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Aide médicale à mourir : le ministère des Anciens Combattants face à un autre cas

Une enquête interne a révélé qu'un employé du ministère aurait proposé de manière inappropriée l'aide médicale à mourir à au moins quatre vétérans.

Christine Gauthier, assise dans un fauteuil roulant, célèbre en compagnie de deux autres athlètes.

Christine Gauthier (au centre), une vétérane qui a subi une grave blessure à la moelle épinière, a notamment participé aux Jeux Invictus d'Orlando, en 2016, à titre d'athlète paralympique. (Archives)

Photo : Associated Press / John Raoux

Radio-Canada

Anciens Combattants Canada a indiqué lundi qu'il ne trouvait rien dans ses dossiers pour corroborer les déclarations de la vétérane et ex-athlète paralympique Christine Gauthier, qui a affirmé la semaine dernière qu'un employé du ministère lui avait proposé l’aide médicale à mourir.

Le ministère est sur la sellette depuis qu'une enquête interne a révélé qu'un de ses employés aurait informé de manière inappropriée jusqu'à quatre anciens combattants de la possibilité de mettre fin à leurs jours avec l'aide d'un médecin, alors que ceux-ci sollicitaient de l'aide concernant des soins.

C'est le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay, qui avait confirmé l'information au Comité permanent des Anciens Combattants, le mois dernier. L'affaire a été confiée à la Gendarmerie royale du Canada pour une enquête plus approfondie. L'employé concerné a été suspendu.

Lundi, le sous-ministre Paul Ledwell a déclaré au comité que le ministère avait examiné plus de 400 000 dossiers individuels dans le cadre de son enquête interne concernant des allégations selon lesquelles d'anciens combattants se seraient vu proposer – ou auraient été contraints d'accepter – l’aide médicale à mourir.

Christine Gauthier, vétérane de l'Armée canadienne ayant subi une grave blessure à la moelle épinière, a choqué les députés siégeant au comité, la semaine dernière, en affirmant que le ministère lui avait offert la possibilité d'une mort médicalement assistée.

Il n'y a aucune indication dans les dossiers, dans aucune correspondance, dans aucune notation, a déclaré M. Ledwell au comité. Si l'ancien combattant a du matériel, toute indication de cela... Nous serions heureux de voir les documents, de les examiner.

Témoignant principalement en français, Mme Gauthier a dit avoir écrit au premier ministre Justin Trudeau et au ministre MacAulay pour leur signaler l'événement.

Dans une entrevue ultérieure avec les médias, Christine Gauthier a précisé que l'aide médicale à mourir lui avait été proposée verbalement lors d'une conversation avec un employé d'Anciens Combattants Canada, en 2019. Elle dit l'avoir noté dans ses dossiers personnels.

Versions contradictoires

Dans une entrevue accordée à CBC News, lundi, Mme Gauthier a été choquée à son tour d'entendre le démenti du ministère.

Elle a fourni une copie d'une lettre dans laquelle elle faisait part de ses préoccupations, et ajouté qu'elle s'attendait à ce qu'elle soit versée à son dossier au ministère. Est-ce que je les crois quand ils disent qu'ils n'ont aucune preuve dans leurs dossiers? Non, a-t-elle dit.

La semaine dernière, Christine Gauthier a déclaré avoir pris note de la façon dont le ministère n'avait reconnu que quatre cas suspects où l'aide médicale à mourir aurait été proposée à des vétérans. Eh bien, il y en a plus de quatre, a-t-elle dit.

Lawrence MacAulay lors de la période de questions à la Chambre des communes.

Le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Un député conservateur évoque huit cas

Lawrence MacAulay a réaffirmé lundi que son ministère n'était au courant que de quatre cas. Il a exhorté d'autres anciens militaires qui auraient pu subir des pressions similaires – y compris Mme Gauthier – à contacter directement Anciens Combattants Canada afin que leur cas soit inclus dans l'enquête en cours.

Christine Gauthier, qui a déclaré qu'elle se battait depuis cinq ans avec le ministère pour obtenir une rampe ou un ascenseur pour fauteuils roulants, a souligné qu'elle avait toujours les preuves d’envoi des lettres.

Interrogé par le comité, le ministre MacAulay a répondu : Je ne peux gérer que les faits dont je dispose.

De son côté, le député conservateur et vice-président du comité, Blake Richards, a déclaré qu'il était au courant de huit plaintes distinctes d'anciens combattants. Certains de ces vétérans, a-t-il dit, hésitent à faire confiance au ministère en raison de la manière dont ils ont été traités dans le passé.

D'après un article de Murray Brewster, de CBC News

Avec les informations de CBC

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