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100 milliards d’actifs de la Caisse de dépôt au Québec d’ici quatre ans

La Caisse de dépôt et placement veut investir davantage au Québec et s'est fixé une cible à atteindre d'ici quatre ans.

Charles Emond.

Le PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond, souhaite que la valeur des actifs détenus par cette institution au Québec atteigne 100 milliards de dollars d'ici quatre ans.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Critiquée au cours des dernières années pour un manque d’investissements au Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) compte mettre les bouchées doubles. D’ici 2026, le « bas de laine des Québécois » va augmenter ses actifs dans la province en visant une cible de 100 milliards de dollars.

Viser cet objectif est l’affaire de tous à la Caisse. Le Québec, c’est une priorité pour l’ensemble de nos équipes, a souligné le patron de l’institution, Charles Emond, lors d’une allocution fort courue devant 700 convives au Cercle canadien lundi.

L’an passé, l’actif détenu par cette institution au Québec avait atteint 78 milliards de dollars, un record. Cependant, le poids du Québec dans l’actif net de la CDPQ a reculé de plus de sept points de pourcentage en 10 ans, ce qui a suscité son lot de critiques.

M. Emond s’est appliqué à réfuter ces accusations en soulignant les investissements de la CDPQ dans 500 entreprises d’ici, en grande majorité des PME, ainsi que le rôle de l’institution dans les sociétés québécoises cotées en bourse.

De plus, la CDPQ croit qu’il vaut mieux calculer le poids de l’actif du Québec par rapport à l’économie de la province.

Si on prend un pas de recul sur 10 ans, notre présence a doublé et nos actifs dans les trois dernières années ont augmenté de 20 %. On se donne l'ambition de monter de plus de 25-30 %. On continue notre travail et lorsqu’on regarde la tendance, elle est là depuis longtemps, et même avant moi, a lancé M. Emond.

Double objectif

M. Emond affirme que l’institution qu’il dirige poursuit d’ailleurs son double objectif : générer du rendement pour les 46 déposants (qui représentent plus de six millions de Québécois) et investir dans le développement économique.

« On regarde, par rapport à l'économie du Québec, le mandat du développement économique du Québec. En ce sens, notre présence est incomparable depuis plusieurs années, et elle est inégalée dans le monde. »

— Une citation de  Charles Emond, patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Le PDG n’a pas détaillé les secteurs d’investissement qui seraient privilégiés au Québec au cours des prochaines années. Toutefois, en entrevue au quotidien La Presse, il a indiqué que l'institution allait mettre ses billes dans la construction de résidences étudiantes et de logements locatifs, dans des tours de communication et dans l’injection de capitaux dans les entreprises québécoises.

Questionné à savoir si le gouvernement du Québec, jugé plus nationaliste et enclin à intervenir davantage dans l’économie, avait pu jouer dans la balance, M. Emond a souligné qu’il est un interlocuteur sur plusieurs projets.

On n’est jamais trop nombreux pour avoir de l’ambition pour le Québec, a-t-il indiqué.

« En masse d'argent dans le bas de laine »

Par ailleurs, M. Emond s’est fait rassurant sur la valeur de l’actif de la Caisse, qui ne sera pas trop affectée par la retraite de plusieurs déposants. Il avoue toutefois que l’institution arrive à un moment charnière de son histoire, où il y aura plus de prestations qui seront versées que de cotisations qui entreront dans les coffres.

Donc, ça veut dire qu’il y a un retrait net, mais c’est mineur. [...] Il n’y a pas d’inquiétude : il y a beaucoup plus d’argent que ce dont on a besoin pour les obligations de ces régimes-là, a-t-il signifié.

M. Emond affirme que cela pourrait représenter un retrait net de 1 % de l’actif à partir de 2032. Il y a en masse d’argent dans le bas de laine, a-t-il lancé avec un sourire.

Toutefois, les stratégies des déposants risquent de changer et les prises de risques seront moindres au cours des prochaines années.

Pour l'avenir, M. Emond croit qu’il y a un danger à penser que la croissance sera aussi importante que celle observée lors des 20 dernières années. Et selon lui, la relation entre la Chine et l’Occident, notamment les États-Unis, sera à surveiller pour les investisseurs.

Pour moi, la clé depuis 18 mois, c’est le pivot des Américains envers la Chine. Ils ne regardent pas seulement les investissements chinois chez eux, ils surveillent encore plus les investisseurs américains en Chine, a-t-il souligné.

Il croit que les deux pays vont trouver une voie de passage et que la Caisse va continuer à trouver des opportunités. Les échanges commerciaux, c’est comme de l’eau : ça trouve toujours sa destination, croit-il.

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