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Le conseil de surveillance de Meta critique les privilèges des personnalités publiques

Le logo de Meta sur un écran d'ordinateur blanc vu à travers une loupe.

Le conseil de surveillance de Meta critique le traitement inéquitable de la modération des contenus.

Photo : afp via getty images / KIRILL KUDRYAVTSEV

Agence France-Presse

Les plateformes de Meta accordent un traitement de faveur aux contenus problématiques publiés par les figures politiques, les leaders d’entreprises, les célébrités et d'autres personnalités publiques, et ça devrait cesser, selon le conseil de surveillance du géant des réseaux sociaux.

Le conseil est préoccupé par la façon dont Meta a fait passer ses intérêts économiques avant la modération des contenus, a assené l'entité qualifiée d'indépendante, mais financée par l'entreprise.

Dans un nouveau rapport, le conseil de surveillance appelle à une refonte importante du programme de double vérification baptisé « Cross-check » (contre-vérification), pour le rendre plus transparent, plus réactif et plus juste.

Actuellement, quand des messages ou images potentiellement en infraction avec le règlement de Facebook ou d'Instagram sont signalés, ils sont rapidement retirés s'ils sont considérés comme à haut risque et s'ils viennent d'utilisatrices ou d’utilisateurs non connus.

Mais si la personne ou l’entité responsable est présente sur la liste blanche de Meta, ces contenus restent en ligne le temps d'être examinés de plus près – un processus qui prend en général plusieurs jours, et parfois plusieurs mois.

Ce système à double vitesse, inéquitable, a donc offert des protections supplémentaires à l'expression de certains comptes, sélectionnés en partie en fonction des intérêts économiques de Meta, détaille le rapport.

À cause de Cross-check, des contenus identifiés comme contraires aux règles de Meta restent visibles sur Facebook et Instagram, alors qu'il sont diffusés de façon virale et qu'ils pourraient causer des dommages, admoneste le conseil de surveillance.

Des améliorations réclamées par le conseil de surveillance

Le conseil, une sorte de tribunal d’honneur au sein de Meta, recommande d'accélérer les examens secondaires des contenus de personnalités susceptibles de publier des messages importants pour les droits de la personne, et de retirer ceux à haut risque en attendant le verdict interne.

Il demande aussi à l'entreprise de publier les critères d'admissibilité pour bénéficier du programme Cross-check, et d'identifier publiquement, sur les plateformes, les comptes concernés.

Le conseil de surveillance est composé de 20 membres de différentes nationalités, des journalistes, des juristes, des activistes pour les droits de la personne et d’anciennes figures politiques. Il a été créé en 2020 sur proposition du patron, Mark Zuckerberg, et est responsable d'évaluer la politique de modération des contenus du groupe californien.

Les membres ont lancé un examen de Cross-check en octobre 2021, à la suite de révélations de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, qui a fait fuiter des documents internes à la presse et accusé l'entreprise de faire passer les profits avant la sécurité de ses utilisateurs et utilisatrices.

Les réponses de Meta à l'enquête ont été insuffisantes par moments et sa propre compréhension des implications pratiques du programme laisse à désirer, a indiqué le conseil.

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