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Les organismes de lutte contre l’itinérance sonnent l’alarme à l’approche de l’hiver

Des tentes où des itinérants dorment en plein hiver.

Il arrive fréquemment que certaines personnes itinérantes préfèrent dormir à l'extérieur, même l'hiver (archives).

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Radio-Canada

À l'approche de la saison hivernale, les organismes de lutte contre l'itinérance de partout au Québec s'inquiètent du manque de toits disponibles pour héberger les personnes en situation d'itinérance. S'il est vrai que ce problème revient d'un hiver à l'autre, les besoins semblent particulièrement criants cette année en Outaouais.

Il y a une aggravation exponentielle de l'itinérance depuis 2018 et encore plus depuis la pandémie, rappelle Nick Paré, coordonnateur au Collectif régional de lutte contre l'itinérance en Outaouais (CRIO). Les autorités doivent assumer leurs responsabilités. Il faut que la politique nationale de lutte contre l'itinérance soit appliquée, poursuit-il.

« Il pourrait y avoir au moins 40 personnes obligées de dormir dans la rue cet hiver à Gatineau, sans compter celles qu'on ne connait pas et qui sont peut-être excentrées du centre-ville. »

— Une citation de  Nick Paré, coordonnateur au CRIO

Le manque de logements sociaux est une fois de plus montré du doigt pour expliquer la gravité de la situation.

On accompagne souvent les gens vers des possibilités de sortie, mais quand le logement est difficile à obtenir, c'est difficile, confirme Jeneviève Caron, directrice adjointe à la section santé mentale et dépendance du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

Alors qu'on constate une croissance des besoins, les travailleurs sociaux disponibles pour y répondre se font de plus en plus rares, ce qui ne fait qu'accentuer le problème.

Il y a une pénurie de main-d'œuvre et on a besoin de personnes qui sont formées à travailler avec des gens qui ont des problèmes complexes de santé mentale, mais il n'y a pas énormément de gens qui ont envie de travailler dans le communautaire, déplore M. Paré.

Le CISSSO se veut rassurant

Le CISSS de l'Outaouais reconnaît qu'il s'agit d'un problème de taille, mais cet organisme de santé publique estime être suffisamment préparé pour répondre à la demande grandissante.

On s'est assurés d'avoir un espace suffisamment grand. Pour l'instant, on ne sait pas combien de personnes auront besoin d'une halte chaleur, mais au Centre Robert-Guertin, c'est assez grand et il y a assez de personnel pour accueillir tous les citoyens qui en auront besoin, insiste Mme Caron.

Le CRIO est toutefois d'avis que ces conditions ne permettent pas nécessairement aux usagers de vivre dans la dignité.

Des gens se retrouvent à dormir dans les haltes chaleur, mais ces haltes ne servent pas à ça. Ça sert à se reposer et à se réchauffer, souligne Nick Paré.

Nick Paré en entrevue.

Nick Paré est coordonnateur du Collectif régional de lutte contre l'itinérance en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Cette initiative devrait tout de même profiter à des dizaines de citoyens de Gatineau tout au long de l'hiver 2022-2023.

La halte à l'aréna Robert-Guertin est ouverte depuis deux semaines. C'est l'endroit où les services se trouvent : la Soupe populaire de Hull est tout près et les services en lien avec les dépendances aussi, donc le secteur est le mieux adapté aux besoins, conclut Jeneviève Caron.

Le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) a d'ailleurs écrit une lettre au ministère de la Santé et des Services sociaux dans laquelle cet organisme assure qu'il faut dresser un portrait de la situation dès maintenant.

Des données à jour permettraient de déployer des mesures hivernales dans toutes les régions du Québec afin d'éviter que des gens meurent de froid cet hiver, explique le RSIQ dans une déclaration par courriel.

Avec les informations de Rémi Authier et de Julien David-Pelletier

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