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Une mère porte plainte après un manque de soutien à son fils diabétique à l’école

Leo joue avec une petite voiture.

Le diabète de Leo a été diagnostiqué il y a un an.

Photo : Fournie par Sarah Tharani

Radio-Canada

Une Torontoise a déposé une plainte pour discrimination à l’encontre du conseil scolaire public anglais de la ville (TDSB), qui n’assure pas, selon elle, la sécurité de son fils de 4 ans à l'école. Celui-ci souffre de diabète de type 1, qui nécessite une surveillance constante du taux de sucre dans le sang, ce que le conseil scolaire échouerait à faire.

Le diabète de Leo le met continuellement en danger. Si le niveau d’insuline distribué par sa pompe est trop faible ou trop haut, l’enfant s’expose à de graves conséquences.

Ça peut être une lésion cérébrale grave, une perte de conscience, une crise d'épilepsie, énumère sa mère, Sarah Tharani.

« Si sa glycémie n'est pas surveillée et traitée de manière appropriée, les conséquences sont potentiellement mortelles. »

— Une citation de  Sarah Tharani, mère de Leo

L’école Three Valleys, à North York, a été mise au courant de la maladie de Leo avant qu’il y soit intégré, et a déployé un accompagnement pour que son traitement soit régulier.

Malgré les efforts extraordinaires du personnel, il arrive qu’un seul enseignant soit disponible pour gérer toute la classe de 27 enfants, ce qui met en jeu l’attention portée au petit garçon, témoigne Mme Tharani.

Sarah Tharani.

Sarah Tharani demande un suivi continu pour son fils diabétique.

Photo : CBC

On ne peut pas s’attendre à ce que l'enseignant puisse fournir une éducation complète à ces enfants et s'occuper pleinement de Leo, dit Mme Tharani.

À plusieurs reprises, Sarah et son mari ont dû venir à l'école pour s'assurer qu'il reçoive son insuline.

Les parents exigent désormais qu’un assistant en éducation ou en besoins spéciaux soit présent dans la classe de Leo en tout temps. Ce à quoi le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB) a opposé une fin de non-recevoir, selon Sarah Tharani.

Plainte pour discrimination

Dans un communiqué, le TDSB assure de son côté avoir consulté les responsables de la santé et de la sécurité au travail pour élaborer un plan de soins complet avec la participation de nombreux membres du personnel, un plan qui a été appliqué dès l’arrivée de Leo à son école.

Le gouvernement de l’Ontario reconnaît officiellement le diabète comme un handicap. Pour Mme Tharani, le fait de ne pas avoir d’accommodement complet pour Leo équivaut à de la discrimination. Ce à quoi elle a réagi en déposant une plainte auprès du bureau des droits de la personne du conseil scolaire.

Je ne comprends pas comment vous pouvez avoir une note d’un médecin du meilleur hôpital pour enfants du Canada qui dit que c'est l’arrangement médical dont il a besoin et l'ignorer.

Le rameur olympique canadien Chris Jarvis a fondé I Challenge Diabetes pour défendre les personnes atteintes de cette maladie.

Moi-même en tant qu'adulte vivant avec le diabète de type 1, il y a des moments où ma glycémie baisse sans que je m'en rende compte, remarque-t-il.

Des mains de femme manipulant une pompe à insuline.

Une pompe à insuline. (Archives)

Photo :  CBC / Brett Purdy

Et donc avoir quelqu'un responsable à l'école est un élément essentiel pour sa sécurité et pour qu'il puisse aussi apprendre correctement, assure-t-il en référence à l’enfant.

Sous-financement et manque de personnel

[Même si] beaucoup de nos membres savent surveiller les pompes à insuline, il n’y a tout simplement pas assez de personnel à l’école, déplore John Weatherup, président de la section locale 4400 du Syndicat canadien de la fonction publique à Toronto.

Celui-ci remet en question le manque de financement provincial alloué aux conseils scolaires pour embaucher et déployer des assistants en éducation.

Le conseil scolaire ne peut pas embaucher de personnel parce qu'il n'a pas les fonds nécessaires pour répondre aux besoins des élèves.

La pénurie de personnel capable de vérifier l’insuline est même pire pour les classes de la petite enfance, dit-il, à un tel point que certains problèmes de santé des élèves ne sont pas détectés jusqu’à la première année.

M. Weatherup appelle à un réveil du gouvernement sur la question.

« Pour une raison quelconque, les parents en éducation spéciale sont laissés pour compte. S'occuper de cet enfant, c'est 24 heures sur 24. Les parents essaient de s'en sortir, de se défendre face à une grande bureaucratie et un gouvernement qui ne semble pas s'en soucier. Cette lutte, c’est presque un travail à plein temps pour eux. »

— Une citation de  John Weatherup, président de la section locale 4400 du Syndicat canadien de la fonction publique

Pour l'heure, Sarah dit que le conseil ne s’est engagé à fournir qu'une supervision supplémentaire, sur une base temporaire. Je pense que le conseil scolaire attend que je me fatigue. Je suis fatiguée, mais je ne vais pas m'arrêter tant qu'ils ne pourront pas me dire que mon fils est en sécurité à l'école.

Avec les informations de Patrick Swadden de CBC

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