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Une erreur a contribué à l’élimination du plafond sur les hausses de loyer au N.-B.

Un immeuble résidentiel en construction.

Une erreur apparente d'interprétation de données sur la construction de logements a contribué à l’élimination du plafond sur les hausses de loyer au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Une erreur apparente d'interprétation de données a mené la ministre de Service Nouveau-Brunswick, Jill Green, à croire que la construction de logements dans la province a considérablement diminué en 2022 alors qu’en fait elle a augmenté.

Cette erreur a contribué à la décision de son gouvernement d’abolir le plafond imposé cette année sur les hausses de loyers. Le Nouveau-Brunswick a imposé en mai un plafond de 3,8 % sur la hausse des loyers. Cette mesure était rétroactive au 1er janvier, et elle se termine le 31 décembre.

Nous avons eu la moitié des mises en chantier cette année, où nous avons un plafond sur les loyers, comparativement à l’année dernière, a déclaré la ministre Jill Green, à l’Assemblée législative, mardi.

Jill Green s'adresse à l'Assemblée législative.

La ministre du Logement et de Service Nouveau-Brunswick, Jill Green (archives).

Photo : Radio-Canada

La ministre répondait à une question posée par le député libéral Benoît Bourque, qui demandait au gouvernement sur quelles preuves repose l'abolition du plafond.

L’an dernier, il y a eu 135 mises en chantier de propriétés résidentielles de deux logements ou plus. Cela équivaut à 2600 logements. Cette année, il y a seulement 45 mises en chantier de propriétés résidentielles de deux logements ou plus, ce qui équivaut à 1000 nouveaux logements. Je ne sais pas quelle preuve de plus dont l’opposition a besoin, a ajouté la ministre Green.

La ministre a tenu des propos similaires le 29 novembre lors d’une entrevue accordée à l'émission Information Morning Fredericton de CBC. Moins que la moitié des logements construits cette année que l’an dernier, c’est la preuve, a-t-elle déclaré à cette occasion.

Cependant, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, ce tableau de la situation est erroné. Un économiste de la SCHL, Kelvin Ndoro, explique qu’il y a eu des hauts et des bas cette année, mais qu’en fin de compte la construction au Nouveau-Brunswick jusqu’à présent est supérieure, assurément.

La SCHL a fait état en octobre de la mise en chantier de 3892 logements au Nouveau-Brunswick. C’est une hausse de 30 % comparativement à octobre 2021. Parmi ces logements, la SCHL compte 1980 appartements, ce qui constitue une hausse de 61,8 % pour cette catégorie de logements comparativement à 2021.

La ministre Jill Green n’était pas disponible pour une entrevue à ce sujet. Son ministère ne reconnaît pas qu’il a mal compris les données. Selon lui, la ministre parlait peut-être plutôt d’une baisse des permis de construction d’immeubles à logements multiples en 2022.

Il n’y a toutefois aucune baisse importante qui correspond aux chiffres de la ministre Green.

L’abolition du plafond est remise en question

L’erreur d’interprétation de données fondamentales comme celles-ci devrait entraîner une révision de la décision d’abolir le plafond sur les hausses de loyer, estime la directrice du laboratoire pour le logement et la santé mentale de l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, Julia Woodhall-Melnik.

J’espère qu’ils vont la changer, affirme Mme Woodhall-Melnik. Ce serait bien d’y revenir et de dire : "Vous savez, j’ai commis des erreurs et je suis désolée".

Julia Woodhall-Melnik.

Julia Woodhall-Melnik, directrice du laboratoire pour le logement et la santé mentale de l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean.

Photo : UNB/Cameron Fitch

Selon elle, il n’est pas trop tard pour que le gouvernement revienne sur sa décision s’il découvre qu’il a mal interprété des données.

Quant aux consultations en la matière, Mme Woodhall-Melnik ajoute que la province compte de nombreux experts qui auraient pu aider le gouvernement à interpréter les données pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’erreur.

D’après un reportage de Robert Jones, de CBC

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