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Un débat d’urgence réclamé pour les femmes autochtones assassinées ou disparues

Leah Gazan et Niki Ashton interpellent Ottawa après les meurtres de quatre femmes autochtones à Winnipeg.

La députée néo-démocrate Leah Gazan se tient debout pendant la période des questions à la Chambre des communes à Ottawa, le lundi 5 décembre 2022.

La députée néo-démocrate Leah Gazan se tient debout pendant la période des questions à la Chambre des communes à Ottawa, le lundi 5 décembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

À la Chambre des communes, lundi, deux députées manitobaines du Nouveau Parti démocratique ont demandé à ce qu'un débat d'urgence soit tenu en réponse à la crise de violence contre les femmes autochtones à Winnipeg. Elles veulent inciter le gouvernement à aider à trouver les corps de victimes d'un présumé tueur en série.

La demande des députées de Winnipeg Centre et de Churchill—Keewatinook Aski, Leah Gazan et Niki Ashton fait suite à l'annonce de la Police de Winnipeg la semaine dernière au sujet de meurtres de femmes autochtones.

Le corps policier a porté d'autres accusations contre un présumé tueur en série pour le meurtre de Morgan Harris et Marcedes Myran et d'une femme non identifiée, dorénavant appelée Mashkode Bizhiki'ikwe (Buffalo Woman, femme bison) par la police à la demande des aînés. Le printemps dernier, le même homme a aussi été inculpé pour le meurtre de Rebecca Contois.

Notre communauté est en deuil. Nous avons perdu nos sœurs. [...] Pour fermer ce chapitre et faire notre deuil, nous avons besoin de ressources et de soutien pour chercher le corps de ces femmes. Selon la police, ils pourraient se retrouver dans [une décharge municipale]. Je demande des ressources pour les retrouver et aider au deuil, a déclaré Leah Gazan, lundi après-midi.

Note de la rédaction

Une version précédente indiquait que la police croyait que les corps des trois femmes se trouvaient dans la décharge du chemin Brady à Winnipeg, comme celui de Rebecca Contois. Après la première conférence de presse sur cette affaire, tenue le 1er décembre, la police a, pendant plusieurs jours, laissé entendre que les victimes se trouvaient dans une décharge municipale, sans jamais apporter de correction ou de précision, et cela même quand les médias invoquaient la décharge du chemin Brady.

Quant à la demande pour le débat d'urgence, le président de la Chambre, Anthony Rota, a répondu ne pas être convaincu que cette demande respecte les critères du règlement.

La semaine dernière, le chef de police de Winnipeg, Danny Smyth, a indiqué que durant les recherches pour trouver les restes de Rebecca Contois, une zone spécifique de la décharge a pu être identifiée. Cette fois-ci, il affirme que trop de temps s'est écoulé. Nous n'avons pas de point de départ. Ce ne serait pas une recherche faisable à ce stade.

Lors de la période de questions, Leah Gazan a critiqué la décision de la police de ne pas chercher les restes.

En réponse, le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, s'est dit très perplexe d'apprendre que la police n'avait pas l'intention de fouiller le dépotoir. Il a dit espérer obtenir bientôt des réponses claires sur cette décision. Il affirme avoir parlé au maire de Winnipeg, dimanche.

Nous sommes de tout cœur avec les familles des victimes, soutient M. Miller. Il est clair que le gouvernement fédéral doit jouer un rôle alors que les différentes compétences politiques sont des mots empoisonnés.

M. Miller affirme qu'il prévoit convoquer en janvier une réunion avec des représentants fédéraux, provinciaux et autochtones sur la question des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.

La députée Niki Ashton a quant à elle réclamé une réponse fédérale globale, comprenant du financement pour soutenir les abris d'urgence et lutter contre le suprémacisme blanc.

L'accusé exprimait son soutien à des groupes ouvertement racistes et misogynes sur les réseaux sociaux.

Des personnes rassemblées pour une veillée en mémoire des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées au cercle de célébration Oodena à La Fourche, le 4 décembre 2022.

Des personnes se sont rassemblées pour une veillée en mémoire des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées au cercle de célébration Oodena à La Fourche, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Des manifestants réclament l'état d'urgence

Lors d'un rassemblement hier à La Fourche à Winnipeg, une centaine de personnes ont demandé que l'état d'urgence soit déclaré.

La députée provinciale manitobaine Bernadette Smith, dont la sœur est portée disparue depuis 2008, affirme qu’un génocide est en cours.

Pour Bernadette Smith, il faut à tout prix continuer les recherches pour retrouver les corps.

Nous demandons au gouvernement fédéral de continuer les recherches autour de la décharge où se trouverait le corps et d’envoyer l'armée s’il le faut. C’est un geste important pour la famille.

Les familles des victimes en appellent au soutien de tous les Canadiens, pour partager leur combat.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et de Victor Lhoest

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