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Bruno Savard et Gaston Déry parlent dans une forêt enneigé. Deux écureuils sont présents, dont un près de M. Déry.

Bruno Savard discute de la COP15 avec Gaston Déry, président de la Société de protection et d'aménagement de l'île aux Pommes

Photo : Radio-Canada

Alors que la COP15 s’ouvre mercredi à Montréal, un ingénieur de Québec se prépare à y prendre la parole. Gaston Déry y présentera une conférence dans la Zone d'action publique. Sa famille et lui ont, entre autres, permis la préservation de l’Île aux Pommes dans le Bas-Saint-Laurent. M. Déry a d’ailleurs reçu le titre de Chevalier de l'Ordre national du Québec pour son implication citoyenne. Bruno Savard l’a rencontré pour discuter du rôle du citoyen dans la protection de la biodiversité.

Question - Avec les grandes conférences comme la COP15, on a l'impression qu'on est tous là à attendre les directives des gouvernements pour savoir comment préserver la biodiversité. Or, comme citoyen, on a beaucoup à faire...

Réponse - Vous avez tout à fait raison. C'est que les gouvernements fixent les grandes orientations, mais qui est le mieux placé pour protéger un territoire? C'est celui qui vit en symbiose, qui est en amour avec son territoire, qui développe une relation d'intimité avec son territoire. Et ça, c'est le citoyen, alors le citoyen a un rôle extrêmement important parce que lui, il n’attendra pas les grandes politiques pour agir. Il va agir immédiatement et vous savez, des citoyens y en a partout sur la planète.

Q -Votre famille et vous avez protégé une île, mais tous les Québécois ne sont pas propriétaires d’une île du Saint-Laurent. Est-ce qu’il y a des gestes qui peuvent être faits par tous les citoyens?

R - Je vais donner deux exemples, si vous me permettez, vous avez Stratégies Saint-Laurent qui coordonne les ZIP (Zone d’intervention prioritaire) depuis plusieurs années, des décennies, et ça, c'est un exemple de citoyens qui se sont pris en charge pour protéger le territoire où ils vivent au bord du Saint-Laurent. Vous avez une entreprise à Sacré-Cœur qui s'appelle Boisaco. C'est la plus belle mobilisation citoyenne de gens qui s'impliquent sur le plan socio-économique pour développer des méthodologies qui vont assurer la pérennité de la forêt.

[En fin de semaine] sur les ondes de Radio-Canada, on donnait lors du Téléjournal un exemple d'un couple qui a acheté une île dans la région de Montréal pour la protéger. Ils l'ont payé, puis ils vont en faire don à un organisme pour la protéger. Alors ce n’est pas les grands gestes qui sont importants. C'est la somme des petits gestes.

Vous me parliez de l'île, que ma famille a protégé l'Île aux Pommes, comme beaucoup de gens connaissent maintenant, c'est une petite île, elle ne fait pas de différence à l'échelle de la planète. Mais si vous mettez un million d'îles aux pommes, ça, ça va faire la différence. Alors moi, je vais aller témoigner de l'expérience de ma famille qui, depuis 100 ans, protège la biodiversité. Vous savez, mon grand-père disait que si on ne protège pas les milieux naturels, il disait ça dans les années 20, qu'on sera obligé de se mettre des masques dans les grandes villes.

Alors? Les grands sommets mondiaux sont essentiels, mais le citoyen est important et les entreprises peuvent jouer un rôle extrêmement important en appuyant les organismes qui protègent la biodiversité. L'humain a créé des infrastructures artificielles, qu'on appelle les villes, puis a tendance à oublier que même si on vit dans les villes, on dépend de la nature. Et si on ne protège pas cette nature-là, qui offre des conditions de vie aux espèces vivantes, c'est notre propre [existence] qui est mise en péril.

Q - Qu’attendez-vous de la COP15?

R - J’attends deux résultats. Le premier, c'est d'avoir des conventions qu'on va respecter. Et le deuxième, c'est qu'on donne au citoyen la place qu'il mérite parce que c'est lui qui peut faire la différence.

Q - Quel est l'impact de la protection de la biodiversité sur les changements climatiques?

R - On parle beaucoup des changements climatiques. Pourquoi? Parce qu'on en subit les contrecoups. Par exemple, samedi, il y a eu des vents dans la région de Montréal, plus de 70 000 personnes n’avaient plus d'électricité.

On vit les impacts des changements climatiques, mais les changements climatiques c’est une conséquence de ne pas protéger la biodiversité. Parce que les arbres captent le carbone, vont séquestrer le carbone, les arbres vont permettre une photosynthèse qui va envoyer de l'oxygène, va nous donner de l'eau, va nous protéger de la chaleur. Si on ne protège pas la biodiversité, la conséquence, c'est les changements climatiques. Alors on a tendance à penser que les changements climatiques sont plus importants que la protection de la biodiversité, mais c'est la protection de la biodiversité qui est importante.

La conférence Protection de la biodiversité : La démarche citoyenne peut faire la différence est présentée le 12 décembre au port de Montréal.

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