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Mort de Sylvio St-Pierre : le district scolaire a dû payer une amende de 125 000 $

De graves lacunes en matière de formation et de sécurité ont été relevées pendant l’enquête du coroner.

Sylvio St-Pierre est mort après être tombé du toit de l'école Cité de l'Amitié à Bathurst.

Sylvio St-Pierre est mort après être tombé du toit de l'école Cité de l'Amitié à Bathurst.

Photo : Travail sécuritaire NB

Le District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE) s’est vu imposer une amende de 125 000 $ à la suite de la mort de Sylvio St-Pierre. Ce travailleur a fait une chute mortelle du toit d’une école de Bathurst, dans le nord du Nouveau-Brunswick, en avril 2019.

Le DSFNE a plaidé coupable d’avoir omis de fournir un système de protection contre les chutes, devant la juge de la Cour provinciale, Brigitte Sivret, en décembre 2020.

Le district a ainsi contrevenu à la Loi sur la santé et l’hygiène au travail.

Une deuxième accusation, soit de ne pas avoir fourni un programme de sécurité au travail, a été abandonnée.

Sylvio St-Pierre tentait de réparer le moteur d’un ventilateur sur le toit de l’école lorsqu'il est tombé.

Sylvio St-Pierre tentait de réparer le moteur d’un ventilateur sur le toit de l’école lorsqu'il est tombé.

Photo : Travail sécuritaire NB

Sylvio St-Pierre est mort après une chute de plus de cinq mètres du toit de l’école sur lequel il travaillait.

L’école n'était pas dotée d'un système d’ancrage auquel les deux employés auraient pu s'accrocher pour travailler en toute sécurité.

Rapport interne

Mardi, la deuxième journée de l’enquête du coroner sur l’accident de travail mortel survenu en avril 2019 dans une école de Bathurst, dans le nord du Nouveau-Brunswick, a mis en lumière de nombreuses lacunes en santé et sécurité.

Un rapport interne réalisé un mois après la tragédie a notamment noté que la victime n’avait pas utilisé de matériel anti-chute, qu’il y avait eu absence d’équipement de protection, une mauvaise évaluation du travail sécuritaire, ainsi qu’un manque de connaissance des techniques de travail en hauteur.

Le co-auteur du rapport, Paul Tremblay, conseiller en santé et sécurité au travail pour le gouvernement provincial, a émis huit recommandations, dont les principales touchent la formation adéquate des travailleurs dans un milieu sécuritaire.

Des excuses

Un moment fort en émotions est survenu mardi lors de l'enquête du coroner, lorsque Thomas Weber, directeur des installations au sein du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, a présenté ses excuses à la veuve de la victime, Nicole Audet, et à Éloi Doucet, un des hauts responsables du DSFNE en 2019, à la fin de son témoignage.

Il s’est ensuite dirigé vers Mme Audet à qui il a donné la main et prononcé quelques mots de réconfort avant de faire de même avec M. Doucet.

Dans son témoignage, M. Weber a fait part d’un manque de ressources humaines, d’un problème de communication et de plusieurs lacunes sur la formation de sécurité du travail en hauteur avant l’accident d’avril 2019.

Il a ajouté que des postes d’agents en santé et sécurité dans les districts scolaires ont été créés après l’accident.

Quand Me Marc Bourgeois lui a demandé si ces postes auraient été quand même créés sans l’incident, M. Weber a dit probablement que non . Il a précisé que le ministère a été réactif plutôt que préventif dans ce dossier.

Lacunes dans la formation

Plus tôt dans la journée, Kevin Arseneau, responsable des bâtiments du District scolaire francophone Nord-Est, a mentionné que la dernière formation des employés sur le travail en hauteur et sur la protection en cas de chute remontait à 2013.

Cette formation obligatoire tous les trois ans n’a pourtant pas été donnée au cours des années qui ont précédé l’accident qui a coûté la vie à Sylvio St-Pierre.

M. Arseneau a précisé que la victime et Jules Hachey, qui travaillait lui aussi sur le toit en pente de l’école Cité de l’Amitié de Bathurst au moment de l’incident, n’avaient pas suivi la formation en 2013.

Selon M. Arseneau, un oubli, de la négligence et l’absence d’un système de rappel pourraient expliquer les lacunes en matière de formation.

L’enquête se terminera mercredi avec les recommandations des cinq membres du jury. Auparavant, trois témoins se présenteront à la barre présidée par la coroner Emily Caissy et de l’avocat Marc Bourgeois.

Une enquête du coroner n'attribue aucune responsabilité juridique ni aucun blâme. Toutefois, des recommandations peuvent être formulées dans le but d'éviter que des décès de même nature se produisent à l'avenir.

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