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Vancouver votera pour équiper ses policiers de caméras d’intervention

Une petite caméra est accrochée devant la poitrine d'un agent de police.

La Ville de Vancouver doit voter sur l'élaboration d'un projet pilote sur le port de caméra d'intervention pour les policiers de la métropole.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Le conseil municipal de Vancouver votera mercredi une motion pour équiper les policiers de la métropole de caméras d’intervention d’ici 2025. Pour le moment, le projet n'est doté d'aucun budget, mais la motion enjoindra à la Municipalité de faire des recherches sur sa faisabilité.

Il s’agit d’une approche basée sur les preuves. Les gens veulent que des décisions prises soient selon des preuves. Tout est une question de preuves, soutient le conseiller municipal ayant proposé cette motion, Lenny Zhou.

En 2018, une enquête de CBC avait démontré que la Colombie-Britannique avait le plus important taux de décès en lien avec la police au pays. Le port de caméras d’intervention a donc été encouragé afin de limiter la violence des policiers et de préserver la transparence des enquêtes.

Plusieurs études tendent toutefois à démontrer que, non seulement l’utilisation de ces caméras est coûteuse, mais qu'elle ne résulte pas non plus en changements de comportement (Nouvelle fenêtre) de la part des policiers ou du public.

La conseillère municipale Christine Boyle indique qu’elle ne votera pas pour cette motion, mais demandera à la Ville de surveiller les conséquences de cette politique, qu’elle s’attend à voir adoptée par le conseil municipal.

Ville après ville, nous observons des irrégularités dans les vidéos. Cela peut être que la caméra a été éteinte ou allumée ou encore qu'il y ait des difficultés à accéder [aux enregistrements], résume-t-elle pour souligner les nombreux défis à l’implantation d’un tel projet.

De son côté, le professeur émérite en criminologie à l’Université de la Vallée du Fraser Yvon Dandurand considère qu’il s’agit d’une excellente initiative et, surtout, d'un premier pas.

C’est important d’avoir un projet pilote parce qu’il y a toute sorte d’avantages, de désavantages et d’inconvénients à utiliser les caméras. Alors il faut vraiment comprendre tout ça avant de mettre un système en place, explique-t-il.

Il rappelle que les caméras d'intervention peuvent permettre d’acquérir des éléments de preuve et de documenter le comportement des policiers et du public autour pour pouvoir justifier ou non leurs actions.

« Le grand avantage, c’est qu’on documente les interactions entre les policiers et la population. »

— Une citation de  Yvon Dandurand, professeur émérite en criminologie à l’Université de la Vallée du Fraser

Ces systèmes sont également coûteux, car ils impliquent de stocker des données durant plusieurs années.

Les policiers ne peuvent pas se permettre de détruire ces documents audiovisuels de façon aléatoire ou automatique. D’un autre côté, les préserver, ça coûte une petite fortune, dit-il.

Il souhaiterait donc que la métropole échelonne son plan sur plusieurs années en priorisant certains corps policiers afin d’étaler les coûts, mais aussi de bien définir les conditions d’utilisation et de stockage de ces données.

Pour le moment, la motion qui doit être votée ne mentionne pas de coût lié au projet. À Toronto, la police dépense déjà 34 millions de dollars sur 5 ans afin d’équiper 2000 policiers de caméras d’intervention.

La police de Vancouver a de son côté demandé 20 000 $ supplémentaires dans son budget pour la prochaine année, afin d’implanter un projet pilote qui étudiera l’efficacité des caméras d’intervention.

Avec les informations de Michelle Ghoussoub et de Wildinette Paul

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