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Les créanciers de LA Renaissance des Îles devront s’armer de patience

Une usine de transformation de fruits de mer de LA Renaissance des Îles au quai de Grande-Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine.

LA Renaissance des Îles bénéficie d'une autre prolongation de délai de 45 jours pour déposer une offre aux créanciers (archives).

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Alice Proulx

L'usine de transformation de produits marins LA Renaissance des Îles bénéficie d'une autre prolongation de délai de 45 jours pour déposer une offre. En vertu d’une décision rendue par la Cour supérieure la semaine dernière, l'entreprise a maintenant jusqu'au 16 janvier 2023 pour présenter son plan de redressement.

Selon le syndic, ce délai supplémentaire devrait permettre à l'entreprise de mener à bien ses discussions avec des partenaires potentiels.

Le président du syndic autorisé en insolvabilité, José Roberge, qui est responsable du dossier, affirme qu'une proposition devrait être déposée le 15 janvier si les démarches se déroulent comme prévu.

Il s’agit du troisième délai obtenu par l’entreprise. Initialement, le dépôt de la proposition était prévu le 19 septembre.

L’entreprise, qui s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité en août dernier, est en défaut de paiement envers plusieurs pêcheurs madelinots et gaspésiens.

LA Renaissance doit entre autres 3,7 millions de dollars à environ 80 pêcheurs, dont 2,8 millions de dollars aux 66 pêcheurs membres de l’Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine.

Elle doit aussi des montants à six pêcheurs de poissons-appâts et à plusieurs pêcheurs de crabe des neiges madelinots et gaspésiens.

Des pêcheurs manipulent des casiers de pêche au crabe et du matériel de pêche.

Bon nombre de pêcheurs attendent un paiement (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

José Roberge était de passage aux Îles-de-la-Madeleine ces derniers jours pour déposer en main propre la requête de prolongation au tribunal. Il a également profité de sa visite sur l'archipel pour rencontrer les pêcheurs et pour parcourir les usines.

« À la fin de mon audition, le juge Bernard Tremblay a dit que mon témoignage était éloquent et que c’est avec ça qu’il permettait la prolongation du délai jusqu’au 16 janvier. »

— Une citation de  José Roberge, président du syndic autorisé en insolvabilité de la firme Roy, Métivier, Roberge

Il explique que si l'entreprise ne parvient pas à déposer sa proposition d'ici le 16 janvier, elle pourrait faire une toute dernière requête de prolongation de 30 jours.

La compagnie bénéficie d’un délai maximal de six mois dans cette affaire. Le dépôt de la proposition pourrait donc aller jusqu’au 19 février, soit une prolongation de 30 jours additionnels, mais on espère ne pas être obligés de demander ce délai, indique-t-il.

Une succursale de la Banque Royale du Canada, rue Elgin, à Ottawa.

La Banque Royale du Canada avait avancé de fortes sommes d'argent à l'entreprise LA Renaissance des Îles (archives).

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Marier

D'ailleurs, le syndic œuvre actuellement à rembourser les sommes dues à la Banque Royale. Si tout va bien, le paiement va être finalisé dans la première semaine de janvier. C’est pour ça qu’on a un délai jusqu’au 16 janvier, ajoute M. Roberge.

Sans la Banque Royale comme partenaire dans le plan de relance de l’entreprise, José Roberge indique qu'il s'agira alors de trouver une nouvelle institution financière pour que la présidente-directrice générale de LA Renaissance des Îles, Lynn Albert, puisse relancer sa saison.

Les créanciers bientôt appelés à se prononcer

Une assemblée qui regroupera tous les créanciers est organisée le 9 février 2023 au palais de justice de Percé afin de déterminer l’acceptabilité ou non de la proposition qui devrait être déposée en janvier. Plus de 360 créanciers figurent au dossier.

Normalement, lorsqu’on va déposer la proposition, chaque créancier va recevoir une copie de la proposition avec une preuve de réclamation à produire avec [un bulletin de vote]. [Les] créanciers vont avoir à se prononcer sur l’ensemble de ce qui a été dit devant le tribunal, explique José Roberge.

Pour le moment, la proposition qui est analysée par LA Renaissance des Îles a pour objectif que les pêcheurs soient remboursés en totalité. Une offre de règlement à hauteur de 0,70 $ dans le dollar, soit 70 % de la dette, devrait également être présentée aux autres créanciers.

Les modalités de paiement demeurent cependant indéterminées jusqu'ici.

Appui pour la prochaine saison de pêche

L’entreprise souhaite par ailleurs que les pêcheurs qui seront payés confirment leur appui en vue de la prochaine saison de pêche, qui arrive à grands pas.

Selon M. Roberge, cela ne devrait pas poser problème puisque plusieurs pêcheurs lui ont confié qu’ils auront besoin d’un acheteur dans les prochains mois.

« Ce ne sont pas tous les pêcheurs qui sont capables de se trouver un nouvel acheteur rapidement. »

— Une citation de  José Roberge, président du syndic autorisé en insolvabilité de la firme Roy, Métivier, Roberge
Des dizaines de homards dans un bac.

LA Renaissance des Îles est capable de traiter quotidiennement environ 50 000 livres de homards (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

D'après les informations du syndic, LA Renaissance des Îles transforme entre 20 et 25 % des fruits de mer pêchés aux Îles. Elle est capable de traiter quotidiennement environ 50 000 livres de homards.

En saison, l'entreprise emploie plus de 300 travailleurs locaux et étrangers, ce qui fait d'elle un des principaux employeurs de l'archipel ainsi qu’un des principaux moteurs de son économie.

Un lien de confiance qui tient le coup, malgré tout

Le lien de confiance entre les pêcheurs et l’entreprise semble encore présent, même s’il s’est effrité au fil des mois.

Le pêcheur d'appâts Réjean Turbide a toujours bon espoir de pouvoir récupérer son argent.

« Moi, j’ai encore espoir d’être payé. »

— Une citation de  Réjean Turbide, pêcheur d'appâts

J'ai confiance en Mme Albert. Elle va résoudre la situation. Elle a toujours été ‘’by the book’’ aux Îles-de-la-Madeleine. Ça a toujours été les vraies choses qu’elle a dites aux pêcheurs, lance-t-il.

De son côté, le président du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles, Charles Poirier, fait observer que les pêcheurs impliqués dans ce dossier étaient optimistes au départ mais qu’ils commencent tranquillement à perdre espoir en raison du manque de développements.

Bon nombre d’acteurs impliqués dans ce dossier ont refusé de témoigner, preuve qu’il s’agit d’une situation délicate dans l'archipel.

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