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Ottawa, un bon marché pour le soccer féminin professionnel

Des joueuses de soccer courent avec une énorme sourire et crient après une victoire. On voit leurs adversaires derrière, le visage triste.

Vanessa Gilles (14) court sur le terrain pour célébrer avec ses coéquipières Ashley Lawrence (10) et Kadeisha Buchanan (3), deux anciennes du Fury d'Ottawa, après la victoire en grande finale olympique.

Photo : Getty Images / Francois Nel

La capitale fédérale n’a plus de soccer féminin professionnel depuis la disparition du Fury, en 2014. Mais l’annonce récente de la création d’une nouvelle ligue canadienne pourrait bientôt remédier à la situation.

Christine Sinclair et l'ancienne joueuse du Fury, Diana Matheson, sont les instigatrices du projet d’une nouvelle ligue qui démarrera ses activités en 2025.

On l'attendait depuis longtemps! On pensait que les choses allaient changer après la médaille de bronze olympique en 2012 et rien n’a encore changé. Il faut prendre les choses en main, affirme l’ancienne joueuse du Fury d’Ottawa et membre de l’équipe nationale, Marie-Ève Nault. C’est vraiment une super-annonce et je pense que c’est le moment de le faire.

Deux joueuses de soccer luttent pour le ballon pendant un match.

Marie-Ève Nault lors d'un match du Canada contre l'Allemagne, en 2011.

Photo : Getty images / Martin Rose

« Une ville de soccer »

L’équipe féminine du Fury avait cessé ses opérations en 2014 alors que le soccer professionnel masculin arrivait dans la capitale. Le propriétaire de l’époque, John Pugh, n’était plus capable de soutenir le projet féminin seul. Ottawa sera certainement un marché qui aura l’attention des investisseurs qui souhaitent s’engager dans le nouveau projet.

Nous voulions sécuriser nos deux premiers marchés, mais nous avons plusieurs discussions avec des propriétaires potentiels. John Pugh connaît le projet et nous en avons parlé. Nous avons avons aussi discuté avec MLSE (Toronto) et le CF Montréal. C'est un avantage si des propriétaires opèrent déjà une équipe, mais nous voulons que de femmes soient dans le projet, explique Diana Matheson, interrogée lors du lancement de Projet 8, le projet de ligue canadienne de soccer féminin.

Deux joueuses de soccer sont en action pendant un match.

Diana Matheson dans l'uniforme du Canada lors d'un match contre le Panama.

Photo : Getty Images / Cooper Neill

« Avec l’emplacement d’Ottawa, tu pourrais avoir un mélange de joueuses québécoises et ontariennes. C’est une grande ville et un bon marché. »

— Une citation de  Marie-Ève Nault, ancienne joueuse de l'équipe nationale

C'est vraiment excitant pour nous. Les garçons ont un sentier de développement, mais les filles n'en avaient pas. D'en avoir un maintenant, ce sera une grande motivation pour les filles, dit la présidente du Ottawa TFC, Terry Vida, qui compte plus de 1500 membres, dont près de la moitié sont des filles.

C’est une ville de soccer! On avait de bonnes foules à l’époque et tous les matchs de l’équipe nationale ont fait courir les foules dans la capitale. C'est un gros bassin, il y a beaucoup d’équipes de jeunes filles. Je pense que c'est très vendeur d’avoir des joueuses internationales et des produits locaux, ajoute Nault, qui a joué dans la capitale lors de trois saisons différentes et porté les couleurs du Canada lors de 70 rencontres.

Une joueuse de soccer en gros plan avant une rencontre.

L'ancienne joueuse du Fury d'Ottawa Marie-Ève Nault a joué 70 matchs avec l'équipe nationale, dont ici au Stade olympique de Montréal lors de la Coupe du monde de 2015.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Des joueuses de l’équipe nationale comme Isabelle Morneau, Kadeisha Buchanan et Ashley Lawrence ont porté les couleurs du Fury. Trois membres de l’équipe nationale, Vanessa Gilles, Clarissa Larisey et Anabelle Chukwu, sont aussi originaires de la capitale.

D’avoir des femmes professionnelles au Canada, c’est très excitant, réagit Clarissa Larisey qui a joué à Memphis dans les rangs universitaires avant de s’exiler en Islande et maintenant en Écosse avec les Celtic de Glasgow. Les jeunes filles voient que les femmes doivent aller dans d’autres pays comme aux États-Unis [ou en Europe]. S’ils peuvent jouer au Canada et rester à la maison, ce sera incroyable.

Une jeune joueuse de soccer dribble avec le ballon pendant un entraînement.

L'attaquante Clarrisa Larisey tente de faire sa place avec la sélection nationale.

Photo : Gracieuseté de Canada Soccer

La jeune femme de 23 ans croit aussi que la capitale pourrait bénéficier d’une présence dans cette nouvelle ligue.

Ça amènera beaucoup d’amour pour le jeu et créera une relève. Il y a beaucoup de talent à Ottawa qui n’est pas remarqué. C’est très intéressant pour l’avenir. Peut-être que Soccer Canada pourra voir davantage le talent dans la capitale, ajoute Larisey, encore toute jeune au sein d’Équipe Canada, avec quatre matchs à son actif.

Le soccer féminin est là pour de bon

Mais qu’Ottawa obtienne une équipe ou non, le soccer féminin est là pour de bon, pense Marie-Ève Nault. Il faut que les gens voient que tu sais que le soccer féminin, c'est populaire. Les gens veulent aller le voir. Il y a eu une grande évolution depuis 10 ans. On a gagné deux médailles de bronze et on est championnes olympiques, insiste-t-elle. Elle rappelle que des records sont battus chaque année en sports féminins.

Ils sont battus les uns après les autres. 92 000 personnes sont allées voir un match à Barcelone. Portland aussi est un gros marché, ou le stade de Wembley en Angleterre. L’intérêt est là, il suffit de bien le vendre. J'espère qu’on va continuer d’en parler et qu’on pourra bien commencer la Ligue en 2025, rappelle Nault, convaincante.

La joueuse de soccer canadienne Christine Sinclair avec le ballon.

Christine Sinclair est la meilleure marqueuse de l'histoire du soccer féminin.

Photo : Radio-Canada / Koki Nagahama

J’ai rêvé toute ma carrière de jouer à la maison. Je veux inspirer la prochaine génération. Plusieurs jeunes filles me disent qu’elles veulent jouer ici dans 10 ans. Nous voulons donner la chance aux jeunes de réaliser ce rêve, souligne Christine Sinclair.

Ce sport va continuer de grandir. La croissance est exponentielle et elle est là pour rester. Notre travail est de bâtir les bonnes fondations, est persuadée Matheson.

Il y a tellement de talent au Canada. Tout va changer, surtout pour les jeunes. Ce sera plus facile de trouver le talent et de l’inspirer, renchérit Larisey. Peut-être même que des filles comme Anabelle [Chukwu], Vanessa [Gilles] ou moi pourrions jouer à la maison, ce serait super, se permet de rêver l’attaquante.

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