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COP15 : le CREE demande des actions concrètes pour freiner l’extinction des espèces

Gros plan d'une tortue des bois

Le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie estime que les élus doivent avoir les outils pour agir. (archives)

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Radio-Canada

Le Québec doit cesser de prendre « seulement des engagements » et mettre en place « des actions concrètes » pour freiner l’extinction des espèces. Selon Philippe-David Blanchette, codirecteur du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), il est plus que temps que les élus aient les coudées franches pour assurer la protection des écosystèmes.

La COP15 pour la biodiversité de l’ONU s’ouvre mercredi à Montréal avec 10 000 délégués de 196 pays. L’enjeu est critique : une espèce sur huit est menacée à travers le monde. 

Le Québec tire de l’arrière dans ce dossier, selon Philippe-David Blanchette, qui rappelle que la liste québécoise des espèces menacées n’a pas été mise à jour depuis 10 ans. De plus, plusieurs éléments minent le champ d'action des élus.

Il y a beaucoup d’enjeux avec les industries minières, forestières, qui ralentissent, freinent les gouvernements. Ils ne sont pas capables d’aller aussi loin qu’ils le devraient pour préserver la nature, déplore-t-il.

En Estrie, trois espèces pourraient disparaître et neuf sont jugées vulnérables. L’ail des bois et la tortue des bois font partie de cette liste. Mais ces espèces n’ont pas l’aura d’un caribou forestier ou d’un béluga pour mobiliser les gens autour de leur protection, admet-il.

C’est pour ça que c’est difficile parfois de convaincre les gens que ces espèces-là valent la peine d’être préservées, explique-t-il. Non seulement l’espèce, mais tout leur écosystème.

La salamandre sombre du Nord, une espèce menacée, trouve refuge dans un ruisseau de la nouvelle aire protégée

La salamandre sombre du Nord est une espèce menacée en Estrie.

Photo : Photo fournie par Corridor Appalachien

Or, ajoute-t-il, il est primordial de prendre les moyens pour assurer leur survie. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce n’est pas seulement une espèce qui disparaît. Ce sont des écosystèmes qui sont détruits, affectés de façon tellement importante et pendant tellement longtemps que certaines de ces espèces n’arrivent pas à se rétablir. 

« C’est comme un symptôme. Le symptôme, c’est la destruction de la nature qui est en cours, et on en voit les effets avec la disparition d’espèces. »

— Une citation de  Philippe-David Blanchette, codirecteur du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie

Avoir les outils en main

Philippe-David Blanchette croit qu’il est plus que temps que les municipalités se dotent d’outils pour assurer des protections supplémentaires en matière d’habitat de ces espèces. Selon lui, l’étalement urbain est un modèle révolu dans la plupart des municipalités et les élus sont sensibles à la question de la protection du territoire. Cependant, ce sont les connaissances et les moyens législatifs qui manquent pour être davantage proactifs.

Les schémas d’aménagement, le zonage municipal sont à la remorque d’autres utilisateurs du territoire, comme le domaine minier, le domaine forestier, soutient-il. Quand on a un claim minier, on ne peut pas conserver ce territoire parce qu’il y a déjà des usages. Les municipalités ne sont pas capables de désigner des lieux incompatibles avec l’exploitation minière. Il n’y a pas d’outils. On est toujours en réaction pour l’aménagement du territoire. 

« En Estrie, plusieurs de ces territoires sont privés. C’est difficile de dire à un propriétaire de ne pas faire ça sur son terrain. Il y a des limites au pouvoir municipal. Si on voulait utiliser des moyens positifs, comme un congé de taxes pour conserver un milieu, ce genre de politique est très peu développé. [...] Il y a beaucoup de sensibilisation, mais aussi d’éducation sur comment faire. »

— Une citation de  Philippe-David Blanchette, codirecteur du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie
Des plants d'ail des bois sur un sol jonché de feuilles mortes.

L'ail des bois est victime de sa popularité et de la destruction de son milieu.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Philippe-David Blanchette croit aussi que Québec doit mettre l’épaule à la roue et franchir le cap des grands discours. Est-ce qu’on veut seulement des engagements ou des actions concrètes? Il y a des moyens très faciles. Par exemple, reconnaître les corridors fauniques comme des habitats fauniques au sens de la loi. Cela donnerait des protections supplémentaires. 

Au-delà des grands engagements comme protéger 30 % du territoire [...] je pense qu’il faut y aller avec des éléments plus concrets, martèle-t-il.

Québec doit cependant rafraîchir lundi sa liste des espèces menacées, ce qui constituera un levier supplémentaire pour bien des espèces afin d'exiger de meilleures protections. Quand on arrive dans un habitat essentiel de ces espèces-là, il y a certains aménagements du territoire qui ne sont plus possibles. 

C’est une bonne nouvelle d’avoir la COP15, mentionne-t-il. Parfois, ça prend des événements pour que les politiciens s’engagent et fassent des annonces. On s’attend à cela dans les prochains jours. 

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