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Débordements à l’Université de Sherbrooke : les « 5 à 8 » suspendus pour deux semaines

Trois verres de bière.

Des incidents survenus la semaine dernière ont poussé l'Université à suspendre les « 5 à 8 » jusqu'en janvier.

Photo : iStock / m-gucci

Radio-Canada

Surconsommation d'alcool, personnes transportées en ambulance, acte de vandalisme, alarme incendie déclenchée : afin de rendre les « 5 à 8 sécuritaires et respectueux », l'Université de Sherbrooke suspend ces soirées pour deux semaines. Cette décision a été prise conjointement avec les associations étudiantes.

Katherine Brien, étudiante à la maîtrise en sciences politiques, fréquente régulièrement les « 5 à 8 » de la Faculté de génie. Elle était sur place la semaine dernière lorsque plusieurs ambulances ont été dépêchées sur les lieux.

Une demi-heure avant la fin, la musique a été arrêtée et on nous a demandé de sortir, explique-t-elle. C'était un peu la panique parce qu'il y avait des ambulances à l'extérieur. [...] La semaine dernière, il y a eu trois cas de personnes qui sont parties en ambulance.

« On nous a dit que c'était vraiment des cas sérieux. C'est la première fois que je vois ça. Je sais aussi que dans la Faculté de droit, un système d'incendie a été déclenché. [...] La semaine dernière, c'était vraiment une semaine chaotique dans les facultés. »

— Une citation de  Katherine Brien, étudiante à la maîtrise en sciences politiques

La secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante à l'Université de Sherbrooke, Jocelyne Faucher, explique que ces événements nous font dire qu'il est temps de prendre une pause et de repartir avec un [rappel des] mesures qu'on met en avant pour la prévention des abus d'alcool. il faut que nos activités sociales avec alcool se déroulent de façon festive mais soient tout à fait respectueuses.

Mme Faucher soutient que les mesures seront réévaluées pour savoir s'il est nécessaire de réajuster le tir ou encore de mettre en œuvre de nouvelles mesures qui répondent aux changements.

« Ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire. Il va arriver de temps à autre qu'on doive prendre une pause, que quelques événements nous fassent dire qu'on a une maîtrise insuffisante de nos mesures. »

— Une citation de  Jocelyne Faucher, secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante à l'Université de Sherbrooke
La secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante à l'Université de Sherbrooke, Jocelyne Faucher.

La secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante à l'Université de Sherbrooke, Jocelyne Faucher

Photo : Radio-Canada

Compréhension mais surprise de l'AGEFLESH

Guillaume Bernard, président de la Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS), a rencontré la direction de l'Université pour parler de ses préoccupations. On avait un manque d'assurances que tout allait bien se passer. On n'avait pas cette certitude cette semaine. C'est pour ça que la décision a été prise un peu à la dernière minute, admet-il.

La coordonnatrice à l'Association générale étudiante de la Faculté des lettres et des sciences humaines (AGEFLESH), Jade Desharnais-Morin, soutient que les membres de la direction ont été compréhensifs mais surpris par cette décision rapide. On se doutait qu'il y aurait des mesures prises, mais pas à ce qu'on apprenne à quelques jours de préavis que même celui de cette semaine serait annulé, souligne-t-elle.

Les "5 à 8" sont une façon de financer les autres activités étudiantes. Ça donne un coup, admet pour sa part la responsable aux affaires socioculturelles à l'AGEFLESH, Sophie Boudreau.

La coordonnatrice à l'AGEFLESH, Jade Desharnais-Morin, et la responsable des affaires socioculturelles, Sophie Boudreau, devant la Faculté des lettres et des sciences sociales.

La coordonnatrice à l'AGEFLESH, Jade Desharnais-Morin, et la responsable des affaires socioculturelles, Sophie Boudreau

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Malgré les efforts déployés par les associations étudiantes pour bien encadrer ce type d'activité, Jade Desharnais-Morin admet que des débordements peuvent survenir.

En contexte post-pandémique, je pense que les gens ont repris leurs activités socioculturelles de façon assez intense. C'est assez connu, les "5 à 8" : beaucoup d'alcool pas cher en peu de temps, souligne-t-elle.

Même si la réaction de nombreux étudiants a été très vive et qu'ils sont nombreux à être déçus d'être privés de festivités jusqu'au retour des Fêtes, Jade Desharnais-Morin soutient qu'elle perçoit une volonté réelle de l'Université de ramener ce type de soirée le plus rapidement possible.

« On voit que le rectorat veut travailler avec nous. C'est dans l'optique qu'on travaille tous ensemble pour mettre en place de meilleures stratégies, que ça se passe dans des circonstances plus adaptées. »

— Une citation de  Jade Desharnais-Morin, coordonnatrice de l'AGEFLESH

Davantage de prévention

Selon l'étudiante Katherine Brien, aux débordements des dernières semaines s'ajoute une autre préoccupation : celle pour plusieurs étudiantes d'être victimes de la drogue du viol (GHB).

Affirmant avoir été témoin d'une affaire ayant impliqué du GHB lors d'un « 5 à 8 » au début de l'année, elle juge qu'il est primordial de sensibiliser davantage et de trouver de nouvelles solutions pour prévenir de telles situations inacceptables.

Aucun cas d'intoxication involontaire au GHB n'a été rapporté officiellement à l'Université, mais la vice-rectrice Jocelyne Faucher soutient être consciente qu'il s'agit d'un phénomène social à prendre en considération.

Comme les violences à caractère sexuel et le harcèlement, on va prendre ça à bras-le-corps et [savoir] quelles mesures [instaurer] pour prévenir et responsabiliser, soutient-elle.

Si elle n'en a jamais été témoin, Jade Desharnais-Morin soutient elle aussi qu'il est essentiel d'accentuer la vigilance.

Majoritairement, ce sont des gens qui ne savent pas si ça s'est passé dans les 5 à 8 ou après [...]. Mais oui, dans notre population étudiante, c'est arrivé, et il y a toujours des soupçons que ça puisse arriver. On garde toujours un œil là-dessus avec nos bénévoles. On fait beaucoup de prévention.

Guillaume Bernard admet à son tour que le sentiment de sécurité préoccupe beaucoup la FEUS et, sans tirer de conclusion, il propose certaines solutions, par exemple des couvercles de protection, pour renforcer la sécurité des fêtards.

Jocelyne Faucher rappelle par ailleurs que les étudiants sont des adultes et qu'il faut aussi mettre l'accent sur la prévention pour éviter tout débordement. On n'est pas dans une logique d'interdiction. [...] On apprend aux étudiants à faire des activités festives respectueuses.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau

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