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Trudeau s’inquiète d’un contrat de la GRC attribué à une entreprise liée à la Chine

Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau trouve « troublant » qu'un contrat de télécommunications de la GRC ait été attribué à une entreprise liée à la Chine.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Justin Trudeau s’est dit stupéfait d’apprendre mercredi dans un article du journaliste Marc Godbout, de Radio-Canada, qu’un contrat gouvernemental a été octroyé à une entreprise étroitement liée à la Chine pour fournir et entretenir de l'équipement radio de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le contrat d'un demi-million de dollars canadiens pour un système destiné à sécuriser les communications radio terrestres de la police fédérale canadienne a été octroyé – selon les informations de Radio-Canada – en octobre 2021 à l'entreprise Sinclair Technologies, basée en Ontario mais contrôlée depuis 2017 par la société chinoise Hytera Communications.

Hytera Communications est détenue en partie par le gouvernement chinois et ses produits sont interdits de vente aux États-Unis. Cela alimente les inquiétudes au Canada quant à un accès potentiel de la Chine aux communications de la police canadienne dans un contexte de tensions entre les deux pays.

Je trouve cela troublant que malgré les mises en garde de nos agences de sécurité contre des ingérences étrangères dans nos institutions et nos structures, des responsables canadiens ont signé des contrats dont le niveau de sécurité est douteux pour nos opérations et pour la sécurité nationale de nos institutions comme la police fédérale du Canada, a dit Justin Trudeau lors d'une conférence de presse en marge d'un sommet de l'ONU sur la biodiversité qui a lieu à Montréal.

Les responsables des marchés publics fédéraux ont indiqué à Radio-Canada que la sécurité nationale n'avait pas été prise en compte dans l'attribution du contrat.

Le premier ministre a déclaré qu'il avait de vraies questions pour les fonctionnaires qui ont signé le contrat et que son gouvernement prévoit revoir les protocoles de sécurité par rapport aux appels d'offres.

D'autres fonctionnaires dans d'autres parties de notre gouvernement sont en train de signer des contrats avec des compagnies qui ne sont probablement pas des partenaires fiables en matière de sécurité, a dénoncé M. Trudeau.

Le gouvernement doit aussi s'assurer que le Canada ne signe pas des contrats avec le moins-disant et nous expose ensuite à des failles en matière de sécurité, a lancé M. Trudeau.

Nous allons suivre ce dossier, a insisté le premier ministre en promettant de s'assurer que les technologies de communication utilisées par le gouvernement et ses agences seraient sécurisées.

La GRC s'est dite confiante dans le fait que le système, qui est en cours d'installation, serait sécurisé.

Le régulateur américain des télécommunications considère Hytera comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a interdit en novembre la vente de ses nouveaux produits sur le marché américain, tout comme ceux de Huawei.

L'entreprise Hytera est aussi poursuivie en justice aux États-Unis par son concurrent américain Motorola, qui l'accuse d'espionnage industriel, ce qu'elle nie.

Charge en règle de l’opposition contre le gouvernement

[De] rentrer le proverbial renard dans le proverbial poulailler, de donner accès aux codes des systèmes de sécurité les plus intimes de l’État canadien... Et ni le premier ministre ni la GRC n’ont jugé pertinent de recevoir les signaux d’alerte venus de Chicago ou de prendre une alternative sécuritaire à propriété canadienne, a condamné le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Le contrat devrait être annulé. Justin Trudeau doit en prendre la responsabilité, il est à la tête du gouvernement et c’est un contrat du gouvernement, s’est insurgé le chef conservateur Pierre Poilievre devant les journalistes juste avant la période de questions de mercredi. Pour M. Poilievre, il y a des risques à accepter que des pays ou des entreprises détenues par des gouvernements réputés pour leur espionnage vendent de la technologie destinée aux télécommunications canadiennes.

« C’est digne d’un roman d’espionnage, mais les personnages d’un tel roman ne seraient jamais aussi incompétents [que les personnes qui ont octroyé le contrat]. »

— Une citation de  Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur

Les 21 accusations d’espionnage déposées aux États-Unis contre Hytera auraient dû soulever des inquiétudes à propos de l’offre de Sinclair Technologies, selon lui, une réflexion partagée par le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

On pourrait penser que le Canada suit un protocole approprié pour s'assurer que nos informations, aussi sensibles qu'elles puissent l’être dans une agence de police fédérale, ne font pas l'objet d'une grave menace ou d'une intrusion, a déclaré M. Singh. Il faut améliorer le processus de protection de notre vie privée et de la sécurité de nos systèmes d'information, d'autant plus qu'ils sont reconnus comme le principal risque à la sécurité de notre pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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