•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La victime non identifiée a désormais un nom spirituel : Buffalo Woman

Des personnes se sont rassemblées pour une veillée en mémoire des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées au cercle de célébration Oodena, à La Fourche, le 4 décembre 2022.

Tobi Jolly était bouleversée quand elle a entendu la foule scander « Buffalo Woman », dimanche, lors d’une cérémonie en l'honneur des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Radio-Canada

Le Service de police de Winnipeg a acquiescé à la demande de la communauté autochtone de Winnipeg que la quatrième victime alléguée d’un tueur en série qui s’en est pris à des femmes autochtones soit désignée sous le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe ou de Buffalo Woman.

Ce serait, selon la police, une Autochtone d’une vingtaine d’années.

Des aînés, des grand-mères et des défenseurs des droits des Autochtones ont proposé de lui attribuer un nom spirituel. Ils ne se sentaient pas à l’aise en entendant la façon dont on parlait de l'inconnue, explique Tobi Jolly, coordinatrice d'un organisme autochtone de service social, Ka Ni Kanichihk.

« La façon dont on parle d’une personne a un impact sur la façon dont on voit cette personne. Elle a un nom, qu’on le connaisse ou non. Elle a une famille, qu’on la connaisse ou non. Et nous voulions que cela soit respecté. »

— Une citation de  Tobi Jolly, coordinatrice de Ka Ni Kanichihk

Lundi, la police de Winnipeg a déclaré qu’elle allait désormais désigner la victime sous le nom de Buffalo Woman.

Buffalo Woman est l’une des quatre victimes alléguées d’un tueur en série qui a été accusé de meurtre au premier degré dans le mort de Rebecca Contois, Morgan Harris, Marcedes Myran et Mashkode Bizhiki'ikwe (Buffalo Woman).

Des restes de Rebecca Contois ont été retrouvés en juin dans la décharge publique de Winnipeg, ce qui avait mené à des accusations contre son meurtrier présumé. La semaine dernière, la police a annoncé que Jeremy Skibicki était accusé du meurtre des trois autres femmes. Les policiers croient que les corps de ses victimes ont eux aussi été laissés dans un dépotoir municipal, mais ils n’ont pas retrouvé leurs restes.

Note de la rédaction

Une version précédente indiquait que la police croyait que les corps des trois femmes se trouvaient dans la décharge du chemin Brady, à Winnipeg, comme celui de Rebecca Contois. Après la première conférence de presse sur cette affaire, tenue le 1er décembre, la police a, pendant plusieurs jours, laissé entendre que les victimes se trouvaient dans une décharge municipale, sans jamais apporter de correction ou de précision, et ce, même quand les médias évoquaient la décharge du chemin Brady.

Tobi Jolly explique que le nom de Buffalo Woman est en lien avec un enseignement autochtone : La grand-maman bison, l’esprit du bison, donne son nom à ceux qui n’ont pas encore eu de nom spirituel, pour que nous nous connaissions les uns les autres.

Cet enseignement, dit-elle, semblait approprié dans le cas de cette femme dont on ne connaît pas encore le nom.

L’une des grand-mères ayant pris part à la cérémonie servant à choisir le nom de Buffalo Woman, Thelma Morrisseau, explique que le fait de lui attribuer un nom spirituel assure que cette femme sera reconnue dans le monde des esprits.

Tobi Jolly mentionne que, s’il est impossible de forcer quelqu'un à parler de cette femme sous le nom de Mashkode Bizhiki'ikwe ou de Buffalo Woman, elle espère que la population comprendra pourquoi il est important de le faire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...