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Deux salariées du pavillon Richelieu suspendues sans solde

Enseigne du Centre jeunesse Côte-Nord, Pavillon Richelieu.

La représentante syndicale, Maude Fréchette, soutient que ces suspensions se seraient possiblement faites à la suite d'une fouille de boîtes courriel par l'employeur.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux salariées auraient été suspendues du pavillon Richelieu à Baie-Comeau, l’année dernière, à la suite de la publication d'un article du Devoir qui portait sur une situation en lien avec l'établissement.

La représentante du syndicat des employés (APTS), Maude Fréchette, soutient que les deux salariées auraient été suspendues sans solde pour bris de confidentialité. L'une des salariées aurait été suspendue cinq jours et l'autre, deux semaines.

Maude Fréchette soutient que ces suspensions ont eu lieu à la suite de la publication d'un article dans Le Devoir qui citait des employés désirant conserver l'anonymat. Je continue à lutter contre le sentiment d’omerta dans le réseau, soutient Maude Fréchette qui mentionne que le syndicat conteste ces suspensions.

L'article publié le 25 mars 2021 traitait notamment de surpopulation et de négligence qui auraient eu lieu au pavillon Richelieu, un centre de réadaptation pour jeunes de la DPJ à Baie-Comeau.

Maude Fréchette ajoute que ces suspensions se seraient possiblement faites à la suite d'une fouille de boîtes courriel par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord.

La représentante syndicale n'a pas confirmé si les salariées suspendues avaient accordé une entrevue au Devoir. Elle n'a pas non plus été en mesure de confirmer si les deux employées avaient réintégré leurs fonctions depuis leur suspension.

Ce sont de présumées lanceuses d'alertes jusqu'à maintenant, parce que moi je tiens quand même à préserver les sources journalistiques, déclare Maude Fréchette en entrevue à Radio-Canada.

Le syndicat juge le comportement de l’employeur comme étant abusif et qui porterait atteinte à la liberté d'expression des employés.

Le CISSS de la Côte-Nord a refusé de commenter le dossier.

PSPP dénonce les suspensions

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a commenté la situation mardi matin lors d’un point de presse. C’est complètement inacceptable que deux employées aient été suspendues sans solde parce qu'elles sont des lanceuses d’alerte auprès du Devoir. On a consulté leurs courriels à leur insu, déplore Paul St-Pierre Plamondon.

Paul St-Pierre Plamondon en mêlée de presse.

Paul St-Pierre Plamondon en mêlée de presse. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

On empêche également le travail des journalistes en créant un environnement de répression des gens qui sonnent l’alarme, poursuit-il.

Il rappelle également que, lors de la dernière législature, le Parti québécois a déposé un projet de loi pour protéger les lanceurs d’alerte et interpelle les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour réagir à ce sujet.

En plus d’une loi, Maude Fréchette souhaite également qu’une disposition se trouve dans leur convention collective pour protéger les lanceurs d’alerte.

La FPJQ réagit aussi

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) dénonce la situation et la manière dont le CISSS de la Côte-Nord gère le dossier.

La présidente de la section Est-du-Québec de la FPJQ, Johanne Fournier, croit que l’employeur devrait s’attarder aux problèmes énoncés par leurs employés dans le média plutôt que de partir à la chasse aux lanceurs d’alerte.

« Quand les employés en viennent à alerter les médias d’information, c’est parce que ça n’a pas été possible d’alerter leurs propres patrons. »

— Une citation de  Johanne Fournier, présidente de la section Est-du-Québec de la FPJQ

Les lanceurs d’alerte permettent de mettre au grand jour des informations que le public est en droit de savoir, soutient celle qui croit que les lanceurs d’alerte devraient être davantage protégés dans une démocratie.

Devant le tribunal d’arbitrage

Le CISSS de la Côte-Nord et le syndicat tentent de régler un litige autour du pavillon Richelieu devant un arbitre indépendant. Ils ont tous les deux déposé un grief l'un contre l'autre, en lien avec cette histoire. Une cinquième journée d’audience aura lieu le 23 février prochain pour entendre les plaidoiries des avocats.

Le syndicat a par ailleurs réclamé une enquête indépendante après avoir appris que six éducatrices ont été suspendues au cours des derniers mois. Cette enquête permettrait de se pencher sur le climat et les relations de travail au sein du centre.

Avec les informations de Zoé Bellehumeur.

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