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COP15 : Les attentes de la Côte-Nord pour la création d’aires protégées

La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur.

La rivière Magpie a été déclarée « personne juridique », au Québec.

Photo : SNAP Québec/Charlene Daubenfeld

Radio-Canada

Plusieurs Nord-Côtiers sont à Montréal cette semaine pour la Conférence des parties (COP15) sur la biodiversité afin de faire valoir leurs revendications, dont celle de la création d’aires protégées dans la région.

La protection du caribou forestier et montagnard, celle du fleuve Saint-Laurent, ainsi que de la rivière Magpie font partie des principales attentes de la délégation nord-côtière à la COP15.

Des représentants des Premières Nations d’Essipit et de Pessamit sont présents pour demander à Québec d’en faire plus pour mettre un frein au déclin du caribou. Le vice-chef de la communauté innue de Pessamit, Jérôme Bacon St-Onge, dit avoir eu une première rencontre avec la secrétaire générale d'Amnistie internationale pour échanger sur leur projet d'aires protégées sur le Pipmuacan.

Jérôme Bacon St-Onge se trouve près la rivière Papinachois et tient dans ses mains le rapport de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards.

Jérôme Bacon St-Onge a porté à bout de bras le dossier de la protection du caribou et de son territoire dans la communauté innue de Pessamit.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

On profite vraiment de la tribune de cet événement-là pour maximiser le message porteur que nous voulons diffuser à l'échelle internationale. Nos amis d'Amnistie internationale croient en nos démarches, croient en notre projet d'aires protégées, soutient Jérôme Bacon St-Onge.

Pour sa part, le directeur développement et territoire de la communauté innue d'Essipit, Michael Ross, souhaite que le gouvernement du Québec s'engage à long terme à protéger le territoire de la communauté et qu'il s'engage à restaurer les chemins forestiers.

Préserver le Saint-Laurent

La professeure associée à l'UQAR-ISMER, Lyne Morissette, espère que les richesses de la province seront mises de l'avant à la COP15, notamment celle qu’est le fleuve Saint-Laurent.

L'océanographe estime qu’il faut prendre en considération la valeur symbolique, mais aussi économique d’une biodiversité en santé. Mes attentes sont dans une prise de position claire de la part de nos gouvernements sur la nécessité et l'urgence de protéger notre biodiversité, indique celle qui compte se rendre à l’événement dans quelques jours.

Au-delà d’une espèce [j’aurais pu vous dire de protéger le béluga à tout prix], il faut mettre à profit le savoir des Premières Nations, des gens qui sont sur le terrain [...]. C'est comme ça, d’après moi, qu'on va se donner les meilleures chances d’être le plus efficace possible, poursuit Lyne Morissette.

De son côté, le directeur général de la Société pour la nature et les parcs Québec (SNAP), Alain Branchaud, espère que les gouvernements du Québec et du Canada profiteront de l’occasion pour annoncer l'agrandissement du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

La Magpie parmi les figures de proue

Des membres de la communauté innue d'Ekuanitshit sont aussi présents pour parler de la protection de la rivière Magpie. L'Alliance Muteshekau-Shipu qui milite pour la protection de la Magpie est en lice pour un prix qui sera remis mercredi soir par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, à Montréal.

Il s'agit du Prix Droits et Libertés, qui vise à récompenser des initiatives qui font la promotion d'un environnement sain au Québec. L'Alliance a été sélectionnée notamment puisque ses membres ont reconnu la rivière Magpie comme personne juridique en 2021.

De passage à Montréal pour l'occasion, le préfet de Minganie, Luc Noël, estime que cette nomination démontre une reconnaissance du travail pour protéger la Magpie. Ça fait en sorte que ça jette une lumière sur les actions que l'on pose dans notre région pour protéger le climat et la biodiversité, explique le préfet.

Luc Noël espère qu’une aire protégée sera créée pour la rivière Magpie. C’est impératif de faire des investissements maintenant parce que 2030, 2040 c’est à notre porte, c’est demain, martèle Luc Noël.

Les élus québécois veulent faire entendre leur voix

À l’ouverture de la COP15 mardi, le premier ministre François Legault a lancé le Plan Nature, estimé à 650 millions de dollars. Il souhaite créer de nouvelles aires protégées sur 30 % du territoire d’ici 2030.

Pascal Bérubé

Le péquiste Pascal Bérubé s'est positionné sur l'avenir de la rivière Magpie en point de presse à l'Assemblée nationale mercredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le Parti québécois demande à la Coalition avenir Québec (CAQ) d’informer la population à savoir quelles rivières seront ciblées dans le cadre des projets de développements hydroélectriques. Le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, veut savoir si la rivière Magpie pourrait être harnachée.

Le gouvernement pourrait dire d’entrée de jeu : “c’est sûr qu’on veut de nouveaux barrages, mais soyez assurés que celle-là [la rivière Magpie] n’est pas dans le lot”. Mais comme il refuse de le faire pour l'instant, ça alimente les craintes, exige Pascal Bérubé en entrevue mercredi à l'émission Boréale 138.

La députée de Verdun pour Québec solidaire, Alejandra Zaga Mendez, a également demandé au gouvernement caquiste de protéger la rivière Magpie dans un communiqué de presse envoyé lundi en vue de la COP15.

La conférence prendra fin le lundi 19 décembre.

Avec les informations d'Aurélie Girard et de Zoé Bellehumeur

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