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La grotte de Ville-Marie sera démolie

La grotte Notre-Dame-de-Lourdes de Ville-Marie.

La célèbre grotte Notre-Dame-de-Lourdes de Ville-Marie devra être démolie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La grotte Notre-Dame-de-Lourdes de Ville-Marie, lieu illustre du patrimoine religieux du Témiscamingue, devra être démolie.

Le comité chargé d’évaluer l’état de la grotte en est arrivé à la conclusion que cette dernière est devenue trop dangereuse et que la démolition se veut la solution qui s’impose.

Le Comité de la Grotte et la Fabrique de la Paroisse Notre-Dame-du-Rosaire ont présenté les résultats des études aux citoyens du Témiscamingue lors d’une rencontre d’information, mercredi soir.

Le comité présentera formellement sa recommandation à la Ville lors de la prochaine séance du conseil municipal, qui se tiendra le 19 décembre.

Manon Gauthier devant la grotte de Ville-Marie.

Manon Gauthier, directrice des loisirs, des sports et des espaces verts à la Ville de Ville-Marie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La directrice des loisirs, des sports et des espaces verts à la Ville de Ville-Marie et responsable du Comité de la Grotte, Manon Gauthier, affirme que la décision n’a pas été prise de gaieté de cœur.

Ce n'est pas parce que ça nous fait chaud au cœur, évidemment. On aurait aimé mieux qu’elle soit saine pour un autre 100 ans, mais ce n’est pas le cas. La Ville, sa priorité, c’est la sécurité des citoyens. C’est donc pour ça que le comité va faire cette recommandation au conseil municipal, explique-t-elle.

Un projet à l'étude pour remplacer la grotte

Manon Gauthier souligne que des démarches ont déjà été entreprises afin d’éventuellement construire une structure qui remplacera la grotte actuelle.

On aurait pu s’arrêter à dire : "elle est dangereuse, on va la démanteler", mais le comité, on a été vraiment impressionnés par le sentiment d’attachement que les gens avaient. Donc, on a essayé de trouver comment faire pour trouver une solution, même si on sait qu’il n’y a rien qui va remplacer intégralement ce qui existe en ce moment, mentionne-t-elle.

« On a donc travaillé avec la firme ARTCAD de Rouyn, qui a modélisé un éventuel futur projet pour essayer de recréer ce lieu et que les gens puissent revenir s’y recueillir et apprendre notre histoire parce que ce lieu de patrimoine religieux a existé, il fait partie de l’histoire de Ville-Marie. Les plus jeunes qui vont arriver pourront en prendre connaissance quand ils vont venir ici. »

— Une citation de  Manon Gauthier
Une grotte.

Croquis du projet à l'étude afin de remplacer la grotte actuelle.

Photo : ARTCAD

Si le projet à l’étude venait à se réaliser, la nouvelle grotte pourrait avoir des allures de celle présentement en place, lorsque observée à distance.

Quand on va se reculer, on va voir la grotte intégralement comme on la voit aujourd’hui. Elle pourrait être faite de panneaux d’acier situés les uns derrière les autres et distanciés de 20 à 24 pouces. Les panneaux auraient des tailles différentes pour représenter l’effet grotte. C’est ce qui est dans les cartons présentement, mais ça ne veut pas dire que c’est la proposition définitive. Ça fait un an qu’on travaille à trouver la meilleure proposition qui va venir rejoindre les critères qu’on avait pour essayer de recréer le lieu le plus intégralement possible. C’est ce qu’on a proposé hier [mercredi] et c’est ce sur quoi on va continuer à travailler ces prochains mois et ces prochaines années, indique Mme Gauthier.

Un attachement qui dépasse les limites de Ville-Marie

Pour Manon Gauthier, l’attachement des citoyens envers la grotte dépasse largement le territoire de Ville-Marie.

On parle des gens de Ville-Marie, mais ça va vraiment au delà de ça parce que dans la démarche patrimoniale qu’on a menée, on s’est rendu compte à quel point elle avait un impact dans toute la communauté du Témiscamingue et même dans le diocèse de Rouyn-Noranda et dans le Nord-Est ontarien. Il y a plusieurs écrits qui ressortent par rapport à l’attachement des gens envers le lieu, relate-t-elle.

Des dizaines de personnes sont rassemblées devant l'entrée d'une grotte où des religieux tiennent une cérémonie.

De nombreux événements à caractère religieux se sont tenus à la grotte Notre-Dame-de-Lourdes au fil des années, dont ce «pageant» en 1956.

Photo : gracieuseté Société d’histoire du Témiscamingue

Les liens d’attachement évoqués par les citoyens lors de la démarche du Comité de la Grotte sont par ailleurs fort variés, ajoute Mme Gauthier.

On se rend compte que chaque tranche d’âge a sa propre raison pour être attachée à la grotte. Certains venaient pour un côté religieux, d’autres venaient pour la piste d’hébertisme, qui n’est plus là mais qui a été très occupée. D’autres venaient dans le temps de leurs parents qui s’impliquaient bénévolement à l'époque des "pageants", de la pièce de théâtre ou lors du 15 août, pour la célébration de Marie. Il y en a aussi pour qui c’est le lieu de plein air, qui viennent et qui se souviennent quand ils étaient enfants, qu’ils venaient escalader la montagne en avant et qui venaient se perdre dans tous les sentiers, énumère-t-elle.

Une stèle représentant la neuvième étape du Chemin de croix.

Les stèles représentant les différentes étapes du Chemin de croix, reliques du patrimoine religieux du Parc de la Grotte, ont été nettoyées et mises en valeur.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

« Chaque personne a un grand sentiment d'appartenance, mais vraiment pour des raisons fort différentes. C’est ce que l’étude patrimoniale nous a révélé. »

— Une citation de  Manon Gauthier

Un lieu de plein air accessible

Au-delà de son caractère religieux et patrimonial, Manon Gauthier soutient que le Parc de la Grotte a été aménagé pour rendre le plein air le plus accessible possible à l’ensemble de la population du Témiscamingue.

Une vue sur la ville de Ville-Marie et le lac Témiscamingue à partir d'une colline.

Les sentiers du Parc de la Grotte offrent une belle vue sur le lac Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

C’était dans les premières demandes du conseil quand on a fait l’acquisition de la grotte. C’était de rendre ce lieu de plein air disponible pour la population. Ç'a été la démarche sur laquelle on a travaillé le plus fort pour la mener à terme. On était dans la COVID, on voulait que les gens aient une place pour aller pratiquer du plein air à proximité. On a 7,3 kilomètres de sentiers. Des sentiers vraiment très courts qu’on nomme "promenades" en hommage aux pageants et au Chemin de Croix, où on peut retrouver les stèles. Les autres, ce sont des sentiers plus intermédiaires où on peut passer quelques heures, autant l’été que l’hiver, décrit Mme Gauthier.

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