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Un expert américain estime qu’il est possible de fouiller le dépotoir Prairie Green

Toute recherche serait probablement extrêmement difficile, longue et coûteuse, précise cependant Eric Bartelink.

Un camion à ordures.

La police de Winnipeg pense que les restes de deux femmes reposent quelque part dans le dépotoir de Prairie Green, au nord de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Un policier scientifique californien affirme qu'il est possible de retrouver les restes de deux femmes de Winnipeg qui, selon la police, pourraient se trouver quelque part dans le dépotoir Prairie Green, situé dans la municipalité rurale de Rockwood, au nord de la capitale manitobaine.

Eric Bartelink, professeur d'anthropologie et directeur du laboratoire d'identification humaine de l'Université d'État de Californie, à Chico, aux États-Unis, déclare que les femmes peuvent encore être trouvées.

D’après lui, cela reste possible, même après le fait que la police de Winnipeg a décidé de ne pas lancer de recherches.

« Je pense qu'il est possible, avec suffisamment de main-d'œuvre et d'expertise sur place, de retrouver les corps, potentiellement. »

— Une citation de  Eric Bartelink, directeur du laboratoire d'identification humaine de l'Université d'État de Californie à Chico

L’espoir n’est pas perdu

Morgan Harris et Marcedes Myran, membres de la Première Nation de Long Plain, et une femme non identifiée à qui les membres de la communauté ont donné le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe, ou Buffalo Woman, sont toutes des victimes d'un tueur en série présumé.

Lors d'une conférence de presse, mardi, la police a voulu expliquer pourquoi elle a décidé de ne pas fouiller le dépotoir Prairie Green. L'inspecteur Cam MacKid a indiqué que plusieurs facteurs avaient contribué à cette décision, par exemple le fait qu'il s'y trouve des déchets déversés par 10 000 camions à ordures.

Malgré tout, Eric Bartelink ne pense pas qu'une recherche soit impossible, ni que la météo soit un facteur limitant.

Il ajoute que les recherches devraient débuter par l'embauche d'un conducteur de pelleteuse expérimenté pour enlever délicatement les débris. Il faudrait ensuite commencer à creuser dans les quelque 9000 tonnes d'argile de construction lourde qui ont été déversées sur les lieux depuis que les corps y auraient été déposés.

Au fur et à mesure qu'on descend, on va voir des indices. Il peut y avoir des journaux, des reçus ou des documents datés, ce qui permet de se situer dans le temps en fouillant dans ce tas de débris, croit Eric Bartelink.

L'expert souligne que certaines recherches prennent des semaines et ne sont pas toujours fructueuses. Néanmoins, il cite trois recherches réussies dans des décharges en Utah, en Oregon et en Caroline du Sud au cours des 20 dernières années.

« Si les forces de l'ordre sont capables de le faire, si elles peuvent obtenir les ressources nécessaires, cela vaut vraiment la peine [d'essayer]. »

— Une citation de  Eric Bartelink, directeur du laboratoire d'identification humaine de l'Université d'État de Californie à Chico

Certaines de ces recherches ont eu lieu alors que des personnes étaient portées disparues depuis des années. Sept mois, cela peut sembler long, mais toutes proportions gardées, ce ne l'est pas tellement, affirme M. Bartelink.

Une analyse coûts-avantages avant une recherche potentielle

L’inspecteur Cam MacKid a révélé que la santé et la sécurité des enquêteurs en cas de fouille éventuelle du dépotoir Prairie Green constituent une autre préoccupation.

Il s'est dit d'accord sur le fait que la police devait tenir compte de toutes les possibilités, mais il a également suggéré que la police devait effectuer une analyse coûts-avantages d'une recherche éventuelle. La première réaction des forces de l'ordre pourrait être que cela va être trop coûteux et trop long, et qu'elles ne savent pas comment s'y prendre, a-t-il ajouté en conférence de presse mardi.

De son côté, le chef de la police de Winnipeg, Danny Smyth, a rejeté l'idée que la police puisse puiser dans un fonds commun de financement pour faciliter la recherche dans le dépotoir.

Il n'y a jamais été question de problème de financement, je tiens à le préciser. À aucun moment, le financement n'a été une considération dans nos opérations, a-t-il insisté.

Danny Smyth a également déclaré que l'enquête ne s'est pas terminée comme la police le souhaitait et qu'il comprenait la frustration des familles et de l’opinion publique.

Nous sommes conscients que les familles ont le cœur brisé. Nous comprenons qu'elles soient en colère, franchement. Et nous sommes conscients que beaucoup de gens sont en colère, a-t-il conclu.

Avec les informations de Nathan Liewicki

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