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Percé a déboursé près de 100 000 $ pour implanter sa redevance touristique

L'hôtel de ville de Percé.

Le bilan de la redevance touristique a soulevé de nombreuses questions au cours de la séance du conseil municipal de mardi soir. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

La Ville de Percé a déboursé presque autant que l'argent recueilli. La Ville visait un objectif de 1 million de dollars. Elle n'a finalement reçu que 155 000 $.

La dernière rencontre du conseil municipal a permis aux citoyens d'interroger les élus sur la gestion de cette redevance qui oblige, depuis l'été dernier, les commerçants à prélever 1 $ sur les transactions de plus de 20 $ effectuées par les visiteurs.

Parmi les montants déboursés par la Ville de Percé, 12 000 $ ont servi à l'embauche d'une ressource pour aider les commerçants à l'implantation de la perception de la redevance. La Ville a aussi requis les services de la firme de relations publiques TACT Conseil pour faciliter les communications avec les citoyens, ce qui a coûté 33 000 $.

Avec cette mesure, la Ville souhaite amasser des fonds pour entretenir et mettre à niveau les infrastructures touristiques. La réglementation, une première au Québec, suscite toutefois la grogne parmi les commerçants et fait même l'objet de démarches judiciaires en vue de son annulation.

Le dépôt de la demande introductive d'instance en nullité par le comité citoyens-commerçants de Percé a également forcé la Ville à débourser jusqu'ici environ 30 000 $. La Ville pourrait toutefois recevoir 10 000 $ du fonds juridique de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) pour l'aider à payer cette facture.

Des résidents ont aussi manifesté leurs craintes de voir le montant recueilli utilisé à d'autres fins que celle de l'entretien des infrastructures.

La mairesse Cathy Poirier ainsi que le directeur général de Percé, Jean-François Kacou, ont tenu à rassurer la population. Sur les 155 000 $ qui ont été prélevés [grâce à la redevance touristique], seulement 21 500 $ ont été retournés aux commerçants pour couvrir leurs frais de gestion, a expliqué le DG de la Ville.

Il reste donc 133 500 $ dans le fonds municipal. Ce compte est actuellement gelé dans les coffres de la Municipalité jusqu'à ce que la Cour tranche quant à la validité du règlement municipal qui a mis en place la redevance touristique, précise Jean-François Kacou.

Jean-François Kacou lors de la séance du conseil municipal de Percé.

Le directeur général de Percé, Jean-François Kacou, a tenu à remettre les pendules à l'heure et précisé que la grande partie des sommes dépensées proviennent bel et bien des coffres de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

Un manque de collaboration reproché

Au cours de la période de questions de la séance du conseil municipal, Jean-Claude Méthot, le propriétaire de la boutique La Marée Basse, a reproché à la mairesse de ne pas avoir été consulté dans le projet de la redevance.

Il aurait également souhaité être mis au courant du point de presse de mardi au cours duquel la mairesse et le directeur général ont présenté leur bilan. Vous ne croyez pas que ça aurait été bien mieux de vous asseoir avec nous pour trouver des solutions à la place de faire à votre tête?, a-t-il lancé à la mairesse.

Jean-Claude Méthot au micro à l'hôtel de ville au cours d'une séance du conseil municipal de Percé.

Jean-Claude Méthot, le propriétaire de la boutique La Marée Basse à Percé, ne manque pas une occasion pour exprimer son mécontentement face à la redevance touristique lors des séances du conseil municipal.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

La mairesse lui a répondu que le conseil municipal a suffisamment consulté les commerçants avant d'adopter le règlement municipal.

Nous nous sommes toujours montrés ouverts à discuter avec les commerçants. Préalablement, avant d’implanter la première version de la redevance, nous avons rencontré l'ensemble de la communauté d’affaires pour répondre à leurs questions et écouter leurs propositions, a souligné Cathy Poirier.

La mairesse considère que les séances du conseil municipal agissent à titre de consultation publique, puisqu'à pratiquement chacune de ces rencontres, le sujet de la redevance est soulevé à la période de questions.

« On offre le micro à la population librement. On pourrait rendre le micro plus contraignant et exiger un temps de parole et que des questions. [...] Je n’ai jamais voulu appliquer cette façon de faire et ainsi museler les citoyens qui s’expriment. »

— Une citation de  Cathy Poirier, mairesse de Percé
Cathy Poirier écoutant au cours d'une séance du conseil municipal.

En ce qui concerne le jugement de la Cour supérieure pour la demande d’instance en nullité, la mairesse de Percé Cathy Poirier mentionne sans aucune hésitation qu’elle interjettera appel advenant une défaite en Cour supérieure.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

Des commerçants satisfaits du premier bilan

Certains commerçants estiment que le premier bilan de la redevance demeure très satisfaisant, bien qu'il soit loin des espérances de la Ville.

Jean-François Nellis, l'un des copropriétaires de la microbrasserie Pit Caribou à Percé, juge qu'il s'agit d'un excellent point de départ pour une première année d'application de la redevance, d'autant plus que 32 entreprises boudent toujours la réglementation.

La Ville est constamment en adaptation en essayant de faire vivre un nouveau règlement. Pour un premier bilan, je trouve ça intéressant. Il y a du travail à faire, mais il s’agit d’un bon pas vers l’avant, commente Jean-François Nellis.

La façade de l'immeuble patrimonial de l'ancien magasin Robin, qui abrite aujourd'hui le pub Pit Caribou.

La microbrasserie Pit Caribou a remis ses deux versements à la Ville, affirme Jean-François Nellis. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Selon lui, le troisième paiement dû le 28 février sera beaucoup plus gros, étant donné que de nombreuses boutiques n’ont toujours pas payé leur dû.

« Je m’attends à ce que les sommes récoltées soient beaucoup plus élevées l’année prochaine. »

— Une citation de  Jean-François Nellis, copropriétaire de la microbrasserie Pit Caribou à Percé

La Ville a effectivement indiqué, lors de son bilan mardi, que des versements étaient toujours attendus au cours des prochaines semaines.

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