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Mort de Sylvio St-Pierre : 13 recommandations émises pour améliorer la sécurité

Le jury à l'enquête du coroner a conclu que la mort de l'électricien était accidentelle.

Sylvio St-Pierre tentait de réparer le moteur d’un ventilateur sur le toit de l’école lorsqu'il est tombé.

Sylvio St-Pierre tentait de réparer le moteur d’un ventilateur sur le toit de l’école lorsqu'il est tombé.

Photo : Travail sécuritaire NB

L’enquête de la coroner Emily Caissy sur la mort de Sylvio St-Pierre, décédé dans un accident de travail quand il est tombé du toit d’une école de Bathurst en avril 2019, s'est soldée par la formulation de 13 recommandations, afin d'éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.

Après trois jours d’audience et 13 témoignages, le jury composé de cinq personnes en est venu à la conclusion, mercredi au palais de justice de Bathurst, que la mort de l’électricien âgé de 58 ans était accidentelle.

Il a fait six recommandations à l’endroit du District scolaire francophone Nord-Est.

On recommande notamment que les travaux de ce type demeurent suspendus jusqu'à ce qu'un système de protection des chutes soit mis en place, qu'il y ait davantage de formation et un système de sécurité adéquat et qu'une rencontre ait lieu avant le début de travaux afin d'évaluer les dangers.

La coroner Emily Caissy y est allée de cinq recommandations auprès du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

Émily Caissy s'adresse aux médias.

Émily Caissy est la coroner qui a présidé l'enquête sur la mort de Sylvio Saint-Pierre.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Elle recommande, entre autres, la mise en place d'un système d’évaluation annuel des compétences des employés, une évaluation des bâtiments et l'établissement de procédures pour les travaux en hauteur, la création d'un poste de coordonnateur en santé et sécurité pour chaque district scolaire et la tenue d'une campagne de sensibilisation auprès des employés sur la sécurité au travail.

Elle en a ajouté deux recommandions pour le ministère des Transports et de l’Infrastructure, soit une évaluation des écoles pour voir si elles ont besoin de travaux pour rendre le travail des employés plus sécuritaire, ainsi que de considérer l'installation de points d'ancrage sur tous les nouveaux établissements utilisés à des fins pédagogiques.

Sylvio Saint-Pierre a fait une chute de plus de cinq mètres du toit de l’école Cité de l’Amitié de Bathurst, le 12 avril 2019, quand il a voulu reculer pour avoir une vue d’ensemble du travail à faire sur un ventilateur que lui et un collègue devaient réparer.

Le toit en pente de l’école ne possédait pas de points d’ancrage de sécurité.

Sylvio St-Pierre est mort après être tombé du toit de l'école Cité de l'Amitié à Bathurst.

Sylvio St-Pierre est mort après être tombé du toit de l'école Cité de l'Amitié à Bathurst.

Photo : Travail sécuritaire NB

Le District scolaire francophone Nord-Est a plaidé coupable à une accusation d’avoir omis de fournir un système de protection adéquat contre les chutes et a payé une amende de 125 000 $.

Dans son rapport daté du 4 décembre 2020, la juge Brigitte Sivret, de la Cour provinciale, a déterminé que le district était le seul responsable du décès de Sylvio Saint-Pierre.

Il faut agir, affirme le frère de la victime

Gérald St-Pierre, le frère de la victime, s’est dit satisfait des recommandations, mais il craint que le gouvernement ne les mette pas en place pour des raisons budgétaires.

Je suis content que quelque chose ait été fait et n’ait pas été enterré après le décès d’une personne chère pour nous. Cette enquête peut faire grouiller les choses, mais si le gouvernement n’est pas obligé de mettre ces mesures de sécurité, ça se peut que ce soit un autre dossier qui ramasse de la poussière , a-t-il commenté.

« Des recommandations, ce sont des suggestions. Et si le gouvernement ne met pas l’argent pour les réaliser, il n’y aura rien de fait jusqu’au prochain décès. »

— Une citation de  Gérald St-Pierre, frère de la victime

Marc Thériault, directeur des services administratifs et financiers au District scolaire francophone Nord-Est, a affirmé que l’organisation analysera attentivement toutes les recommandations émises dans cette enquête.

Sylvio était un membre de notre famille au district et cet accident a affecté beaucoup de monde. On reconnaît qu’il y avait une situation qui n'était pas idéale avant 2019 et nous avons fait beaucoup de progrès depuis, non seulement au district mais dans toute la province, indique Marc Thériault.

La coroner Emily Caissy a souligné le travail attentif du jury durant les trois jours d’audience ainsi que la qualité de leurs recommandations. Elle croit qu’il faut implanter rapidement un processus de sensibilisation sur la sécurité au travail.

« Si le district n’est pas sensibilisé, j’aurais peur que les autres recommandations ne soient pas prises au sérieux. J'espère que ça ne sera pas placé sur les tablettes. »

— Une citation de  Emily Caissy, coroner

Nombreuses lacunes

Plusieurs témoins ont fait part de nombreuses lacunes en sécurité durant les trois jours d’audience de l’enquête. Ils ont aussi mentionné des laxismes dans la formation des travailleurs et dans la communication.

Mercredi, Éloi Doucet, qui était directeur des services administratifs et financiers au District scolaire francophone Nord-Est au moment du drame, a dit accepter la responsabilité de son organisation dans ce qui s’est passé.

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L'école Cité de l'Amitié de Bathurst est une école primaire.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Il a déclaré que la volonté d'assurer la sécurité au travail au sein du district était bien réelle. Elle était par contre difficile à mettre en place en raison du manque de ressources humaines et financières, ainsi que parce que l’accent est d’abord porté sur les élèves et leur apprentissage, selon lui.

Il a souligné la lourdeur entourant la culture de la sécurité au travail et des procédures à suivre.

Le mois précédent le drame, le district avait dû se retirer d’un projet-pilote de santé et de sécurité au travail, faute de ressources humaines disponibles, a indiqué M. Doucet.

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