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Débat des chefs fédéraux : le Conseil de presse blâme la modératrice Shachi Kurl

Shachi Kurl pose à l'avant-plan sur le plateau du débat, avec les chefs à l'arrière.

Shachi Kurl (à l'avant-plan) était la modératrice du débat auquel participaient Yves-François Blanchet, Annamie Paul, Justin Trudeau, Jagmeet Singh et Erin O'Toole.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

« Vous niez que le Québec a des problèmes de racisme [...] ». Cette observation de la modératrice Shachi Kurl lors du débat des chefs fédéraux en 2021 vaut à son auteure un blâme du Conseil de presse du Québec. Elle s'adressait alors au chef du Bloc québécois (BQ), Yves-François Blanchet, mais ses propos ont connu un effet de plus longue portée.

Dans sa décision publiée mardi, le Conseil de presse a déterminé que le terme racisme employé par Mme Kurl relevait bel et bien d'une opinion et non d'un fait avéré, contrairement à ce qu'a défendu l'ancienne journaliste.

S'il œuvre pour la protection de la liberté de la presse, le Conseil veille aussi à la défense du droit du public à une information de qualité.

Il reçoit donc des plaintes du public, comme celle logée contre Mme Kurl et le réseau anglais de Radio-Canada, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), par Julie Lapierre, le 10 septembre 2021.

La plaignante a saisi le Conseil de presse en dénonçant la partialité, la discrimination, le non-respect de la vie privée et de la dignité qui, à ses yeux, ont dégradé le débat des chefs fédéraux en anglais, début septembre 2021.

Le Conseil n'a retenu que le grief de partialité dans sa plainte.

Liens directs et sous-entendus

En s'adressant à M. Blanchet lors du débat, Shachi Kurl lui avait lancé : Vous niez que le Québec a des problèmes de racisme, pourtant vous défendez des mesures législatives telles que les projets de loi 96 et 21 qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones.

Le Conseil a relevé un parti pris à l’encontre de ces projets de loi, ce qui bafoue les normes et pratiques journalistiques en vigueur. Dans le cadre d'un débat des chefs, le public est en droit de s'attendre à ce que les modérateurs traitent de façon impartiale les chefs invités à débattre, souligne-t-il.

Sa décision est fondée sur une analyse discursive des propos de Mme Kurl. La modératrice fait un lien direct entre un racisme allégué au Québec et la loi 21 ainsi que le projet de loi 96, peut-on lire dans la décision, laissant sous-entendre que ces lois sont de facto racistes.

« La question n’était pas structurée de façon à maintenir une distance nécessaire entre la modératrice et le point de vue présenté. »

— Une citation de  Extrait de la décision rendue par le Conseil de presse du Québec

Le Conseil signale aussi qu'au moment où s'est tenu le débat des chefs en anglais, Shachi Kurl, une ancienne journaliste, présidait alors l'Institut Angus Reid, mais cet emploi ne l'exonérait pas de respecter les règles du journalisme factuel.

Les médias d'information qui ont diffusé le débat des chefs en anglais ont affirmé avoir approuvé préalablement les questions que la modératrice a posées aux chefs de partis.

CBC News visée

Bien que le débat ait été présenté sur plusieurs chaînes de télévision, CBC constitue l'unique média nommé dans la plainte, ce qui justifie sa mise en cause dans le dossier, fait valoir le comité d'analyse.

De son côté, CBC News rejette catégoriquement l’accusation de partialité du Conseil de presse du Québec, mais n'a pas l'intention de faire appel de la décision, écrit Chuck Thompson, chef des affaires publiques pour les services anglais de CBC.

La liberté de poser des questions aux politiciens au sujet d’enjeux publics est essentielle à la vitalité de la démocratie au pays, poursuit-il en rappelant que c'est le consortium, regroupant CBC News, CTV News, Global News et APTN News, qui était responsable du contenu journalistique du débat.

Le comité d'analyse était composé de deux représentants du public, deux représentantes des journalistes et deux représentants des entreprises de presse.

Avec les informations de La Presse canadienne

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