleuses et travailleurs déjà en place gagnent beaucoup moins que les recrues qui leur arrivent des agences.

À la fin d'octobre, le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Bruce Fitch, affirmait que l’embauche d’infirmières itinérantes provenant d’agences privées était nécessaire pour pallier le manque de main-d'œuvre. C'est un outil qui est utilisé afin de s'assurer que les services sont disponibles, arguait-il.

De son côté, le Réseau de santé Horizon a eu recours à sept infirmières itinérantes depuis septembre. Elles sont surtout affectées aux urgences et aux unités de soins intensifs. Elles sont déployées aux hôpitaux de Saint-Jean et de Moncton.

D’après le reportage de Nicolas Steinbach

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