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Vers une fusion des casernes de pompiers volontaires dans le Grand Sudbury?

De l'équipement de pompier volontaire sur une étagère.

Un rapport recommande la fusion de plusieurs casernes de pompiers volontaires dans le Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le conseil municipal du Grand Sudbury se penchera bientôt sur un rapport qui formule des recommandations pour optimiser les services de lutte contre les incendies dans la Ville.

Ce rapport suggère que la distribution actuelle des casernes de pompiers dans la communauté n’est pas équilibrée, et que plusieurs casernes n’ont pas suffisamment de personnel pour fonctionner adéquatement.

Le rapport, produit par la firme de consultants Operational Research in Health (ORH), estime qu’une des solutions pourrait être de consolider certaines casernes de pompiers volontaires, comme celles de Vermillion Lake, Beaver Lake, Skead, Falconbridge, Val Caron, Hanmer et Copper Cliff.

Les services d’incendies d’autres stations, comme celles de Waters, Lively, Wahnapitae, Coniston, Azilda et Chelmsford, pourraient être réorganisés et relocalisés à un endroit plus optimal, selon le rapport.

Quand on parle de consolidation, on parle de la fermeture de certaines stations, indique Matthew Walchuck, représentant du Christian Labour Association of Canada (CLAC), le syndicat qui représente les pompiers volontaires du Grand Sudbury.

Matthew Walchuk lors d'une conférence de presse, l'air sérieux.

Matthew Walchuk (droite) est le représentant syndical des pompiers volontaires du Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Aya Dufour

Il y aurait peut-être des gains opérationnels, mais il y aurait également plusieurs pompiers volontaires qui quitteraient le service, estime-t-il.

Selon les calculs du rapport de la firme ORH, qui s’appuie sur le nombre d’appels faits auprès des services d’urgence entre 2016 et 2020, une consolidation des casernes de pompiers volontaires n’aurait pas d’impact sur le temps de réponse des services d’urgence.

La fermeture de ces casernes permettrait également à la Ville du Grand Sudbury de réaliser des économies, puisqu’elle n’aurait pas à investir pour renouveler cette infrastructure vieillissante.

Difficultés de recrutement et de rétention chez les pompiers volontaires

Natalie Labbée, conseillère municipale du quartier 7, se dit préoccupée par certaines recommandations du rapport.

Un pompier volontaire m’expliquait récemment que si la station de sa communauté venait à fermer, il devrait voyager une dizaine de minutes pour se rendre à la suivante, illustre-t-elle. Ce genre de scénario nuirait à son temps de réponse, et il préférerait quitter le service que de rester et être inefficace.

Des habits de pompiers accrochés au mur.

La caserne d'Azilda est l'une de celles bénéficiant des services de pompiers volontaires. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Le service de pompiers volontaires du Grand Sudbury compte présentement 214 membres alors qu’il en faudrait 350 pour répondre aux besoins, selon M. Walchuk. Ce dernier craint que la fusion de certaines casernes empire la pénurie de main-d'œuvre qui sévit dans le secteur depuis des années.

Ça fait longtemps que la menace de fermeture de certaines casernes plane sur les pompiers volontaires, affirme-t-il. Et pour certains, ça serait la goutte qui ferait déborder le vase.

Le rapport souligne que la fusion de certaines stations viserait partiellement à résoudre les problèmes chroniques de manque de personnel dans celles-ci.

Toutefois, Mme Labbée estime qu’il reste encore des solutions à explorer pour améliorer le recrutement et la rétention dans ces casernes. Il y a un bassin de candidats potentiels chez les nombreux jeunes qui sont revenus s’installer dans les régions durant la pandémie.

Un dossier controversé

Le dernier plan de réorganisation des services d’incendie présenté au conseil municipal en 2017 avait provoqué un tollé dans la communauté.

Ce plan, qui a finalement été abandonné, prévoyait de fermer 10 casernes et d'embaucher davantage de pompiers professionnels, au détriment des pompiers volontaires.

Mike Squarzolo, qui préside l’association des pompiers professionnels du Grand Sudbury, sait que cet enjeu provoque des réactions fortes. Le changement est difficile pour certaines personnes.

Ultimement, le conseil municipal doit trouver une façon de régler la question de l’infrastructure qui est en piètre état, tout en composant avec une démographie changeante et un besoin d’équilibrer les finances de la Ville, estime-t-il.

Des souliers au sol dans une caserne

Plusieurs casernes ont besoin de rénovations. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Selon M. Squarzolo, la question des casernes vieillissantes devient de plus en plus pressante. C’est une question de santé et de sécurité pour le personnel.

Il explique que certaines de ces bâtisses ont plus de cinquante ans, et que certaines d’entre elles ont de la moisissure dans les murs.

Il y a des casernes qui ne sont pas équipées pour notre main-d'œuvre contemporaine, dit-il. Certaines d’entre elles n’ont pas d’espaces alloués aux femmes qui doivent se changer après un quart de travail.

Le conseil municipal du Grand Sudbury étudiera les recommandations du rapport lors de la prochaine réunion le 13 décembre prochain

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