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Une marche émouvante pour dénoncer la violence faite aux femmes

Quelques dizaines de personnes marchent dans la rue, une affiche disant «Non à la violence faite aux femmes» bien en évidence.

La marche des alliées contre les violences faites aux femmes s'est déroulée au centre-ville d'Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Une cinquantaine de personnes, dont une dizaine de Pikogan, ont marché dans les rues d’Amos mardi pour dénoncer la violence faite aux femmes.

Cette activité chargée d’émotions est venue clôturer les 12 jours d’action contre la violence faite aux femmes. L'événement était organisé par la Table locale de concertation contre la violence conjugale et les agressions sexuelles de la MRC Abitibi, qui réunit notamment les intervenantes de la Maison Mikana, du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS-Abitibi) et du Centre Femmes Ressources.

Aujourd’hui marque la commémoration de la tuerie qui s’est déroulée à l’école Polytechnique en 1989, mais on est là aussi pour souligner et commémorer tous les décès qui ont eu lieu aux mains d’hommes violents. Il y a 13 femmes et six enfants qui sont décédés aux mains d’hommes violents cette année. Ça nous permet de donner une voix aux victimes, mais aussi de dénoncer et de nous rassembler. C’est tout le monde ensemble qu’on va parvenir à enrayer les violences, qu’on va parvenir aussi à aider les victimes. C’est vraiment une affaire de société, affirme Alisée Lemire-Lemay, gestionnaire à la Maison Mikana.

Une dizaine de femmes réunies à Amos pour manifester contre la violence faite aux femmes.

La marche a conduit les alliés contre la violence faite aux femmes jusqu'au parc Rotary, où les participants se sont réunis autour de l'oeuvre Embrasure de l'artiste Ariane Ouellet.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Comme à chaque année, la marche a conduit les participants au parc Rotary, au pied de la sculpture Embrasure, de l’artiste Ariane Ouellet. Celle-ci arborait des rubans blancs avec les noms de chacune des 14 victimes de la Polytechnique.

Après une prise de parole, le vibrant témoignage d’une victime d’agression sexuelle et de violence conjugale qui a rappelé l’importance de demander de l’aide, et l’énonciation des noms des femmes et enfants assassinés par des hommes en 2022, une minute de silence a été observée.

Jolann Rochefort et Alisée Lemire-Lemay sourient à la caméra.

Jolann Rochefort, intervenante au CALACS-Abitibi, et Alisée Lemire-Lemay, gestionnaire à la Maison Mikana.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Briser le silence

D’ailleurs, si la marche s’est déroulée dans un silence solennel l’an dernier, les participants ont cette fois-ci brisé le silence pour exprimer leur indignation, dénoncer la violence et exiger qu’on en fasse plus pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Malgré le fait que des mesures sont mises en place, on peut voir sur le terrain qu’il y a encore des lacunes, déplore Jolann Rochefort, coordonnatrice des services jeunesse au CALACS-Abitibi.

« On encourage beaucoup les victimes à dénoncer, mais sur le terrain, on voit toujours le manque criant d’effectifs, les délais qui sont extrêmement longs. Donc, oui, la marche d’aujourd’hui, c’est pour dénoncer la violence faite aux femmes, mais c’est aussi pour démontrer qu’il y a encore des luttes à faire. Et qu’elles doivent être faites collectivement. Il faut qu’on soit ensemble, qu’on marche ensemble. »

— Une citation de  Jolann Rochefort

L’importance d’être visible

Cette année, une dizaine de membres de la communauté de Pikogan ont aussi pris part à la marche des alliées. Il est important d’être visible, selon Joan Wylde, responsable du dossier des femmes au Conseil de la Première Nation Abitibiwinni.

Joan Wylde pose pour la caméra.

Joan Wylde, conseillère responsable du dossier des femmes au Conseil de la Première Nation Abitibiwinni.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Ce qui me touche beaucoup ces temps-ci, ce sont les homicides envers les femmes autochtones. Aujourd’hui, on veut montrer qu’on existe et qu’on est importantes. On ne se sentait pas importantes, mais aujourd’hui, on se sent importantes. On existe et on est là. Et on est les porte-parole des femmes qui n’ont pas pu parler. J’ai ma sœur qui a été portée disparue et assassinée. C’est ça qui m’apporte le courage de continuer, de faire la différence, pour ne pas que ça arrive à mes deux petites-filles, fait-elle valoir.

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