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La ministre Murray invite les pêcheurs pélagiques à changer de métier

La ministre des Pêches et des Océans, Joyce Murray.

Joyce Murray suggère aux pêcheurs de se tourner vers des programmes de formation. (Archives)

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

La ministre responsable des Pêches et des Océans Joyce Murray reste sourde aux demandes des pêcheurs touchés par le moratoire sur la pêche printanière au hareng et au maquereau.

La ministre des Pêches et des Océans (MPO), Joyce Murray, invite les pêcheurs pélagiques à envisager une réorientation professionnelle et refuse toujours de verser une compensation aux pêcheurs.

C’est ce qu’elle a indiqué lors de sa comparution devant le Comité permanent des Pêches et des Océans. Il y a l’assurance-emploi. Le ministre est en train de créer de nouveaux programmes avec des occasions pour augmenter l’éducation de ceux dont le travail n’est plus disponible, a-t-elle ajouté.

Joyce Murray a expliqué que son ministère privilégiait la pérennité de la ressource. Les pêcheurs et leur communauté sont une priorité, a-t-elle reconnu, mais fondamentalement la conservation doit être respectée. Si on ne la respecte pas, il n'y aura aucune occasion de faire la pêche pour leurs enfants et leurs petits-enfants. C'est à nous de nous assurer que ça va durer pour les générations à venir.

La ministre répondait ainsi aux questions de la députée bloquiste et vice-présidente du Comité, Caroline Desbiens, qui la talonnait afin qu’elle indemnise les pêcheurs pour les pertes subies par l’imposition d’un moratoire à deux jours d’avis. D'ailleurs, les pêcheurs pélagiques ont été entendus cet automne par le Comité permanent des Pêches et des Océans.

Des prises de hareng dans la Péninsule acadienne.

Des prises de hareng dans la Péninsule acadienne (archives)

Photo : Nicolas Steinbach, Radio-Canada Acadie

La porte-parole du Bloc québécois en matière de pêcheries juge cette réponse très décevante. Elle nous répond qu’il n’y a pas ça de prévu dans son ministère, que ce n’est pas son ministère qui verse de l’argent. Mme Desbiens rappelle que ces compensations ont pourtant été offertes aux pêcheurs par le MPO lors du moratoire sur la pêche aux poissons de fond.

Les pêcheurs sont de plus dans l’incertitude quant à la durée de ce moratoire. Je ne pense pas qu’ils vont l’ouvrir demain matin, commente Lauréat Lelièvre, secrétaire du regroupement des pêcheurs pélagiques du sud de la Gaspésie.

Une réorientation de carrière comme solution de rechange à la perte de son gagne-pain paraît bien futile. Elle veut nous former en tant que je ne sais pas quoi, là, dit-il.

« Si je comprends bien, on m'envoie à l'école, mais pour apprendre quoi? Je sortirais comme infirmier à quoi? 70 ans? »

— Une citation de  Lauréat Lelièvre, secrétaire du regroupement des pêcheurs pélagiques du sud de la Gaspésie

Interpellée par Radio-Canada, la ministre des Pêches n'a donné aucune réponse sur d'éventuelles mesures pour aider les pêcheurs.

Des propositions

Lauréat Lelièvre est déçu. Les pêcheurs espéraient obtenir des compensations financières ou des ajustements dans la répartition des quotas. Ça n'a aucun sens, commente-t-il. Ça fait quand même 47 ans que j’apporte du poisson sur la table des Québécois grâce aux appâts que je fournis aux pêcheurs, et on n'est pas plus récompensés que ça?

Image rapprochée de maquereaux pêchés déposés dans un bac.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a mis le maquereau sur la liste des espèces dont le statut doit être réévalué en priorité. (Archives)

Photo : Radio-Canada

M. Lelièvre croit que la ministre aurait pu creuser davantage pour trouver des solutions permettant aux pêcheurs de rester dans leur domaine. Qu'elle nous dirige vers d'autres pêches, d'autres secteurs. Elle pourrait sortir un petit quota de maquereaux pour les plus affectés par la fermeture de la pêche, suggère-t-il.

Il rappelle que les Américains continuent de pêcher : Eux pêchent, mais nous on ne pêche plus. Puisqu’il s’agit du même stock de maquereaux, Lauréat Lelièvre s’interroge de plus sur l’efficacité du moratoire.

Il ajoute que la pêche à l’hameçon, comme il la pratique, est une pêche sélective, où on ne pêche que les plus gros poissons, et durable. On ne pêche pas à grand volume. Pour prendre 150 000 livres de poisson, il faut que je pêche de 15 à 18 semaines, six ou sept jours par semaine, explique M. Lelièvre.

Il estime qu’une telle pêche pourrait très bien devenir une pêche sentinelle qui aiderait les scientifiques à prendre le pouls de la ressource. Ça pourrait continuer à faire vivre les quelques pêcheurs qui sont affectés par la fermeture.

Lauréat Lelièvre comme Caroline Desbiens seront à Sainte-Anne-des-Monts vendredi, ainsi que d’autres députés du Bloc québécois de l’Est-du-Québec, à l’occasion d'une rencontre sur les pêches qui portera plus spécifiquement sur les enjeux liés à la baleine noire.

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