•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le leadership autochtone au Manitoba réclame la fouille du dépotoir Prairie Green

Un camion à benne dépose des déchets au dépotoir de Prairie Green, au nord de Winnipeg, en décembre 2022.

Un camion à benne dépose des déchets au dépotoir de Prairie Green, au nord de Winnipeg. La police pense que les restes de Morgan Harris et de Marcedes Myran se trouvent dans la décharge, mais affirme que les recherches seront beaucoup trop dangereuses et compliquées.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Des organisations de leadership autochtones du Manitoba exigent que des fouilles du dépotoir Prairie Green soient effectuées pour retrouver les restes humains de deux femmes autochtones.

L'Assemblée des chefs du Manitoba (ACM) exhorte le Service de police de Winnipeg de reconsidérer sa décision de ne pas chercher les corps de Morgan Beatrice Harris et de Marcedes Myran dans le dépotoir Prairie Green.

Ces dernières et une femme non identifiée à qui les membres de la communauté ont donné le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe, ou Buffalo Woman sont victimes d'un tueur en série présumé.

L'ACM déplore les raisons invoquées la veille par la police pour ne pas faire ces recherches.

Une mission, « qualifiée de techniquement pas possible » par les forces de l'ordre, mardi, puisque les corps se trouveraient parmi des déchets et débris déversés par 10 000 camions à ordures, en l’espace de 34 jours, 1500 tonnes de restes d'animaux, avec des débris de construction et de présence d'amiante.

L'ACM soutient que des cas récents ont montré que d'autres corps policiers canadiens ont déployé des efforts et effectué des recherches pendant plusieurs mois pour retrouver le corps de victimes dans des dépotoirs.

Cela envoie un message sombre aux femmes et aux filles des Premières Nations. Comment pouvez-vous regarder ces jeunes filles dans les yeux et leur dire que vous êtes désolés, mais que vous n'allez même pas essayer de récupérer leurs mères, affirme la grande chef de l'ACM Cathy Merrick

Cathy Merrick est la nouvelle grande cheffe de l'Assemblée des chefs du Manitoba et est photographiée devant une affiche de l'Assemblée des chefs du Manitoba le 26 octobre 2022.

Cathy Merrick est la grande cheffe de l'Assemblée des chefs du Manitoba, depuis la fin octobre. (archives)

Photo : Radio-Canada / Peggy Lam

Par ailleurs, un expert américain estime qu’il est possible de fouiller le dépotoir, en citant des exemples de réussites aux États-Unis.

Le grand chef de Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), qui représente les Premières Nations du nord de la province, Garrison Settee, soutient pour sa part qu'il est inconcevable que des recherches ne soient pas entamées dans ce dépotoir.

Je pense que les ressources existent, qu'il y a des gens capables de faire ces recherches. Les familles ont le droit de retrouver leurs êtres aimés. Avec la technologie et les gens qui ont l'expertise, c'est plus que possible d'être fait, affirme-t-il.

En ce moment, les familles ne peuvent pas faire leur deuil et il ne sera pas fait tant qu'on ne retrouvera pas les êtres aimés. Soyons tous sur la même page et soutenons ces familles.

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) Garrison Settee.

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) Garrison Settee. (archives)

Photo : Radio-Canada

Le grand chef de l’Organisation des chefs du Sud du Manitoba, Jerry Daniels, souligne pour sa part que les coûts ne devraient pas être un facteur décisionnel.

Quelque chose doit être fait, on ne peut rien faire seulement parce que ce n'est pas faisable ou parce que c'est trop coûteux, s'insurge-t-il.

L'Assemblée des chefs du Manitoba soutient que le fait que la police de Winnipeg ne déploie que des efforts minimes pour enquêter sur les cas de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées est l'une des raisons pour lesquelles les femmes autochtones sont continuellement prises pour cibles. [...] Il s'agit d'un schéma dégoûtant et d'un cycle de mépris perpétuel pour les vies des Premières Nations.

Une minute de silence à l'Assemblée des Premières Nations

À la réunion spéciale de l'Assemblée des Premières Nations, à Ottawa, une cérémonie et une minute de silence ont eu lieu, mercredi, pour honorer la mémoire de Rebecca Contois, de Marcedes Myran et de Morgan Beatrice Harris.

ambria Harris (gauche) et Kera Harris( droite) se font remettre une couverture, selon les valeurs des Premières Nations, lors d'une assemblée spéciale de l'Assemblée des Premières Nations à Ottawa, le 7 décembre 2022.

Les filles de Morgan Harris, Cambria Harris (gauche) et Kera Harris( droite) se font remettre une couverture, selon les valeurs des Premières Nations, lors d'une assemblée spéciale de l'Assemblée des Premières Nations à Ottawa, mercredi. Leur mère est l'une des victimes d'un tueur en série présumé à Winnipeg, mais son corps n'a pas été retrouvé.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Les filles de Morgan Beatrice Harris y ont répété leurs appels pour que des fouilles aient lieu dans le dépotoir, afin qu'elles puissent entamer leur deuil.

La police dit qu'il est impossible de mener ces recherches, alors que ces femmes le méritent, lance Cambria Harris.

Je suis navrée que les restes de ces femmes ne puissent pas être retrouvés. Mais c'est possible, même si cela va demander beaucoup de travail. Nous avons la technologie aujourd'hui pour faire la différence entre des restes humains et des restes d'animaux, renchérit Kera.

« Ces femmes ont droit à des sépultures appropriées. »

— Une citation de  Kera Harris, fille de Morgan Beatrice Harris

Une fonctionnaire mohawk, Kimberly Murray, qui aide les communautés autochtones à enquêter sur les tombes non marquées affirme que le refus de la police de Winnipeg de chercher les restes des femmes disparues est une violation de la dignité humaine.

Elle indique que les chefs de l'Assemblée des Premières Nations rassemblés à Ottawa prévoient discuter de la façon de répondre au fléau des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées.

Le gérant du dépotoir Prairie Green offre ses condoléances

Barry Blue, le gérant du dépotoir Prairie Green à Winnipeg, un site appartenant à la compagnie Waste Connections of Canada, affirme que son entreprise collabore avec la police de Winnipeg. Du même souffle, il présente ses condoléances aux familles des victimes.

Se limitant à peu de commentaires alors que l'enquête policière se poursuit, il confirme que les déchets sont déplacés en permanence dans le dépotoir, ce qui rend le repérage très difficile.

Avec les informations de Jérémie Bergeron, Delphine Jung et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...