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Des intervenants de la DPJ et des centres jeunesse lancent un cri du cœur

Une femme parle au micro pendant que d'autres forment le mot « détresse » avec de grandes pancartes.

Des membres de l’APTS dénoncent régulièrement (comme ici en avril 2021) la surcharge de travail et la détresse psychologique des intervenants en protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Un an et demi après le dépôt du rapport de la commission Laurent, les intervenants des centres jeunesse et de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont encore confrontés à une charge de travail « écrasante » et à des listes d'attente qui s'allongent, dénonce leur syndicat, qui demande au gouvernement Legault des solutions concrètes.

Selon un sondage auquel 425 employés du réseau ont répondu, 78 % des répondants n’arrivent pas à prendre les pauses auxquelles ils ont droit, 61 % doivent faire du travail sur leur temps personnel et la moitié disent mal dormir, pleurer et avoir mal au coeur avant d’aller travailler, a résumé Caroline Letartre-Simoneau, représentante montréalaise de l’APTS, lors de la journée de mobilisation.

À Montréal actuellement, le temps moyen pour obtenir une évaluation dans le secteur de la protection de la jeunesse (Nouvelle fenêtre) est de 78 jours, contre 38 jours en moyenne au Québec.

Or même si des efforts ont été mis pour prioriser les cas les plus urgents, l’attente dans le domaine de la protection de la jeunesse, ce n’est pas comme l’attente pour une vasectomie : les enfants risquent leur sécurité et leur développement est compromis, a souligné Steve Garceau, psychoéducateur et représentant syndical de l'APTS pour la région de Lanaudière.

Aller plus loin que le nombre de dossiers

Pour faire entendre leurs revendications, plusieurs membres de l'APTS ont mené, à Montréal comme ailleurs au Québec, une action symbolique jeudi matin. Ils ont déposé un immense toutou personnifiant la charge de travail des intervenants au Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d'adaptation Dominique-Savio.

Le syndicat attend avec impatience de recevoir les nouveaux standards de pratique, même s’il dit ne pas avoir été consulté pour leur élaboration.

Les solutions, on les connaît : la charge doit être revue pour rentrer à l'intérieur de 35 heures par semaine et avec des indicateurs clairs de charge de travail autre que le nombre de dossiers par intervenant, a déclaré M. Garceau.

« On doit considérer si le dossier est judiciarisé, la vulnérabilité de l’enfant, le temps de déplacement pour se rendre aux rencontres. »

— Une citation de  Steve Garceau, psychoéducateur et représentant syndical de l'APTS

Selon lui, il faut aussi bonifier les services de première ligne offerts aux parents dans les CLSC, notamment en santé mentale adulte et en toxicomanie pour accompagner les parents et décoder en amont les besoins des milieux familiaux.

Selon le président de l'APTS, Robert Comeau, il nous faut plus que des bonnes intentions et des mercis. On veut des actions concrètes qui auront des impacts rapides. Il a aussi insisté sur l'importance de valoriser la profession, autant pour assurer la rétention du personnel que pour attirer la relève.

À l'Assemblée nationale, le ministre des Services sociaux a aborder le sujet.

« Les besoins sont grands, j'en suis conscient, mais on a innové avec des programmes différents qui permettent de faciliter l'accès aux services en santé mentale. On en a fait beaucoup d'ailleurs pour nos jeunes.  »

— Une citation de  Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux

. Il a notamment évoqué la prévention en milieu scolaire qui a été selon lui rehaussée, et au déploiement du programme des aires ouvertes.

On est rendu à 16 établissements à travers le Québec où les jeunes peuvent se présenter quand ils veulent et quand ils ont un besoin pour parler à quelqu'un (...) J'ai même visité l'installation chez mon collègue en Beauce où les intervenants se rendent voir les jeunes dans les écoles, chez eux, a souligné le ministre Carmant.

Ce qu'il est important de mentionner, c'est qu'il faut faciliter les échanges de renseignements entre les intervenants de la DPJ, les professionnels, les organismes et les établissements avec lesquels il faut collaborer. Parce que c'est ce manque de collaboration, d'échange d'informations qui a causé plusieurs des problèmes que l'on a vécus au cours des dernières années, a-t-il conclu.

En avril, le gouvernement Legault avait adopté la loi 15 sur la protection de la jeunesse, où il était spécifié que l’intérêt de l’enfant devrait primer. En vertu de cette nouvelle loi, le maintien à tout prix d'un enfant dans sa famille biologique, ne doit plus être la priorité absolue des autorités.

Avec les informations de La Presse canadienne

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