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Investissement dans les écoles au N.-B. : les priorités des francophones ignorées

Malgré les surplus records de la province, les districts scolaires francophones sentent qu’on ne leur accorde que des miettes.

L'état du bâtiment de la Polyvalente Louis-J.-Robichaud à Shediac, le 3 novembre 2020.

Photo d'un mur endommagé à la Polyvalente Louis-J.-Robichaud, le 3 novembre 2020, à Shediac au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Des districts scolaires francophones au Nouveau-Brunswick se sentent laissés pour compte. Le gouvernement provincial a réalisé des surplus budgétaires records, mais ne semble pas intéressé, disent-ils, à faciliter la réalisation d’importants travaux dans les écoles.

Dans son budget d’immobilisations d'un milliard de dollars annoncé mardi, le Nouveau-Brunswick investit 110 millions de dollars en éducation pour l’exercice financier 2023-2024. Des sept écoles financées, une seule est francophone : la future École Claudette-Bradshaw, à Moncton.

Pourtant, ce ne sont pas les besoins qui manquent dans les écoles de langue française. Ils s'accumulent d'une année à l'autre si l’on n’y consacre pas l’argent nécessaire, et les outils donnés par la province n'augmentent pas, constate Francine Cyr, la présidente du conseil d'éducation du District scolaire francophone du Nord-Ouest (DSFNO).

Un surplus comme la province a dans le moment et [comme] elle a eu l'année passée, je comprends difficilement comment ça qu'il y a seulement trois projets en éducation, a-t-elle déclaré dans une entrevue, mercredi.

Tant mieux pour les écoles anglophones qui bénéficient d'investissements, dit Mme Cyr, mais nos écoles francophones aussi ont des besoins.

Écoles vieillissantes

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé cet automne un surplus record de 777 millions de dollars en 2021-2022. Il prévoit des surplus de 774 millions pour 2022-2023.

Selon Ghislaine Foulem, la présidente du conseil d'éducation du District scolaire francophone du Nord-Est (DSFNE), il ne faut pas se laisser éblouir par le montant des investissements en éducation. Avec la hausse importante du coût des matériaux de construction, et l’inflation plus généralement, c'est comme si on avait gardé le statu quo, observe-t-elle.

On se targue d'avoir donné 110 millions pour des infrastructures, par rapport aux 70 millions de l'année passée, mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas vraiment une augmentation, parce que les coûts pour les constructions de nouvelles infrastructures ont augmenté probablement du même pourcentage, a-t-elle déclaré dans une entrevue, mercredi.

Ghislaine Foulem debout pour une entrevue dans les bureaux de Radio-Canada.

Ghislaine Foulem, présidente du conseil d'éducation du District scolaire francophone du Nord-Est, en entrevue mercredi.

Photo : Radio-Canada

Dans le District scolaire francophone Nord-Est, ça fait belle lurette qu'on n'a pas vu de nouveaux projets. On sait que nos infrastructures — on en a 34 — ont une moyenne d'âge de 50 ans et plus, explique Ghislaine Foulem.

Des travaux de modernisation s’imposent pour des écoles secondaires qui sont à mi-vie à Bathurst, Caraquet et Shippagan, dit-elle, en plus de la Polyvalente W.-A. Losier de Tracadie, où les rénovations ont été mises sur la glace.

« Je ne serais attendue qu'avec les surplus financiers que le gouvernement a accumulés cette année qu'on puisse au moins donner le feu vert pour terminer ces constructions. Ce n'est pas le cas. »

— Une citation de  Ghislaine Foulem, présidente du conseil d'éducation au DSFNE

Les représentantes des deux districts scolaires ont expliqué que ceux-ci dressent la liste de leurs besoins, et que le gouvernement provincial les reclasse dans une banque de données qu’il appelle une matrice, très compliquée et complexe à comprendre, de l’avis de Ghislaine Foulem, du Nord-Est.

Un terrain de jeu désert devant l'école.

L'École Notre-Dame, à Edmundston, en janvier 2021.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Cette réévaluation des priorités par le gouvernement est souvent une mauvaise surprise pour les districts scolaires.

Ce qui est notre plus grand désarroi, c'est quand on constate que cette matrice-là, elle n'est certainement pas au service des conseils d'éducation et des districts scolaires. Elle se retrouve au service de la province, affirme Ghislaine Foulem. On a bien beau, nous autres, y aller selon nos évaluations, qui sont faites par nos experts dans nos districts [...] selon les besoins de nos communautés. Malheureusement, c'est comme si c'était un travail perdu.

« On a des priorités nous autres aussi, et c'est décevant de voir que nos priorités s'en vont dans le bas de la liste. »

— Une citation de  Francine Cyr, présidente du conseil d'éducation au DSFNO

On a l'École Notre-Dame qui déborde. Je ne sais pas comment on va finir par régler le problème, mais c'est une école très achalandée, avec un petit terrain — donc il n'y a pas de possibilité d'agrandissement, explique Francine Cyr, dans le Nord-Ouest. On a l'École Sainte-Anne qui a besoin d'améliorations et l'École Saint-Jacques qui a besoin d'améliorations.

Pour le moment, on pense qu'on a, comme à l'habitude, rien. On n'est pas vraiment surpris, mais certainement très déçus. Ça fait plusieurs années que le District scolaire francophone Nord-Est est un petit peu laissé de côté par rapport aux nouvelles infrastructures ou à la finition de certaines écoles, constate de son côté Ghislaine Foulem.

Avec les surplus financiers qu'on a cette année, on aurait pu au moins donner un coup de pouce, conclut Mme Foulem. C'est tout à fait inacceptable et incompréhensible.

D’après le reportage de Sarah Déry

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