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Itinérance : la réalité est pire que l’on pense au pays, selon une étude

Gros plan sur la main tendue d'un homme en situation d'itinérance.

Les chiffres disponibles ne montrent qu'une partie de ce qui se passe réellement au Canada, selon une étude ontarienne.

Photo : Getty Images / RapidEye

Radio-Canada

Un projet mené par l'Institut de recherche en santé Lawson, à London, en Ontario, révèle que des lacunes dans les données brouillent le véritable portrait de l'itinérance au Canada et empêchent certaines régions d'obtenir le financement dont elles ont besoin.

Les résultats préliminaires du projet de recherche Homelessness Counts ont été présentés mardi. Le projet a permis de recueillir des données au cours des 12 derniers mois auprès de 28 collectivités de chaque province et territoire du Canada dont la population de sans-abri est en augmentation.

L'initiative a également permis d'examiner comment les bases de données existantes, telles que les données provinciales sur la santé, pourraient être mieux utilisées pour déterminer avec plus de précision le nombre de personnes sans abri et les raisons de cette situation.

L'expérience de l'itinérance varie considérablement à travers le Canada, explique Cheryl Forchuk, directrice scientifique adjointe à l'Institut Lawson. Développer des sources de données plus précises liées à l'itinérance permet de s'assurer que les soutiens et les services appropriés sont disponibles.

Selon elle, les méthodes actuelles de recensement des sans-abri sous-estiment la réalité. Elle explique que les chiffres recueillis ont tendance à être inexacts ou redondants, à ne pas tenir compte des sans-abri cachés, par exemple.

C'est le scénario de la poule et de l'œuf dans nos régions rurales et éloignées. Dans de nombreux cas, il n'y a pas de service consacré aux sans-abri, ce qui fait qu'ils n'ont pas de données, mais ils ne peuvent pas obtenir de services parce qu'ils n'ont pas de données. Cela finit par être un peu un cercle vicieux, souligne la chercheuse.

Selon elle, le pourcentage d'Autochtones sans abri est notamment beaucoup plus élevé dans les zones rurales que dans les zones urbaines, et l'absence de données signifie qu'ils n'ont pas été pris en compte.

Les chiffres actuels ne montrent qu'un tiers de ce qui se passe réellement au Canada, estime l'étude.

Une femme fait une présentation. Une diapositive est visible derrière elle avec des détails sur les chercheurs de l'étude.

Cheryl Forchuk, directrice scientifique adjointe à l'Institut Lawson, a présenté mardi les premiers résultats du projet Homelessness Counts.

Photo : CBC/Angela McInnes

Des sous-groupes émergents négligés

Les chercheurs du projet Homelessness Counts ont utilisé un algorithme qui tient compte des données sur la santé pour obtenir de meilleurs chiffres que ceux des méthodes traditionnelles qui reposent sur le fait que les personnes qui ont accès aux services offerts aux sans-abri se déclarent comme telles.

L'étude dévoile une augmentation dans l'éventail des sous-groupes de sans-abri. Les sous-populations défavorisées au Canada sont variées et englobent des jeunes, des personnes âgées, des femmes, des personnes qui consomment des substances, des autochtones, des personnes de la communauté 2SLGBTQ+, des étudiants et des adultes ou jeunes ayant des déficiences développementales ou cognitives.

Pendant le projet, des groupes de discussion ont par ailleurs été organisés. Au cours de ces discussions, 400 personnes sans-abri ou ayant récemment connu l'itinérance ont été interrogées. Sur ce nombre, 16 % vivaient l'itinérance pour la première fois et ont déclaré avoir des difficultés à se retrouver dans les services disponibles en raison de la pandémie.

Des prestataires de service ont aussi été consultés.

Une chose positive qui ressort de cette étude est que les collectivités commencent à reconnaître que n'importe qui peut être vulnérable à l'itinérance, souligne Mme Forchuk. Je vois dans certaines communautés des organisations de base se former, et les gens considérer cette population comme leurs voisins, parce qu'ils le sont vraiment.

Les résultats préliminaires du projet doivent être présentés à nouveau dans les prochaines semaines. Par la suite, l'équipe de recherche retournera dans certaines communautés sondées pour obtenir des commentaires sur les solutions possibles.

Avec des informations de CBC

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