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Accident mortel dans le Restigouche : une mère endeuillée dénonce l’état des routes

Ritchie Fournier est mort dans un accident dimanche. Son ami Bobby Sullivan est à l'hôpital. Leurs familles croient que cette tragédie aurait pu être évitée.

Guylaine Fournier a perdu son fils dimanche dans un accident de la route. Elle croit que la mort de son fils aurait pu être évitée si les routes avaient été mieux entretenues dans le Restigouche.

La région du Restigouche est une fois de plus touchée par une tragédie routière. Cette fois-ci, il y a eu deux morts. Deux de trop, selon les familles. En plus de la peine immense ressentie par les proches, il y a un ras-le-bol dans la communauté à cause du mauvais entretien des routes dans la région. Une situation récurrente, selon les citoyens, qui risque de coûter d'autres vies.

Ç’a été un coup de masse dans la face, un téléphone qu’aucune mère ne veut recevoir dans sa vie, que son fils est mort, explique Guylaine Fournier, visiblement ébranlée.

Son fils, Ritchie Fournier, est décédé dimanche dans un accident sur la route 17, qui relie Kedgwick et Campbellton.

Après avoir reçu le fameux coup de téléphone, Mme Fournier a tout de suite pris la route. La plus longue ride que j’ai faite de Saint-Antoine à Kedgwick de toute ma vie, décrit-elle.

Une route glacée et bordée de neige.

Un accident de la route a coûté la vie à deux hommes de 20 et 35 ans originaires de Kedgwick dimanche sur la route 17 près de Robinsonville.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

En chemin, elle est passée sur les lieux de l’accident et a constaté que la glace qui recouvrait la chaussée n’avait laissé aucune chance à Ritchie.

J’étais dans le choc et dans le déni, parce que je m’en venais et que je ne pouvais pas croire que je n’entendrais plus la voix de mon fils, que je ne le verrais plus, qu'il ne me collerait plus, qu’il ne dirait plus "maman, je t’aime".

Quand on s'est arrêtés, c’était encore très glissant, j’ai sorti de l'auto, j'ai commencé à patiner, ajoute Guylaine Fournier, qui tenait à parler à un policier et à récupérer des objets personnels de son fils.

Une mère devant l’incompréhension

Depuis 15 ans, Guylaine Fournier fait régulièrement le trajet entre Saint-Antoine et Kedgwick et affirme que certains endroits sont bien connus pour être moins bien entretenus.

Cependant, selon elle, il n’y a aucune raison pour que la route 17 près de Robinsonville soit en si mauvais état en milieu de matinée.

Un camion accidenté.

Le camion conduit par Ritchie Fournier après l'accident. Cette photo a été fournie par sa famille.

Photo : Gracieuseté - famille de Ritchie Fournier

Il n’a pas pris le chemin quand c’était une tempête, il a pris le chemin dimanche matin, quand c’était clair, puis à 10 h 17, ils auraient été supposés d’avoir passé au moins un coup de sel pour pas que ça arrive, mais non, il n’y a rien de ça qui avait été fait, lance-t-elle.

« Si je peux sauver une vie, au moins je me dirais que mon fils n'est pas mort pour rien. »

— Une citation de  Guylaine Fournier, mère de Ritchie Fournier

Guylaine Fournier affirme avoir porté plainte auprès du ministère des Transports et de l'Infrastructure et avoir tenté d’obtenir des explications. Selon elle, on lui a répondu qu’un superviseur aurait circulé sur la route la veille et que le calcium avait peut-être gelé au cours de la nuit.

Donnez-nous de bonnes routes!

L'accident de dimanche a fait quatre victimes : deux morts et deux blessés. Bobby Sullivan, un bon ami de Ritchie Fournier, a été grièvement blessé.

Sa grand-mère, Micheline Sullivan, déplore elle aussi l’état de la route 17 ce jour-là.

Aucune raison qu’il n’y avait pas de sel sur ce chemin-là!

Une photo d'un jeune homme qui porte un veston et une cravate.

Bobby Sullivan a subi plusieurs opérations mais on ne craint pas pour sa vie, selon sa grand-mère.

Photo : Gracieuseté

Après plusieurs opérations, elle affirme que son petit-fils est finalement hors de danger. Il va s'en sortir. Mais il a perdu un chum et il ne le sait pas encore.

Elle croit qu’il est plus que temps que le gouvernement revoie son budget d’entretien des routes dans le Restigouche.

« Avec notre gouvernement qu’on a là, c’est pas croyable, c’est tout des surplus et on fait attention à l’argent, et à l’argent, et à l’argent. Mais mon Dieu, c’est nous autres qui perdons nos enfants! »

— Une citation de  Micheline Sullivan, grand-mère de Bobby Sullivan
Une femme est assise dans sa cuisine.

Micheline Sullivan, grand-mère de Bobby

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Elle souligne que les gens de la région doivent souvent faire de la route pour obtenir des services.

Tu n’as plus de services! On est obligés de s’en aller à Moncton, Fredericton, Bathurst, pour avoir des services, donc gardez-nous nos chemins ouverts, pour l’amour de Dieu!

Un accident de plus à la liste; la communauté interpellée

Chantal Hachey, une résidente de Saint-Arthur, est une des premières personnes à être arrivées sur les lieux de l’accident dimanche.

Elle a tenté tant bien que mal d’aider les victimes en attendant l’arrivée des premiers répondants.

C’était vraiment une glace de bord en bord, raconte-t-elle. On pouvait à peine marcher, j'ai eu de la difficulté à me rendre sur la scène pour aider les victimes.

Une femme sourit pour la photo.

Chantal Hachey a été une des premières personnes à arriver sur les lieux de l'accident dimanche et a tenté d'aider les victimes avant l'arrivée des secours.

Photo : Gracieuseté Chantal Hachey

Devant une situation qui se reproduit trop souvent dans la région, Chantal Hachey a décidé de lancer un appel à tous sur les réseaux sociaux. Elle demande aux gens de faire entendre leur voix auprès du ministère des Transports pour que l’entretien des routes soit prioritaire dans le Restigouche.

Il y a un manque d'entretien constant, c’est un peu un build-up de toutes les choses, de toutes les situations qui sont arrivées dans la communauté, explique-t-elle.

Dans un message sur Facebook, Chantal Hachey invite la communauté à témoigner de son ras-le-bol collectif. Elle affirme le faire pour les familles des victimes et pour faire bouger les choses afin de prévenir une autre tragédie.

On veut mettre l’accent là-dessus. On dirait qu’on est des fois un peu oubliés dans notre coin.

Des maires à bout de patience

Le maire de Kedgwick, Éric Gagnon, est lui aussi ébranlé par la perte de deux de ses concitoyens. Il ne comprend pas pourquoi la route 17 était en si mauvais état dimanche matin.

Cette année, c'est encore pire, on se demande s’il y a eu des changements de procédures au niveau du déglacement et du déblaiement, dit-il.

Le maire à l'extérieur devant un gazebo.

Le maire de Kedgwick, Éric Gagnon (archives)

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Le maire Gagnon ajoute que les déplacements font partie de la réalité quotidienne des citoyens et qu’une certaine crainte commence à s’installer.

« La patience, on en a, mais il y a un bout qu’on pourrait en manquer. »

— Une citation de  Éric Gagnon, maire de Kedgwick

Actuel maire d’Atholville et maire élu de la Communauté régionale de Campbellton, Jean-Guy Levesque abonde dans ce sens.

Dimanche matin, on s'entend-tu qu’à 10 h 15 [..], ça aurait dû être entretenu, lance-t-il.

Jean-Guy Levesque précise que toute la région du nord du Nouveau-Brunswick est touchée par ce manque d’entretien des routes et demande à la province d’agir immédiatement.

Ce qu’on leur demande, c’est de nous traiter à part égale. On paie des taxes au nord du Nouveau-Brunswick aussi, on est là pour contribuer à l’économie, on veut avoir un retour et ici on parle de sécurité, on ne parle pas d’esthétique, dit le maire Levesque.

Avec des informations de Serge Bouchard et du Téléjournal Acadie

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