•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il n’y a pas assez de techniciens de scène dans le Nord de l’Ontario

Dans une nacelle, un technicien de scène manie un projecteur de scène.

Non seulement les techniciens de salle se font rares, mais il n'existe pas de formation pour ces métiers en français en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

La pénurie de techniciens de scène qui frappe le Nord de l’Ontario a forcé l’annulation du spectacle Vaches, The Musical qui devait avoir lieu samedi dernier au Conseil des arts de Hearst.

Le spectacle a dû être annulé pour [une] représentation [...] parce que notre équipe technique, malheureusement, ne pouvait plus fournir le nombre de techniciens qui était nécessaire au montage et à la présentation de la pièce, affirme la directrice générale et artistique du Conseil des arts de Hearst, Valérie Picard.

Elle attribue cette pénurie à la convergence de deux facteurs principaux, soit la forte demande de la part du public ainsi que le manque de main-d'œuvre qui empêche de fournir le montage et la planification logistique de ces spectacles-là.

La pénurie de techniciens serait attribuable, entre autres, au départ des travailleurs qui ont souffert d'un manque de contrats et de revenus pendant la pandémie parce que les salles de spectacles étaient fermées, selon Mme Picard.

La directrice générale intérimaire à Réseau Ontario, Marie-Ève Chassé, abonde dans ce sens.

« C’était déjà un défi avant la pandémie, mais ça a vraiment été exacerbé par la pandémie. »

— Une citation de  Marie-Ève Chassé, directrice générale intérimaire à Réseau Ontario

Toutes deux s'entendent pour dire que ce problème ne se limite pas au Nord de l’Ontario : il s’étend à l’ensemble de la province et du pays. Mme Chassé précise toutefois que cette pénurie touche peut-être davantage les petites communautés qui disposent de moins de ressources.

Valérie Picard pose devant une murale colorée.

Valérie Picard, directrice générale et artistique du Conseil des arts de Hearst, souligne la fatigue palpable des techniciens de scène et de l'ensemble du personnel dans le milieu culturel.

Photo : Facebook

Sur le terrain, le technicien de son Matteo DeSimone, qui travaille à la Place des Arts de Sudbury, confirme cette pénurie et le départ en masse de ces travailleurs durant la pandémie. Il forme présentement de nouveaux techniciens, mais ceux-ci demeurent peu nombreux.

Cependant, Monique O’Hearn, coordonnatrice du Centre culturel Louis-Hémon à Chapleau, précise qu'ils n'ont pas été touchés par cette rareté de techniciens qui touche l’ensemble du milieu depuis la reprise des spectacles dans leur salle.

Conciliation travail-famille difficile

Alors que la pandémie a forcé le départ de plusieurs techniciens de scène en raison du manque de contrats, elle a aussi amené les travailleurs à réévaluer leur rapport au travail, selon Mme Chassé.

Elle souligne que les métiers dans le domaine culturel sont difficiles à valoriser.

Ce sont des métiers où [les gens n’ont pas] des horaires [...]  traditionnels, ce sont de longues heures de travail, c’est souvent être sur appel, ajoute-t-elle. À son avis, ces réalités sont moins intéressantes pour les jeunes qui souhaitent une meilleure conciliation travail-famille.

Mme Picard avance pour sa part que les jeunes travailleurs sont moins intéressés par ces métiers alors que la pandémie nous a beaucoup forcés à évaluer ce qu’on veut dans la vie.

Les jeunes ne sont peut-être plus prêts à faire autant de concessions, croit-elle, et le métier de technicien nécessite beaucoup de flexibilité [...], beaucoup de [voyages], de très longues heures sur des plateaux, parfois sur différentes scènes.

Ces emplois ne sont pas mis en avant pendant les foires de l’emploi, ajoute Mme Picard. C’est une industrie sous-explorée au niveau de la culture générale, en administration des arts autant que [du côté des] techniciens spécialisés de scène, remarque-t-elle.

Trouver des solutions

Mme Chassé s’inquiète de cette situation, tout comme l’ensemble des acteurs dans le domaine, soutient-elle. Elle affirme que même Patrimoine Canada a créé des comités de travail pour tenter de remédier à la pénurie.

« On est conscients qu’il y a vraiment un problème et le milieu tente de se mobiliser justement pour trouver des solutions viables sur du long terme. »

— Une citation de  Marie-Ève Chassé, directrice générale intérimaire à Réseau Ontario

L’absence de formations en français oblige également le milieu à se pencher sur la question et à lancer des pistes de solution. Mme Chassé évoque la possibilité de créer des programmes de mentorat auprès des jeunes et de les pourvoir d’occasions de perfectionnement ou de formations supplémentaires.

La façade du campus du Collège Boréal de Sudbury l'automne.

Le Collège Boréal offrait autrefois une formation de technicien de scène.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Des discussions auraient été amorcées avec le Collège Boréal. Bien que les programmes de soutien technique en gestion de scène et en techniques et gestion de scène aient été suspendus en 2017, Mme Chassé espère que le contenu des cours pourra éventuellement être mis à contribution pour trouver une solution, idéalement dans la prochaine année.

Marc Despatie, le directeur des communications, des relations gouvernementales et de la Fondation boréale au Collège Boréal, évoque quant à lui la possibilité [...] de mettre en place des formations sur mesure, [...] de donner des éléments de ce programme-là de façon ponctuelle, selon l’intérêt des acteurs dans le milieu et les possibilités de financement.

En attendant, cette pénurie a un effet notable sur la programmation alors que les diffuseurs doivent revoir le choix des spectacles par rapport aux besoins techniques.

Du théâtre, c’est souvent un peu plus lourd que les spectacles [...] de musique ou de scène au niveau technique, explique Mme Picard. Un spectacle comme Vaches, The Musical nécessite l’embauche de quatre techniciens chevronnés, une denrée devenue rare, à en croire les acteurs du milieu.

Avec les informations de Miguelle-Éloïse Lachance et de Céline Marti

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...