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Rendre les CPE plus accessibles pour les enfants vulnérables

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Québec compte accorder des places en garderie en se basant sur de nouveaux critères de priorisation. L'âge, l'environnement familial et la santé des enfants seront notamment pris en compte (archives).

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Avec ce qu’elle surnomme son « grand chantier », la ministre de la Famille, Suzanne Roy, tente de rendre plus accessible le réseau de services de garde de la province.

La réforme proposée comporte deux volets. Le premier avait déjà été annoncé cet été : la création d’un guichet unique qui permettrait aux parents de voir non seulement le nombre de places et de groupes dans chacun des services de garde mais aussi le nombre d’enfants inscrits sur les listes d'attente.

Le deuxième a été dévoilé mardi : Québec propose de créer une grille de points qui serait gérée par un système central administré par son ministère. Des points seraient attribués à chaque enfant en fonction de critères prioritaires définis par le gouvernement.

« On tente de rendre le processus plus transparent pour les parents. »

— Une citation de  Suzanne Roy, ministre de la Famille

Le nouveau système de priorisation proposé par Québec favoriserait notamment les enfants plus âgés, les enfants de parents immigrants, les enfants qui souffrent d’un handicap ou encore ceux qui sont issus d’une famille en situation financière précaire, par exemple.

ENTREVUE

Suzanne Roy indique vouloir faciliter l'accès aux services de garde de la province (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Cloutier

La ministre Roy estime que sa réforme – qu'elle aimerait mettre en œuvre en 2024 – pourrait offrir un meilleur filet social aux enfants plus vulnérables. Le vérificateur général du Québec et la protectrice du citoyen ont trouvé qu’il y avait peu d’enfants vulnérables dans nos classes, indique-t-elle.

Le milieu est incrédule pour l’instant

Selon la directrice du Réseau des services à la petite enfance de l’Est du Québec (RESPEQ), Anik Truchon, des enfants à besoins particuliers sont toutefois déjà présents dans plusieurs CPE de la région.

Elle salue tout de même le projet annoncé. C’est une bonne nouvelle que le ministère favorise le service de garde pour ces enfants-là. Par contre, on a quand même des réserves, dit-elle.

Le fonctionnement même du programme de priorisation est difficile à saisir, selon elle. Si les places sont accordées en fonction de différents critères, alors comment hiérarchiser les priorités?

« Si un enfant de trois ans situé au haut de la liste d’attente est suivi d’un enfant plus jeune mais handicapé, qui aura la priorité? »

— Une citation de  Anik Truchon, directrice du Réseau des services à la petite enfance de l’Est-du-Québec

Les détails sur la priorisation des enfants n’ont toujours pas été dévoilés par Québec. L’objectif n’est pas de faire de la compétition [entre les familles], affirme cependant la ministre Roy.

Mme Truchon se questionne également sur la disponibilité des ressources nécessaires pour mettre la réforme en œuvre.

Anik Truchon pose pour la photo.

Anik Truchon, directrice du Réseau des services à la petite enfance de l’Est-du-Québec (RESPEQ), souhaite que la réforme annoncée puisse aider les familles dans le besoin à recevoir un meilleur soutien pour prendre soin de leurs enfants (archives).

Photo : Radio-Canada / Crédit photo : Valérie Dunn

Qu'est-ce que le ministère offrira comme soutien? On aura besoin d’éducateurs spécialisés, d’agents de soutien pédagogique… Comment le ministère assurera-t-il ce soutien?

Elle mentionne également que les services de garde régis par Québec sont contraints de respecter des ratios précis, par exemple le nombre d’enfants par groupe. Les gestionnaires des garderies se doivent d’offrir un service de qualité, dit-elle.

Suzanne Roy croit toutefois que les démarches entamées par son ministère au cours des dernières années porteront fruit.

On a mis en place plusieurs programmes pour valoriser le travail des éducatrices afin d’en avoir plus dans le réseau. Elle fait notamment référence au rehaussement salarial annoncé l’automne dernier.

Elle avance également que son ministère analyse les divers moyens disponibles pour assurer une offre de services équitable dans toute la province et pour éviter que les régions éloignées subissent les conséquences du manque de main-d’œuvre. Elle ne précise toutefois pas la nature des options explorées par le ministère.

D'après des entrevues réalisées par Bis Petitpas et par Éric Gagnon

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